Le tigre et la rose

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Je me suis arrêté dans la cage d’escalier émerveillé par l’étonnant spectacle qui s’offrait à mes yeux. Le sol disparaissait dans l’ombre, seule la rampe s’élevait dans la lumière dorée du soir. La foule déjà dense était bigarrée. Tous se taisaient ou parlaient à voix basse. Dans cette espace majuscule planait une sorte de léger bourdonnement fait du froissement des saris, du glissement des pieds sur le sol et du chuchotement des femmes dissimulées. Un souffle de vent souleva la poussière de cette construction monumentale. Le soir était tombé, mais la lourde chaleur de la journée stagnait encore entre les murs et montait des dalles de marbre blanc. Les années comme les fleurs se fanent, leur souvenir comme un parfum, s’efface, Jodhpur, Inde, 2004.

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Le tigre et la rose

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Éloge de l’ombre

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Dans la grande salle de réception du Kasteel van ‘s-Gravenwezel, la lumière estompée et grisâtre qui s’infiltre par la fenêtre est d’une grande beauté. Elle se dégage des jeux d’ombres et s’adapte aux différentes cultures qui se heurtent volontairement librement. Axel Vervoordt crée le décor et même les imperfections prennent une importance toute particulière. Stèles disproportionnées, peintures écaillées, renvoient dans l’ombre une subtilité qui plus que la lumière directe semble révéler la contemplation paisible des œuvres d’art.

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Éloge de l’ombre

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CONFESSIONS

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J’adore franchir les portes closes, celles des palais, des Hôtels particuliers, en saisissant l’insolite d’un décor, le pas feutré dans une galerie, la beauté d’un détail d’architecture, la perspective d’un escalier. Ici c’est celui de l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde.

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CONFESSIONS

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LA LUMIÈRE EN APESANTEUR

Le silence règne encore quand le cristal rencontre la lumière. « Folia » créée par Noé Duchaufour-Lawrance invite à ouvrir les yeux sur plus de 400 ans de savoir faire à la manufacture de Saint-Louis. Les vingt-cinq objets de la collection font vaciller la taille et mettent en valeur l’éclat du cristal. Au bout de la nuit, après deux ans de travail, l’indomptable collection associée au bois balance son rai de lumière comme une armure d’ombres portées pour mieux protéger sa fragilité. Il faut le regarder l’orgueilleux cristal si puissant à inspirer les artistes pour faire rêver un futur que j’espère encore passionnant. Lampes à poser, lampadaire, bout de canapé, carafes, flûte à champagne, verre à vin, verre à eau, bougeoirs et miroir vacillent dans un souffle aux formes résolument nouvelles.

saint-louis.com
contact@neonata.fr

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LA LUMIÈRE EN APESANTEUR

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Réinventer le bois pour l’art

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Photo/Richard Alcock/Gilles Dalliere

La table basse « KYOTO » de Gianfranco Frattini, la boite à secret de Carl Magnusson et Emanuela Frattini Magnusson, les cadres « CORNICE D’ORSAY », le lutrin « LEGGIO D’ORSAY », les coupes, le marque page de Gae Aulenti, la bibliothèque tournante de Cini Boeri, l’étagère de Mario Bellini, c’est Romeo Sozzi et son directeur artistique  Michele de Luchi qui en parlent le mieux.

À Brera, au cœur de Milan, ce carambolage de bois précieux renaît entre ombre et lumière dans le nouveau showroom « BOTTEGA GHIANDA ». Ode au noir qui marque l’espace pour mieux mettre en valeur les courbes des bois précieux, ultra sensibles, de l’ébéniste Pier Luigi Ghianda sur des consoles ovales tapissées de cachemire. Une mise en scène radicale dans un décor sur mesure où chaque objet tient le premier rôle. Sublime…

Bottega Ghianda
Via Formentini, 9
20121 Milano

http://www.bottegaghianda.com

Clichés/adresses

Réinventer le bois pour l’art

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L’ATELIER BRANCUSI, UNE OEUVRE À PART ENTIÈRE.

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Photos/Gilles Dallière

Lundi dernier je suis aller à Beaubourg voir la rétrospective sur Pierre Paulin (Cliché : Pierre Paulin, le pouvoir du design). En arrivant sur la « piazza »je suis descendu dans ce jardin qui protège la reproduction de l’atelier parisien de Constantin Brancusi. Dans une douce lumière blanche orchestrée par Renzo Piano, 137 sculptures, 87 socles originaux, 41 dessins, deux peintures, 1600 plaques photographiques de verre et tirages originaux, sa guitare et son poêle sont figés semble t’il pour l’éternité.

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Brancusi est une des figures emblématique de la sculpture moderne du 20e siècle. À sa mort, en 1957, il lègue par testament à l’État français l’ensemble de son atelier au 11 de l’impasse Ronsin dans le 15e arrondissement de Paris. Une œuvre à part entière où les sculptures sont disposées en relation avec l’espace qui les contient. Un corps constitué de cellules qui se génèrent les unes et les autres dans une étroite relation spatiale.

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À la fin de sa vie, il ne se concentrera plus qu’a cette proximité là. Elle devient si essentielle que quand il vend une œuvre, il la remplace par son tirage en plâtre pour ne pas perdre l’unité de l’ensemble.

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Loin de la foule du centre Pompidou Renzo Piano a su préserver l’idée d’un espace très intérieur dans lequel s’infuse une lumière zénithale incroyable. Une respiration avant d’aller boire un dernier verre de vin blanc à la terrasse du George bondée de touristes en short et en tongs.

http://www.centrepompidou.fr

Clichés/expositions

L’ATELIER BRANCUSI, UNE OEUVRE À PART ENTIÈRE.

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LE PHOTOGRAPHE DU SILENCE

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© Succession Josef Sudek

Les fleurs qui fanent sur le rebord d’une fenêtre c’est une inspiration néoromantique. La buée qui coule le long d’une vitre, une recherche visuelle autour des différents états de l’atmosphère. Les rendus vaporeux des premières années transforment un univers qui échappe au présent. À la manière d’un Monet, il est fasciné par les variations de lumière qui s’offrent à lui depuis l’intérieur de son atelier, un antre saturé de musique qu’il ne quitte guère. Il préfère la végétation en broussaille d’un petit jardin de ville à la géométrie trop définie et anguleuse de l’architecture. Il aime la profondeur des noirs, ceux de la nuit, ce qui lui permet de saisir les jeux syncopés de ces taches de lumière sur l’impénétrable rideau des ténèbres. Il tente de photographier le silence, celui des objets dans des natures mortes chargées d’émotion. Quarante ans après la mort de leur auteur, les images du grand photographe tchèque Josef Sudek continuent d’instiller leur parfum délicat et mélancolique. « Le monde à ma fenêtre » c’est l’histoire d’un homme qui adopte des angles audacieux, des photographies empreintes de sentiment pour mieux se concentrer sur la pureté des formes.


© Succession Josef Sudek

Au Jeu de Paume, place de la Concorde jusqu’au 25 septembre.
http://www.jeudepaume.org

Clichés/expositions

LE PHOTOGRAPHE DU SILENCE

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LE ROI EST MORT, VIVE LE ROI !Capture d’écran 2016-06-23 à 11.29.14.png
Photo/Anders Sune Berg. Courtesy the artist; neugerriemschneider, Berlin/Tanya Bonakdar Gallery, New York © Olafur Eliasson.

 

De l’eau, beaucoup d’eau, des miroirs, beaucoup de miroirs et un soleil, orangé qui balance ses rayons dans un été bien timide. Il est l’emblème du Roi Louis XIV et de l’artiste dano-islandais Olafur Eliasson. Il succède ainsi à Anish Kapoor dont « le vagin de la Reine » avait suscité une vigoureuse polémique. Comme un mirage, sur le Grand Canal, il y a de la magie et de la perfection dans cette cascade haute de 40m, placée exactement dans l’axe du soleil couchant. André Le Notre, le créateur du parc de Versailles, ne peut qu’en être fier. Alors que le sol du bosquet de la Colonnade se couvre de débris rocheux transportés par les pollutions des glaciers du Groenland, le flou artistique d’une ronde de brume qu’on a peur de déchirer, encercle le bosquet de l’Étoile. À l’intérieur, aux fenêtres du salon d’Hercule, Olafur Eliasson profite de la proximité des bâtiments pour créer un jeu de reflets troublant. Pour clore la magie de la perspective de la Galerie des Glaces, des cercles lumineux se démultiplient dans un jeu de miroirs géants. Dans le salon de l’œil de Bœuf deux miroirs se font face. Sur l’un d’eux le cercle lumineux façon soleil couchant traverse l’œuvre du plasticien pour se retrouver plus loin sous la forme d’une éclipse. Dans l’austère salle des Gardes, deux miroirs suspendus diffusent une lumière orangée. Face à la cascade 2 yeux de laiton doré « anamorphosent » l’espace. Une installation à vous couper le souffle de beauté, on est chez le Roi-Soleil quand même !
Au château de Versailles : jusqu’au 30 octobre 

http://www.olafureliasson.net
http://www.chateaudeversailles.fr

Clichés/expositions

LE ROI EST MORT, VIVE LE ROI !

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À Milan : une escapade haute en couleur

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Photo/Frédéric Ducout/Style/Gilles Dallière

Entre deux bureaux et sa maison, Andrea Dall’Olio aime se détendre dans un petit appartement situé en plein coeur de Milan. Un lieu à part où il concocte ses mélanges de couleurs et de matières poussé par une irrésistible envie de lumière et de gaieté.

Comment marier les couleurs ? En assumant les oppositions fortes, les mariages osés, les associations débridées. Créateur de tissu, designer, il dirige avec maestria un des bureaux de style les plus apprécié dans le monde du textile de la mode et de la décoration. L’hiver dernier, Andrea Dall’Olio se met à rêver d’un espace clair et épuré, il refuse l’idée d’un minimalisme froid. Il ne touche pas aux volumes mais mise sur une palette de matières et de teintes vives travaillées tantôt en harmonie, tantôt en contraste. Toutes les pièces de l’appartement sont définies par une couleur dominante, le but étant de créer un effet « kaléidoscopique ». Les contrastes l’emportent : dans l’entrée le rouge répond au brun et à l’orange ; dans le salon les turquoises, les roses et les verts s’opposent au jaune des fauteuils et au graphisme noir et blanc des canapés. Dans la chambre, quelques touches de rouges permettent de réchauffer un bleu ciel omniprésent. Andrea joue avec la couleur et la lumière. Pour lui elle est une nécessité vitale. Un mariage réussi avec le blanc des murs, les imprimés des années 70 et l’omniprésence des tapis kilims. La décoration est tout un art, celui de mélanger, d’oser, de malmener parfois, elle est par essence éphémère, espace de jeu et d’expérimentation. Inutile de se demander si l’on pourrait y vivre, le propos est ailleurs et ce que l’on en retiendra d’abord, c’est ce geste décoratif qui ne s’encombre ni de bon ni de mauvais goût. Un univers, un vrai, 100% bonne humeur.

http://www.aadesignstudio.it

Clichés/interiors

À Milan : une escapade haute en couleur

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D’DAYS 2016 : LES CALLIGRAPHIES DU BOIS.

Éric Gizard et Manuel Volmar pratiquent une écriture chargée de mettre en avant l’empreinte du bois. Une quête purement esthétique et résolument contemporaine. Les photographies d’Éric révèlent en clair obscur des silhouettes frêles et sombres qui se détachent d’un silence immaculé. Un silence de toutes les solitudes, où seuls se font entendre la force de l’arbre et le frottement des branches dans le vent. Manuel est invité à cette tâche qui consiste à graver cette force dans l’empreinte de ses bois. Son trait, creusé puis pansé danse comme les branches d’un arbre dans le ciel, parfois lourd et parfois léger. Tout se mêle, images, surfaces, objets, intentions graphiques, expérimentations et même si certaines proportions sont à revoir, le fond est juste. Un travail à quatre mains où La fixation graphique prend un pouvoir décisif sur les lignes capturées en images et creusées dans le bois. Empreintes, à suivre jusqu’au 30 juin.

http://www.ericgizard.com
http://www.volmarmanueldesign.com

Manuel Volmar Et Eric Gizard
10 Rue Jean-Jacques Rousseau – 75001 Paris

Clichés/Inspiration

D’DAYS 2016 : LES CALLIGRAPHIES DU BOIS.

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