
Photo/Richard Alcock/Stylisme/Gilles Dallière
De gauche à droite et de haut en bas : « Arkane », en 140 cm de Large, Inkfabrik pour Thevenon. « Rombo », en 130 cm de large, Sahco. « Grove », en 130 cm de large, Armani Casa chez Rubelli. « Tratturo », en 130 cm de large, Colony. « Dante », en 140 cm de large, Fadini Borghi chez Pierre Frey. « Pathum », en 140 cm de large, Jim Thompson chez Pierre Frey. « Tabulariga », en 140 cm de large, Dedar. « Vague », en 140 cm de large, Rubelli. « Foscarini », en 140 cm de large, Houlès. « Dominos », en 138 cm de large, Zimmer+Rohde. « Métis », en 116 cm de large, Dominique Picquier. « Latitude », en 140 cm de large, Threads GP & Baker chez Brunschwig & Fils. « Glyphe », en 138 cm de large, Lelièvre. « Hudson », en 135 cm de large, Larsen chez Colefax and Fowler. « Provins », en 140 cm de large, Missoni.
Maison Française Magazine N°3
Archives d’Auteur: gildalliere
L’inde éternelle
Photo/Gilles Dallière Inde
C’est la saison sèche. La route de New Delhi à Moradabad n’est que poussière et chaleur. Dans le cours presque desséché du Gange, des milliers d’hommes et de femmes, venus à pied, s’installent et creusent de larges tranchées dans le lit du fleuve, bâtissent des maisons en terre et, dans ces jardins saisonniers, cultivent des légumes qu’ils vendent à la ville. Assis dans un fauteuil, à l’ombre, un homme indolent et vêtu de blanc, me dit en montrant de loin les fourmis humaines « They make a very good living ». Quand la mousson apporte les premières pluies, au mois de juin, le fleuve se reconstitue, parfois en quelques heures, et emporte les champs, les tranchées, les maisons. Les paysans repartent à pied jusqu’à leurs montagnes du nord. Depuis combien de temps cela dure-t-il ? Je ne sais pas. Ils reviendront l’année prochaine.
Une architecture habitées

Photo/Gilles Dallière, Varanasi, 2008
J’aime écrire avec les lignes, jouer avec les ombres. J’aime une certaine rigueur architecturale. La maîtrise d’un cadrage se doit d’être absolue et dans cette ville chaotique, sur le toit du palais de Jaipur l’architecture part à la recherche des étoiles.
Klein d’oeil sur l’homme printemps-été 2014
Après le noir c’est le coloris phare de la saison. Je ne parle pas du bleu marine, ma couleur fétiche mais bien de ce bleu presque électrique, intense, saturé, pigmenté qui est une teinte tellement profonde, une unité absolue d’une parfaite sérénité. Le bleu est la couleur préférée des hommes et cet outremer se prête à merveille au camaïeu. Un coloris singulier et omniprésent dans tous les défilés malgré une forte touche d’orange. J’en connais qui vont devoir ranger leur noir dans un placard.
Inspirations

Quelle image étonnante cette ligne de feuilles d’or. Du 1er mars 2014 au 31 août 2014, Les Arts Décoratifs consacrent une exposition au créateur de mode belge, Dries Van Noten. Cette première exposition à Paris est une invitation à un voyage intime et affectif de son univers. En présentant ses sources d’inspiration nombreuses et multiples, Dries Van Noten a choisi de nous révéler son processus si particulier de création. Ce projet totalement inédit, fait d’accumulations choisies et de superpositions pensées, confronte les collections de mode féminine et masculine de Dries van Noten aux collections de mode des Arts Décoratifs, ainsi qu’aux photos, vidéos, extraits de films, références musicales, œuvres d’art françaises et internationales provenant de collections publiques et privées qui ont nourri sa création.
Kaléidoscope
Photo/Francis Amiand/style/Gilles Dallière
Marc Hertrich et Nicolas Adnet viennent de transformer un ancien atelier en appartement. les deux scénaristes d’intérieur ont fait le choix de la couleur pour délimiter les espaces et donner une vibration à ce lieu qui en était dénué. Un aménagement emblématique de leur façon de travailler mais aussi de leur complicité. Colorées, les pièces à vivre sont envisagées comme des tableaux. Elles ont chacune une couleur dominante et sont éclairées par une lumière zénithale. L’objectif est de créer un effet kaléidoscopique dès l’entrée. Le salon calme le jeu. Les couleurs ont une double fonction : elles personnalisent les espaces avec fantaisie et les délimitent les uns des autres.
Maison Française Magazine N°3
http://www.studiomhna.com

Photo/Richard Alcock/Stylisme/Gilles Dallière
Sur fond de « Malvasia », 100% coton, Rubelli. De gauche à droite et de haut en bas : « Évasion », 100% coton, Élitis. « Pénélope », 100% lin, Manuel Canovas. « Demeter Stripe », 100% coton, Harlequin chez Sanderson. « Ariana », 63% coton, 37% lin, Boussac chez Pierre Frey. « Sola », 100% soie, Manuel Canovas. « Anémone », 100% lin en impression numérique, Sahco.
Les tissus en font tout un plat 2
L’esprit des suds

Photo/Gilles Dallière, Paris 2014
Cette semaine, en flânant devant les vitrines des galeries de la rue Charlot j’ai découvert une élégante boutique autour du voyage. Gachon Pothier, c’est l’univers d’Alexandrine, une sorte de fantaisie bohème, pour les matières du sud. Des tissus, des tapis, des coussins se mélangent à des objets venus de loin. Des bijoux, ont un esprit résolument nomade. Sur une étagère il y avait trois assiettes décorées qui n’avaient presque rien à voir avec le reste des collections mais on sentait bien qu’elles avaient été choisies avec goût, j’ai craqué pour celle du milieu.
http://www.gachonpothier.com

Photo/Richard Alcock/Stylisme/Gilles Dallière
Géométrie bucolique sur fond de « India », voile de soie imprimé, Elitis. « Héritage Floral », 100% coton, Lee Jofa, GP & J Baker chez Brunschwig & Fils. « Taru Lime Cuttings », 75% coton, 25% soie, Designers Guild. « Chardon », 100% lin, Nina Campbell chez Osborne & Little. « Nobi », 100% lin, Zimmer+Rohde. « African Flower », 100% coton, Tissus Colony. « California », 100% coton, Jab.
Les tissus en font tout un plat
Fils de dieu

Photo/Gilles Dallière,Samode Palace, Inde 2008
Chaque fois qu’en Inde on laisse une personne, on a l’impression d’abandonner un moribond qui va se noyer au milieu des épaves d’un naufrage. On ne peut pas résister longtemps à cette situation, désormais, toute la route de l’Inde derrière moi est semée de naufragés qui ne me tendaient même plus la main. Rajkumar m’a touché plus que les autres parce qu’il était heureux de me protéger partout. Un bonheur qui, à ce moment, sous la lumière aux scintillements lugubres du Samode Palace, me semble insoutenable. Je n’ai rien tenté et aujourd’hui je trouve ma réaction absurde. Il était toujours là, au milieu d’un groupe de gueux et de vagabonds, frais et innocent, avec son sourire pénétrant et radieux, comme si la faim, le sommeil, la maladie, la corruption, l’horreur, n’existaient pas et n’avaient aucune prise sur lui. Il approche et il aurait suffi de lui dire « on y va » et il serait accouru comme il le fit en effet , pour se faufiler au volant de la grosse ambassador blanche, confiant et joyeux, en me regardant de temps à autre, dans le rétroviseur, avec ses yeux qui faisaient rayonner un sourire disponible, blanc, doux comme un flash de miel.
