Le soleil se lève sur le monde…

Vue sur le Havre, plage de Trouville-sur-mer, gildalliere, été 2021

« Le temps s’était couvert et la tempête est arrivée portée par le vent du nord. Ce vent était très fort, d’un seul tenant, sans trêve aucune, un mur lisse et droit. Et la mer de nouveau s’est déchaînée. De la pluie est venue pendant la nuit et elle a été chassée par la force du vent. Toute la nuit ce vent a hurlé, sous les portes, dans les failles des murs, dans la tête, les vallées, le cœur, le sommeil… Mais non ce n’était rien, rien que bruits de la mer et du vent. Et vous voyez, le soleil s’est levé sur le monde ».

Extrait, Marguerite Duras, L’été 80.

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Le soleil se lève sur le monde…

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L’été 80…

L’été 2021, Trouville-sur-Mer, Les Roche Noires, gildalliere, 2021

« La mer est changeante, l’espace d’une nuit elle est mauvaise et puis brusquement au petit matin la voici de nouveau calme, elle redevient bleue et se remplit à nouveau de voiles blanches et de soleil. Les pétroliers sont de nouveau là, en file indienne devant les falaises blanches d’Antifer. La mer est très basse en ce moment, elle est très loin, de la chambre noire je la vois bien, et elle laisse derrière elle des lacs, des îles, des archipels noyés de brume, des pays entiers de sables gorgés d’eau. La jeune fille et l’enfant ont traversé les sables découverts et ils sont allés dans la baie, du côté des pieux noirs, vers le chenal ».

Extrait, Marguerite Duras, L’été 80, Collection « double », les Éditions de Minuit

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L’été 80…

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Contre-jour…

Ouverture, abandon, Potamos, Cythère, Grèce, gildalliere, 2015

Ne jamais perdre de vue la mesure de l’homme, clé ultime. La figure humaine est souvent suggérée par une ampoule, un volet, une ombre, la lumière, de simples proportions. Ici, la proposition visuelle est brutale et sans concessions. Elle porte en elle le souvenir des murets de pierres sèches qui en Grèce délimitent depuis toujours les champs. La Grèce fait partie de notre passé à tous, qu’on y soit né ou non.

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Contre-jour…

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Les traces de l’abandon…

La maison néoclassique de Potamos, Cythère, chambre avec vue, Grèce, gildalliere, 2015

J’ai regardé la trace incertaine et aléatoire que la moisissure laisse au plafond. Le monochrome renforce le noir de la salissure, le blanc des murs, l’étouffante chaleur de l’été à travers la fenêtre, l’asymétrie des battants qui obturent l’espace parce que c’est la Grèce toute entière qui passe à travers le bâti. J’accentue la blancheur d’une ampoule, celle-là même qui se pend, seul et dérisoire rempart contre l’abandon.

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Les traces de l’abandon…

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La lumière suspendue…

La maison néoclassique de Potamos, Cythère, Grèce, gildalliere, 2015

Dans une maison néoclassique abandonnée, quatre murs d’une chambre éclairée par une fenêtre en hauteur. Elle donne sur un champ de blé. À main droite des planches, un bâti, un vieux canapé cramoisi et de la poussière comme suspendue à la structure des poutrelles de bois saturant l’espace. Un tableau ? Une photo ? Une présence, une tension, une densité que peut-être la peinture ne permet plus. Sur le mur du fond, sur la fenêtre, un châssis métallique auquel est suspendue la lumière. Le sacré, le malaise, l’odeur fade, le rouge sensuel du velours, la chair ouverte.

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Le sens du vide…

« Cornice d’Orsay », Gae Aulenti, 1986, Bottega Ghianda, Richard Alcock, Gilles Dallière

Ici, le sens du vide est salutaire. La suppression de presque tout dévoile la vérité du silence. Un jeu de lignes, un clair-obscur, la transparence du laque du Steinway. Tout ça pour mettre en valeur ce bronze en quête d’absolu et le cadre en poirier crée par Gae Aulenti pour le musée d’Orsay. Sa surface en verre est parfaitement alignée au bois permettant une visibilité totale de l’image à l’intérieur : la montée des marches d’un immeuble milanais.

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L’étagère et le design…

L’étagère, Mario Bellini, 1989, Bottega Ghianda. Richard Alcock, Gilles Dallière

Pour le designer italien, la forme même a sa fonction : apporter la beauté. Dans un univers digne de Luchino Visconti, elle trône au milieu des livres disparates pour mettre en évidence l’ambiguïté de sa fragilité. Dans une cage de hêtre massif, elle enferme quelques titres précis. D’autres fragments de livres sont oubliés. Certains, imaginaires, me font appréhender le monde et le design.

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Où paraît la courtisane…

Statuaire des jardins de la Villa Mapelli, lago di Como, gildalliere, Italie, 2014

Dans une nature majestueuse, la Vénus est en passe d’être submergée par la végétation. Elle jette sa tunique, et le blanc poème de son corps d’albâtre apparaît tout à coup dans sa splendeur. Elle promène ses lignes serpentines, ses flancs polis, ses seins à servir de moule à la Manufacture de Sèvres, au beau milieu du jardin secret. Le vert profond du mur de verdure relève ses courbures élégantes qui ne peuvent s’écrire qu’en marbre.

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Où paraît la courtisane…

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L’élégance faite arbre…

L’érable du japon de la Villa Mapelli, lago di Como, gildalliere, Italie, 2014

L’érable étend sa couronne au dessus du lac. Sa verdure comble l’accord proposé par un pin qui s’effondre dans les eaux profondes. De la courbe des branches à l’angle droit que seul l’esprit humain a conçu, il y a deux réalités, la nature et la culture. L’une des missions de l’art serait de les réunir et de les confronter.

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L’élégance faite arbre…

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En toute liberté…

Les jardins et la réflection du ciel dans les bassins de la Villa Mapelli, lago di Como, gildalliere, Italie, 2014


Il y a ici, une sorte de sagesse précieuse. Il y a une goutte d’eau, elle se perd dans le ciel. Autour d’elle, un bassin et une poignée de terre qui se fondent dans le jardin. C’est pour cela que le jour monte. Il plonge dans les eaux du lac et se cache à nouveau. J’ai maîtrisé l’azur d’en haut pour en créer un autre, de façon à pouvoir librement jouir de son reflet en toute liberté.

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En toute liberté…

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