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Lisbonne

Lisbonne Gilles Dallière
Photo/Gilles Dallière, Lisbonne, 2007
« Retentissent, il doit y en avoir huit, que je ne compte pas, les coups marquant une heure de plus à un clocher ou une horloge solennels. Je m’éveille de moi à cause de cette banalité qu’il existe une heure, claustration que la vie sociale impose à la continuité du temps, frontière dans l’abstrait, limite dans l’inconnu. Je m’éveille de moi et, posant mon regard sur tout cela, à présent plein de vie et d’humanité coutumière, je vois que la brume est sortie du ciel tout entier, sauf cette part de bleu qui dans le bleu fluctue de n’être pas encore vraiment du bleu, je vois qu’en moi elle a en vérité pénétré jusqu’à l’âme, et qu’en même temps elle a pénétré jusqu’à l’intérieur même de toutes les choses, qui est ce lieu par quoi elles sont en contact avec mon âme. J’ai perdu la vision de ce que je voyais. Aveuglé de voir. Je sens désormais dans la banalité du savoir. Cela n’est désormais plus la réalité : c’est simplement la vie. »
Fernando Pessoa

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A bout de souffle

Salvador de Bahia Gilles Dallière
Photo/Gilles Dallière, Salvador de Bahia, Brésil
C’est incroyable, ici le Brésil a un dernier élan, c’est le Brésil comme je ne le voyais plus. Nous sommes pourtant près de l’ascenseur qui descend dans la ville basse, là ou tout le monde court on ne sait où, là ou tout semble envahi et agité et dans le même temps tout semble vide. On se sent mal. Le ciel est blanc, méchant. Il y a quelque chose de désespéré dans cette course artificielle, à contre courant.

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Clichés/expositions

Marc Held, un plongeon dans les années 50


Photos/Marc Held
Alors qu’il n’a que 18 ans, le designer et architecte Marc Held explore son époque de son regard rigoureux. L’instant composé pris sur le vif à la fraction de seconde près nous offre une scène photographique dont les clichés en noir et blanc sont décisifs et spontanés. Les images sont toutes empreintes d’humanisme en rapport à cette époque entre 1950 et 1960 ou l’on se sent bien plus libre et heureux qu’aujourd’hui. Son oeuvre photographique, comme son travail d’architecte nous révèlent une esthétique sensuelle à ne pas râter, jusqu’au 30 mars à la VOZ’Galerie.
41, rue de l’Est, 92100 Boulogne-Billancourt
http://www.vozgalerie.com

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Salvador de Bahia

2012-11-21 à 17-46-40
Photo/Gilles Dallière, Brésil
Chaque fois que je quitte un endroit, même si je n’y ai passé que quelques heures, j’y laisse toujours un petit morceau sanguinolent de mon coeur. À Salvador de Bahia, non. Pourquoi ? Désormais derrière le quartier historique plein d’hôtels de toutes sortes, et de bazars pour touristes il manque le plaisir sécurisant d’y vivre, cette façon d’être par rapport à la foule populaire entassée ici. Il manque la dimension, l’intelligence historique. C’est une zone sous-développée, et on peut tout aimer sauf cela. Adieu Bahia, immense capharnaüm, grouillement de miséreux, de voleurs, de drogués, d’affamés, de sensuels, pure et obscure réserve de vie !

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Clichés/photos

L’architecture métallique de la gare saint Jean

2009-11-29 à 16-35-12
Photo/Gilles Dallière, Bordeaux
Ma mère est née à Bordeaux. J’ai toujours été fasciné par l’immense verrière qui surplombe les voies de la gare Saint Jean et pour cause, c’est la plus grande verrière ferroviaire d’Europe. Ce que je ne savais pas, c’est que l’entreprise de construction métallique Daydé & Pillé demande à Gustave Eiffel d’en être le maître d’oeuvre. Ceci explique cela, le hall est grandiose et la force de cette architecture couvrant les voies a été inscrite au titre des monuments historiques le 28 Décembre 1984. C’est pas si vieux pour classer un chef d’oeuvre.

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Clichés/photos

Le passage

Photo/Gilles Dallière
Photo/Gilles Dallière
Mon flou est désiré et maîtrisé. Il sert à donner une charge mystérieuse à l’image ou bien encore à accentuer un effet de vision subjective ou intérieure. Le flou transcende, interroge, dérange. Je suis heureux d’avoir très exactement l’image de cette solitude corporelle qui donne tour à tour le droit de jouir à l’autre ou à soi-même. Je connais ses sentiments, sa fuite délibérée devant le flagrant délit de ne pas accepter la réalité, un constat, une empoignade, passage de quelqu’un qui ne veut pas revenir ailleurs et qui se perd dedans, dedans les sentiments. Ira t’il jusqu’au bout de son histoire ?

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Clichés/tendances

Explosion d’impressions


Photo/Frederico Martins/Stylisme Paulo Gomes
« Print Explosion » c’est d’abord l’histoire de ces vieilles photos africaines où la famille pose face à l’appareil devant un décor fabriqué. C’est aussi l’idée qu’aujourd’hui tout ce mélange, Les styles, les motifs, les couleurs et depuis le temps que je le dis, oui ça marche. C’est aussi un hommage aux photos d’Hassan Hajjaj’s, maroco-britanique qui fait un tabac dans le monde entier. On explore l’hybride et l’interculturel à fond dans un univers visuel pop art « fullcolor ». Un détournement artistique revisité à la sauce occidentale. C’est le pont graphique entre les deux cultures qui devient vraiment intéressant. Un détournement vitaminé, et puis quoi le printemps n’est pas si loin !

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Escale à New Delhi

2010-03-01 à 12-16-44
Photo/Gilles Dallière, New Delhi
Je sors de l’hôtel Impérial. Il fait encore très chaud. Je suis seul. Seul, et j’emmène avec moi mon oeil, plus ingénu et heureux que je le croyais. Seul : moi et mon appareil de photo. Moi et des milliers de gens, et des milliers de choses. Tout est nouveau. La nuit tombe, toutes les rues sont encore animées…Le temps s’écoule, merveilleusement je dois le dire, il s’écoule. Dans ce bâtiment administratif, il n’y a plus personne, je pénètre dans les couloirs. L’architecture est sobre et élégante il ne me reste que le temps de cadrer la perspective de hauts plafonds et de voûtes blanches qui conduit vers un jardin poussiéreux. Je sors, remonte la grande avenue et me perds dans l’incroyable brouhaha de l’Inde moderne.

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Une image « iconoclaste »

La poste de Palerme
Photo/Gilles Dallière, Palerme
La poste de Palerme est un monument singulier à la gloire du Duce, un saisissant contraste : celui qui oppose la massivité de son architecture au décor délabré de la ville. Une image intemporelle, propice à la contemplation et qui offre au regard un bâtiment rythmé par la verticalité des piliers et l’horizontalité des marches. Une succession de volumes baignés d’une lumière moite. Oui, la dimension architecturale prend le pas sur la représentation figurative. Mon goût pour les compositions austères, sculptées par l’ombre et la lumière, devient en quelque sorte coextensif du sacré.

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_MG_1173 - Version 2
Photo/Gilles Dallière, Ile de Bendor
Aujourd’hui, ce désordre n’apparaît plus convenir aux ambitions touristiques, on avait construit quelques hôtels, pour touristes d’avant-guerre. Ils n’ont pas survécu aux destructions et à l’abandon. Le temps passe et fige chaque perspective. Le souvenir de mes impressions d’il y a dix ans sert de contrepoint. Je vous montre la violence du désordre, de la razzia, de la désolation.

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Piétinements sur l’ile de Bendor

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