Sur Nice, cette semaine le soleil est descendu. Et pourtant, caché derrière la grande façade du palais Victoria, sur la colline de Cimiez, le soleil brille dans les yeux d’un médecin, humble, pétillant, intelligent et d’une grande sagesse. Dans ses yeux il y a comme de la douceur et le soleil nous est apparu sous un jour nouveau, quoique limité. Hier il était pâle comme une tâche de lune, il ne se lève plus. À ses côtés, une femme âgée, aux jambes maigres couvertes de blessures, reste assise, fébrile, le regard tourné vers la sortie. Les nuages s’accumulent, le soleil a les yeux un peu désespérés, un peu honteux. Son amie plus âgée est étrangère au temps qui passe. Et nous, nous espérons encore descendre les quelques marches qui mènent à la plage du Rulh, tous ensemble à l’ombre des palmiers de la Promenade des Anglais.
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L’hymne à la terre
Pendant huit ans Sebastião Salgado a parcourue le monde pour son projet « Genesis », une exposition événement de 245 tirages dans une trentaine de pays explorés de paysages sublimes révélés par un noir et blanc éclatant.
« Genesis est la quête du monde des origines, celui qui a évolué pendant des millénaires avant d’être confronté au rythme de la vie actuelle, avant d’oublier ce qui fait de nous des êtres humains. Cette exposition nous présente des paysages, des animaux et des peuples qui ont su échapper au monde contemporain. Elle met à l’honneur ces régions vastes et lointaines où, intacte et silencieuse, la nature règne encore dans toute sa majesté.
On peut s’abreuver à la splendeur des régions polaires, des forêts tropicales, des savanes, des déserts torrides, des montagnes dominées par des glaciers et des îles solitaires. Si certains climats sont trop froids ou arides pour la plupart des formes de vie, on trouvera dans d’autres régions des animaux et des peuples qui ne pourraient survivre sans cet isolement. Ils forment ensemble une incroyable mosaïque où la nature peut s’exprimer dans toute sa grandeur.
Les photographies de Genesis aspirent à révéler cette beauté.
L’exposition constitue un hommage à la fragilité d’une planète que nous avons tous le devoir de protéger. »
Lélia Wanick Salgado
Genesis à la Maison Européenne de la photographie jusqu’au 5 janvier 2014.
Sebastião Salgado. Genesis
Lélia Wanick Salgado
Relié, avec 17 pages dépliantes, 24,3 x 35,5 cm, 520 pages
€ 49,99
Edition: Français
Disponibilité: 10/2013
http://www.taschen.com
http://www.mep-fr.org
Prendre le temps des hommes
Photo/Gilles Dallière, Marrakech, Maroc.
La Médarsa Ben-Youssef, est une parenthèse forte. Une image silencieuse, une fresque aux couleurs effacées où très vives, le souvenir de la chaleur d’une pierre au soleil ou de la fraîcheur d’une eau qui devient le miroir de l’architecture. J’aime la Médarsa et je ne sais pas pourquoi. Elle me fait rêver car elle est magique, et j’aime prendre le temps d’observer ses fissures, le travail de l’humidité, la fatigue des pierres, ses méandres de la mémoire. Et comme l’a écrit Paul Valéry : « chaque atome de silence est la chance d’un fruit mûr ». Ici le silence est imposé par le respect d’une spiritualité qui en fait un lieu à part.
La Medersa Ben Youssef, un souvenir magique

Photo/Gilles Dallière, Marrakech.
La Medersa Ben Youssef se situe à côté de la mosquée Ben Youssef au Nord des souks de Marrakech. Le sultan Saâdien Abdellah Al Ghalib acheva sa construction en 1564. Ce fut un lieu d’accueil pendant près de quatre siècles, pour tous les enfants désirant étudier dans tous les domaines et surtout la théologie.
Cette école coranique possède une notoriété dans le monde entier et les étudiants viennent de partout pour avoir un enseignement dans ce lieu de prière.Sur 1700 m2 on peut voir une centaine de chambres, un immense patio, des courettes, un bassin, une galerie, et une salle de prière au centre de la cour, d’une grande sobriété. Outre la grande porte de bronze et les poutres sculptées, on peut découvrir le Mirhab en plâtre (c’est une niche dans le mur de la Medersa. Il indique la direction de La Mecque. Les fidèles prient donc dans sa direction) où des versets, inscriptions ou épigraphes sont gravés en l’honneur du fondateur. Mais nos beaux discours ne pourront jamais remplacer la visite que vous devez absolument effectuer au cours de votre séjour au Mas de l’Ourika à Marrakech. Prenez autant de photos que vous le souhaitez mais surtout, remplissez votre âme et votre coeur de toutes ces couleurs et sculptures hors du temps.
Love on the Left Bank
Photo/Ed Van Der Elsken/ Nederlands Fotomuseum, courtesy Annet Gelink Gallery
La Galerie VU’ présente, pour la première fois à Paris, une large sélection de photographies de la série « Love on the Left Bank » du photographe néerlandais Ed van der Elsken. Il a produit une œuvre considérable, tant en matière de photographies et de livres qu’en matière de films. Il y a chez Van der Elsken, une insatiable soif du regard. Son territoire est le monde. Il photographie sa génération avec une évidente fascination pour le mode de vie anticonformiste des jeunes gens de Saint Germain des prés en 1950 dont il partage le quotidien. La modernité de ses prises de vue s’accorde avec l’avant-gardisme de cette jeunesse parisienne. « L’enfant terrible » de la photographie néerlandaise a produit une oeuvre considérable. Il fut le chroniqueur attentif de la poésie du quotidien.
Du 13 septembre au 31 octobre
Du lundi au Samedi de 14h à 19h
La Galerie VU’
Hôtel Paul Delaroche
58 rue Saint-Lazare
75009 Paris
http://www.galerievu.com
Aphrodite hills

Photo/Gilles Dallière, Kithira, Grèce.
Édifiée au 14ème siècle par les Vénitiens, l’église de Panagia Myrtidiotissa fut bâtie sur les ruines d’un ancien fort. On y trouve aussi l’Archive historique de Kithira dans le bâtiment du palais, et des maisons nobles. Autour des remparts, il y a 14 églises accrochées sur la falaise du château. La Sempreviva, une petite fleure jaune immortelle, orne les portes du village. Le soir, au coucher du soleil, la lumière magique fait vibrer les pampilles de cristal et La vue à partir de là-haut est sublime.

« La simplicité possède des dimensions qui vont au-delà du purement esthétique : elle peut être le reflet de qualité innée, intérieure, ou la quête d’une compréhension philosophique ou littéraire de l’harmonie, de la raison et de la vérité. »
John Pawson
Minimum
La géométrie urbaine

Photo/Gilles Dallière, Kithira Grèce.
La géométrie, dans notre culture marquée par la philosophie grecque, est constitutive et de l’architecture et de l’urbanisme. Elle est mise en débat par le jeu extraordinairement varié des formes et de leurs agencements, aussi bien que par des régulations qui donnent une mesure au monde et suscitent des questionnements quant à ce qui est à la mesure de l’existence.
Le silence est d’or

Photo/Gilles Dallière, Cythère.
Il y a silence et silence, mais le véritable silence, je l’ai trouvé dans cette chambre, au-delà des mots et de l’absence de mots.
J’ai malheureusement été obligé de déménager de chambre.
Haut les mains
Depuis la préhistoire, les mains signifient la portée de la conscience souveraine qui créé le monde. Elles incarnent l’efficacité, le travail, l’adaptation, l’invention, l’expression de soi et la possession d’une volonté à des fins créatives et destructives. Dans les traditions hindou et bouddhiste, les mudras, représentent un vocabulaire complet des rites de dévotion. La langue abonde d’expressions décrivant les manières dont la main exploite symboliquement ses pouvoirs : à main nues, haut la main, les mains sales, de première main, en un tour de main, la main leste, la main lourde, de main de maître…
Les mains parlent avec un silence éloquent.

