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Un été sur la côte Basque

Le Carlton à Biarritz

Le Carlton à Biarritz


Photo/Gilles Dallière, Biarritz

Ce matin là, pas un bruit n’accompagnait ma marche dans l’escalier du Carlton à Biarritz. L’espace est tellement grand que Les rayons du soleil ne traversent même pas la verrière, ils laissent simplement une trace sur la rampe sculptée en fer forgé. il m’a suffit de capter ces lignes, de fixer ce noir qui révèle la beauté de cette architecture du Second Empire, de m’abstraire de la réalité pour mieux l’observer, à la poursuite d’une impératrice en exil.

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COMPLÉMENT D’OBJET

À la VOZ’ galerie, du 4 octobre au 30 novembre 2013, sept artistes s’approprient la nature morte.

DAVID EMITT ADAMS, met en boîte le désert américain. Petites révélations sur la lumière et la photographie qui transfigurent l’objet trouvé et fantasmé. Il devient le documentaire fictionnelle d’un paysage en péril.
Les cyanotypes d’ALEXANDRE HAMILTON, immortalisent des scènes, fixent des ombres et des courbes dans une fantasmagorie monochrome au coeur des Highlands.
C’est l’imagerie médicale qui fait l’oeuvre de CAÏ HONGSHUO, l’occasion de découvrir une écriture surnaturelle.
PHILIPPE KOHN fixe la trace de ses désirs sur des tirages argentiques artisanaux sur un papier cartoline, une manière d’exorciser à la fois la nostalgie et l’imaginaire.
Les installations photographiques d’IRIS LEGENDRE portent sur le réel un regard plus aigu, des natures-mortes au sens premier du terme.
Les tirages numériques par impression pigmentaire de SEBASTIEN REDON-LÉVIGNE paralysent l’objet, à la recherche de la lumière et du cadrage qui révéleront l’étrangeté d’un monde d’une extrême sensibilité.
Les tirages au platine sur papier artisanal japonais de RYUJI TAIRA ne sont pas neutres, comme des pastels insaisissables, au gré d’une temporalité différente, il nous offre des nuances presque éphémères, la grâce de sa rêverie.

VOZ’ galerie
41 rue de l’est
92100 Boulogne-Billancourt
TEL. +33 1 41 31 40 55
http://www.vozgalerie.com

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la culpabilité

à travers le Taj
Photo/Gilles Dallière, Agra Le Taj Mahal, Inde.

La culpabilité nous évite donc la douloureuse prise de conscience de nos limites et de notre impuissance face à certains événements de la vie. Ainsi, ce n’est pas en luttant contre notre culpabilité que nous réussirons à l’éradiquer, puisqu’elle nous sert de protection. Au contraire, celle-ci disparaît d’elle-même au moment où nous acceptons notre angoissante absence de pouvoir sur autrui. Grâce à ce lâcher prise, nous devenons alors capables de délimiter exactement notre responsabilité de celle des autres dans nos relations. Et nous découvrons que nous ne sommes pas responsables de leur bien-être. C’est justement parce que nous pensions l’être que nous nous sentions coupables quand les choses tournaient mal. Quelle liberté lorsque nous déposons enfin les fardeaux qui ne nous appartiennent pas !

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Totalement cintré

Je hais les cintres.
Le cintre agresse l’homme. Par pure cruauté.
Le cintre est le seul objet qui agresse l’homme par pure cruauté.
Le cintre est un loup pour l’homme.
Il y a des objets qui agressent l’homme parce que c’est leur raison d’être.
Prenez la porte. (Non. Ne partez pas. C’est une façon de parler.)
Prenez la porte. Une porte. Il arrive que l’homme prenne la porte dans la gueule. Bon.
Mais il n’y a pas là la moindre manifestation de haine de la part de la porte à l’encontre de l’homme.
L’homme prend la porte dans la gueule parce qu’il faut qu’une porte soit ouverte, ou bleue.
Le cintre, lui, est foncièrement méchant.
Personnellement, l’idée d’avoir à l’affronter m’est odieuse.
Il arrive cependant que la confrontation homme-cintre soit inévitable.
Quelquefois, plus particulièrement aux temps froids, l’envie de porter un pantalon se fait irrésistible.
L’homme prend alors son courage et la double porte du placard à deux mains.
Il est seul. Il est nu. Il est grand.
Son maintien est digne, face au combat qu’il sait maintenant inéluctable.
Son buste est droit. Ses jambes, légèrement arquées. Ses pieds nus arc-boutés au sol.
Comme un pompier face au feu, il est beau dans sa peur.
Les portes du placard s’écartent dans un souffle.
Les cintres sont là, accrochés à leur tringle dans la pénombre hostile.
On dirait un rang de vampires agrippés à la branche morte d’un chêne noir dans l’attente silencieuse du poulain égaré au tendre flanc duquel ils ventouseront leur groin immonde pour aboucher son sang clair en lentes succions gargouillées et glaireuses, jusqu’à ce que mort s’ensuive.
Cependant, l’attitude de l’homme n’est pas menaçante.
Simplement, il veut son pantalon. Le gris, avec des pinces devant et le petit revers.
L’oeil averti de l’homme a repéré le pantalon gris.
Il est prisonnier du troisième cintre en partant de la gauche.
C’est un cintre particulièrement dangereux. Sournois.
Oh. Il ne paie pas de mine.
En bois rose, les épaules tombantes, il ferait plutôt pitié.
Mais regardez bien son crochet. C’est une poigne de fer. Elle ne lâchera pas sa proie.
L’homme bande. Surtout ses muscles.
Il avance d’un demi-pas feutré, pour ne pas éveiller l’attention de l’ennemi.
C’est le moment décisif.
De la réussite de l’assaut qui va suivre dépendra l’issue du combat.
Avec une agilité surprenante pour un homme de sa corpulence, l’homme bondit en avant.
Sa main gauche, vive comme l’éclair, repousse le cintre pendu à gauche du cintre rose, tandis que sa main droite se referme impitoyablement sur ce dernier.
La riposte du cintre est foudroyante.
Au lieu d’accentuer sa pression sur la tringle, il s’en échappe brutalement, entraînant dans sa chute le pantalon, le gris, avec les pinces devant et le petit revers, celui-là même que l’homme veut ce matin parce que, non, parce que bon.
A terre, le cintre rose est blessé.
Rien n’est plus dangereux qu’un cintre blessé.
Dans son inoubliable « J’irai cracher sur vos cintres », Ernest Hemingway n’évite-t-il pas d’aborder le sujet ?
Un silence qui en dit long, non ?
L’homme, à présent, est à genoux dans le placard.
De sa gorge puissante monte le long cri de guerre de l’homme des penderies.
« Putain de bordel de merde de cintre à la con, chié. »
Le cintre rose a senti le désarroi de l’homme. Il va l’achever.
Il s’accroche dans le bois d’un autre cintre tombé qui s’accroche à son tour dans la poignée d’une valise.
Il fait noir. La nuit, tous les pantalons sont gris.
L’homme, vaincu, n’oppose plus la moindre résistance.
Le nez dans les pantoufles, il sanglote, dans la position du prieur d’Allah, la moitié antérieure de son corps nu prisonnière du placard, l’autre offerte au regard de la femme de ménage espagnole.
Il souffre. Quelques gouttes de sueur perlent à sa paupière.
Il n’est qu’humilité, désespoir et dégoût.
Quelques couilles de plomb pendent à son derrière.
Il a soif, il a froid, il n’a plus de courroux.
« Donne-lui tout de même un slip », dit mon père.

Pierre Desproges

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Photo/Gilles Dallière, Grèce

On a juste l’impression d’être aux caraïbes.
Magique

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Elafonisos

Image
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Objets trouvés


Photo/ Barry Rosenthal, NY.

Barry Rosenthal est un collectionneur. La plage est son marché et les objets trouvés son inspiration.
Écrasées par les intempéries, sculptées par les vents et le sable, il récupère ces formes familières pour leurs donner une nouvelle vie. Dans son studio, il trie les objets par thème, par couleur, par forme ou par fonction. Barry compose ses natures mortes avec beaucoup de créativité. Comme les pièces d’un immense puzzle disposé sur un fond noir, il utilise une structure et un appareil spécial pour que la composition nous apparaisse en trois dimensions. Que ce soit des bouteilles de verre, des cuillères en plastique où des contenants d’essence, la photo de ces objets de récupération devient la représentation culturelle d’une société pas si respectueuse de la nature.

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Albert Ier

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Photo/Gilles Dallière Belgique
La ville de Cannes a rendu hommage à Albert I, roi des Belges (1875-1934) en baptisant un jardin du nom du 3ème roi des Belges. Le jardin Albert I se situe sur la Croisette au niveau du port Canto. le 22 mars 1959, le chevalier Pierre de Selliers de Moranville offre à la ville de Cannes un buste du roi en marbre de Carrare afin de rendre hommage au souverain qui était un amoureux de la Côte d’Azur. La statue du roi Albert I, surnommé de son vivant le « Roi chevalier » pour son engagement auprès de ses troupes lors de la Première Guerre Mondiale sur le front de l’Yser, trône désormais dans un jardin de Cannes. (Merci à Charles)

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Où que me porte mon voyage…

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Photo/Gilles Dallière, Délos, Grèce

« Mais que cherchent-elles, nos âmes, à voyager ainsi
Sur des ponts de bateaux délabrés,
Entassées parmi des femmes blêmes et des enfants qui pleurent,
Que ne peuvent distraire ni les poissons volants
Ni les étoiles que les mâts désignent de leur pointe ;
Liées sans le vouloir à d’inopérants pèlerinages?
Murmurant en langues étrangères les miettes de pensées?

Mais que cherchent-elles nos âmes à voyager ainsi
De port en port
Sur des coques pourries?

Déplaçant des pierres éclatées, respirant
La fraîcheur des pins plus péniblement chaque jour,
Nageant tantôt dans les eaux d’une mer
Et tantôt dans celles d’une autre mer,
Sans contact,
Sans hommes,
Dans un pays qui n’est plus le nôtre
Ni le vôtre non plus.
Nous le savions qu’elles étaient belles, les îles
Quelque part près du lieu où nous allons à l’aveuglette,
Un peu plus bas, un peu plus haut,
À une distance infime. »

Georges Séféris

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Une perle de lumière

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Photo/Gilles Dallière Jodhpur

Là s’élève un palais resplendissant dont le toit de cristal brillant de mille feux, s’offre à la vue des visiteurs qui traversent la ville et montent sur le rocher. La lumière troue l’espace, le noir conduit, reflète, réfracte la chaleur dans le sillage du soleil qui émerge de l’escalier.

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