L’ombre portée…

Le pont Caulaincourt, le passant, Paris, gildalliere, 2020

Cette silhouette qui marche d’un pas pressé parce qu’elle a oublié son attestation n’est pas une illusion. C’est comme un éblouissement dans une fraction de seconde avec ce que cela implique d’incertitude et de questionnement. Le noir et blanc est la couleur de l’inconscient. L’ombre de cet homme, on peut la voir mais on ne peut pas l’atteindre. C’est le souvenir du hasard et si je n’avais pas été là à ce moment-là, cette ombre portée serait perdue pour toujours.

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L’ombre portée…

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Place du Calvaire…

Chez Plumeau, confinement, 4 place du Calvaire, Montmartre, Paris, gildalliere, 2020

Tout le paysage montmartrois est là, avec ses ombres et ses fantômes. Mais aujourd’hui, place du Calvaire, il n’y a plus cette musique de cabaret entrecoupée de courants d’air et de chutes de fourchettes. Je ne vois plus rentrer les meutes de touristes sous la tonnelle. Les chaises cannées, les larges banquettes de bois, les guirlandes d’ampoules colorées ont disparu ne laissant place qu’au murmure du pavé. Il s’agit de devenir silencieux pour que le silence nous livre ses mélodies. Il s’agit d’attendre pour que l’attente fasse enfin jouer ses ressorts. Réinventer Montmartre parce qu’elle est pour la plupart une jeunesse.

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Le blues de la nuit…

Le dernier tango sur l’esplanade du palais de Tokyo, Paris, gildalliere, 2020

Le pays n’a pas la patate. Les gens ont peur de reconfiner, les gens ont peur tout court. Ils sont à cran. Le monde tangue et malgré tout il est rempli de poésie. Entre les géométries du parvis du palais de Tokyo, un accordéon ressasse à l’infini ce tango sévère et triste où chaque note tombe lourdement, comme par dépit sous la main qui se voue à faire chavirer d’amour sa cavalière. Et même si la chemise déborde, je me plais à croire qu’il la soulève à la pointe de ses doigts, cheveux gominés, veston cintré et souliers à talon. Elle glisse, glisse encore, guindée, hiératique, impassible et sauvage sur le marbre dépoli.

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Le blues de la nuit…

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Je vais ou va le blanc…

Sous bois, Tanneron, gildalliere, 2020

Cet été j’étais perdu dans mes pensées et au détour d’un chemin le déclenchement du Leica n’a pas interrompu cette attitude. Le sentier est devenu fugitif. La forme des arbres se dessine et ce déplace comme par effraction dans une grisaille savante. Je suis happé par la lumière enveloppée d’une infinité de dégradés de gris jusqu’au plus profond du noir. Il faut accepter le flou, et ce qui frappe dans ce sous-bois, c’est ce halo de lumière qui me console de tout.

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L’île d’Or…

L’ile d’Or, le Dramont, Saint-Raphaël, gildalliere, 2020

Les chatoiements de l’île d’Or font rêver. En 1909 Gustave Dhyeux écrit :
Île d’Or ! Île de chimères !
Île de songes très lointains…
Île rose ! Île de lumière,
Que l’eau de lazulite enceint.
Telle qu’une touffe de roses
Dans l’ardente mer bleue éclose 
Elle apparaît, radieux îlot 
Où vient se câliner le flot.
On voit, à l’aube, sur cette île 
Un léger scintillement d’or,
Alors que Phébus ne profile 
Que des bigarrures, encore.
Mais surtout elle est l’île rose,
Lorsque du soleil s’y repose.
Île de rêve, où pour mourir, 
Il serait doux de s’assoupir.

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L’île d’Or…

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Oser le flou…

L’orage sur la Promenade des Anglais, Nice, gildalliere, 2020

Nous vivons un temps où plus rien n’est certain, où l’horizon du retour à nos vieilles habitudes s’estompe chaque jour un peu plus et où la distance s’impose en règle de nos comportements. L’incivisme est de rigueur. L’égoïsme est une priorité. Le demi-savoir triomphe. L’inculture règne. La politesse de l’esprit se meurt. L’avenir s’assombrit. Le besoin de lumière et de sérénité ne peut être vraiment satisfait car l’avenir reste trouble. Je ne me lasse pas de regarder la mer au début et à la fin du jour en sachant qu’il faut s’accommoder pour le reste d’une vision mal ajustée. Alors acceptons, osons le flou sans renoncer à la lumière.

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La plage des bains militaires

Le plongeoir, aube, Nice, gildalliere, 2020

Il n’existe peut-être pas de lieu au monde qui convienne mieux à la photographie que la mer, ainsi que son exact contraire, le désert. Même si la photo est limitée par le plongeoir de la plage des bains militaires, la mer est toujours plus vaste que l’image. Elle est comme une religion. Je ne mets rien en scène. J’observe : l’écume d’une vague sur le rocher, le vent qui souffle plus ou moins fort, l’homme qui rame sur son paddle autour de la balise, l’accord des tonalités des couleurs pastel et la mer qui s’ouvre devant moi, pour moi. Et de nouveau le vide se fait immense.

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« Coquillages et Crustacés »

Les ruines du restaurant « Coquillages er Crustacés », le chemin des Douaniers, Nice, soleil couchant, gildalliere, 2020

Au-dessus du chemin des douaniers, le restaurant « Coquillages et Crustacés » est en ruine. La proue de son bateau ivre déchire l’air de la Méditerranée. Personne ne vient ici. Les bois de la terrasse ont une odeur très forte d’urine et d’algues mélangées. Seul le bateau vogue. La houle monte. Elle se courbe à l’horizon. Derrière la Baie des Anges, les signaux lumineux se dispersent. La lumière transperce presque les vagues. Tout coule dans la pénombre mordorée d’une brise vagabonde. Je vois le ciel duveté de douceur aspirer le bleu outre-mer et moi, je suis l’écume qui blanchit la lourde coque de la chaloupe éventrée.

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« Coquillages et Crustacés »

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Garde à vous…

La Promenade des Anglais après la pluie, Nice, gildalliere, 2020

La pluie mouille encore la Promenade des Anglais. Le ciel et la mer se quittent d’un trait, lumineux et maîtrisé. La vague monte. Elle s’enfle, fait le gros dos, déploie son éventail d’écume en soupirant sur les galets.l’obscurité avance. Elle baigne d’ombre l’asphalte rose tourbillonnant autour des chaises bleues alignées au garde à vous face au soleil couchant. Elle efface d’un geste le couple enlacé sous l’averse automnale. Dans le ciel, les nuages reflètent les cimes découpées de la montagne, là où la neige demeure toujours.

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Garde à vous…

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L’écume des mots…

Bord de mer, le sentier des douaniers, Nice, gildalliere, 2020

Seul, sur le quai désert, en ce matin d’automne, je regarde du côté de la mer. Je regarde l’infini. Il y a des matins qui sont comme le dernier matin du monde. Je sais déjà qu’en quittant la ville, j’aurais le mal du pays. Je regarde la vague qui casse ce qu’il reste de la géométrie d’une mélancolie de pierre. Ruines réfléchies dans les eaux agitées. Les murs écroulés ne recèlent aucun message, ne racontent pas la douleur de celui qui l’a bâtie, les empoignades entre vents rivaux sous sa fenêtre, incapable de déchiffrer leurs hurlements.

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L’écume des mots…

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