Archives de Catégorie: Clichés/photos
Le temps passe

Photo/Gilles Dallière, Essaouira.
Le temps passe, mais l’âme de Mogador ne change pas. Érigée sous le protectorat français, l’horloge d’Essaouira est devenue un point de rendez-vous, bien plus qu’un moyen d’avoir la bonne heure. Aujourd’hui, pour ses 100 ans, on la redécouvre parée d’un crépis flambant neuf, repeinte, ravalée, rénovée. Au pays du soleil couchant, où depuis plusieurs siècles l’appel à la prière rythme les journées, rappelant à qui veut que le jour se lève, avance, décline et se couche inexorablement, L’horloge d’Essaouira, dont la tour n’est pas sans rappeler celles des minarets de la médina, vient de faire peau neuve. Située dans l’alignement de la porte Bab Sbaâ, surplombant la place Chefchaouni et ses caoutchoucs encore vivaces, la revoici comme neuve, dans l’encadrement des remparts, entièrement re-liftée, ses rambardes de bois peintes en bleu franc. Immuable repère et point de rendez-vous de la médina, son cadran est enfin remonté, et elle sonne les heures. Cette jolie tour carrée vient enfin de prendre tout sons sens, et Essaouira lui devait bien ça.

Photo/Richard Alcock/ stylisme/Gilles Dallière, Andrézieux Bouthéon.
Même sur des murs tagués, sortez du systématisme, prenez des risques, changez de décor, marquez le coup, faites-vous valoir. allez…cassez tout avec trois pentes de tissu, c’est Noël.
« Samford Teal », 100% polyester (54€ le m en 140cm de large, Jane Churchil chez Colefax and Fowler. « Love », 66% coton, 34% soie (175€ le m en 140 cm de large, Dedar. « Mirage », 56% coton, 40% polyester (157€ le m en 310cm de large, Lelièvre. Embrasse « Onix » (116,40€, Houlès).
Maison Française n°581
http://www.cotemaison.fr
Un dialogue improvisé
La mélodie des choses

Photo/Gilles Dallière
Il y a dix jours, j’étais à Anvers, au tout début de l’hiver, avec encore mille et un rêves derrière moi. Le temps était magnifique, les couleurs de la ville, parfois d’or, parfois grises m’ont amené à marcher vers l’insondable obscurité des quartiers nord. L’air est devenu glacé. Je me suis retrouvé devant le musée des Beaux-Arts, en travaux et c’est là que je me suis retourné, devant « l’Hippodrome », un restaurant tout en longueur, dans lequel je me suis installé pour dîner. La rigoureuse stylisation des tubes fluorescents à l’infini m’a fasciné. Dans tout ce fond obscur, j’y ai merveilleusement dîner.
http://www.hippodroom.be
La barbe !
Simple tendance, effet de mode ou crise identitaire, c’est en tout cas une bonne nouvelle pour le métier de barbier, qui revient au goût du jour.
Video
Le retour de la barbe http://www.francetvinfo.fr/societe/video-le-retour-de-la-barbe_466048.html
Il faut dire que, comme bien d’autres tendances capillaires, la barbe est une mode cyclique. Après la barbiche des années 1990, puis le style androgyne exempt de poils qui a suivi, il n’est pas surprenant de voir réapparaître la pilosité masculine. Symbole de virilité, la barbe est aussi le reflet d’une génération qui aime fuir les conventions, en portant notamment complet, baskets… et barbe. Quelle barbe arborer? De la barbe complète à la «mal rasée», en passant par le collier de barbe (avec une ligne qui suit le menton) au chic guidon de vélo à la David Beckham, il y en a pour tous les goûts. Les barbiers quant à eux vous diront de la tailler selon votre pilosité et la morphologie de votre visage.
Il monumentale di Milano

Photo/Gilles Dallière, Milan.
Chaque fois que j’ai pu le faire, je me suis promené au cimetière monumental de Milan. Il est à l’image de cette capitale économique. La visite vous apportera une autre vision de sa richesse artistique et un témoignage historique sur cette ville un peu secrète. A deux pas du centre ville, reposent dans ce musée à ciel ouvert les personnages les plus illustres de Milan dans des décors sculpturaux allant du sublime à la démesure. « L’Edicola Bernocchi », cette tour de « Babylone » en est l’un des symboles. L’architecte Alessandro Minali et le sculpteur Giannino Castiglioni, l’achèvent le 10 décembre 1931 pour honoré la mort du sénateur et industriel Antonio Bernocchi, et si vous entrez à l’intérieur, comme je l’ai fait pour cette photo, le ciel en devient encore plus spirituel. Le cimetière a été conçu par l’architecte Carlo Maciachini (1818-1899). Il a ouvert en 1866. Depuis lors, un large éventail de sculptures contemporaines et classiques appartiennent à des dynasties d’industriels. Des artistes de renom tels que Giò Ponti, Arturo Martini, Lucio Fontana, Medardo Rosso, Giacomo Manzù, Floriano Bodini, et Giò Pomodoro y ont largement contribué. Prenez le temps d’y aller.
Un espace organique

Photo/Gilles Dallière, L’hôtel particulier de Joël et Jean Martel, rue Mallet-Stevens, Paris, 1926-1927.
Au centre de la construction, un spectaculaire escalier à vis, proclame sa sculpturale autonomie spatiale. Le pivot cylindrique, recompose l’unité de l’ensemble du bâtiment. Il articule les différents volumes des appartements. De l’extérieur, c’est comme un disque en ciment dont la sous-face est carrelée en mosaïque rouge et le long vitrail de Barillet courant sur toute la hauteur de la tour distinguent celle-ci du reste de la construction. À l’intérieur, à la spirale continue de l’escalier enfermée dans le cylindre répondent plusieurs volées de quelques marches, qui se reflètent dans un miroir pour mieux en accentuer la profondeur. Une scénographie novatrice de l’espace architectural.
Où peuvent bien être les vivants ?

Photo/Gilles Dallière/Lisbonne
Je rentre d’Anvers, je me suis réveillé tôt ; je suis allé dans les rues de Paris faire des courses sans idée préconçue. J’examine comme un qui médite. Je vois comme un qui pense. Un léger brouillard d’émotion se dresse absurdement au fond de moi ; la brume qui peu à peu s’en va de l’extérieur semble en moi s’infiltrer lentement. Je sens que je suis employé à penser à ma vie. Je n’y ai pas prêté garde, mais c’est un fait. J’ai cru que je ne faisais que voir, que je n’étais rien d’autre, qu’un réflecteur d’images données, un paravent blanc où la réalité projette couleurs et lumière et non des ombres. Aujourd’hui je suis un voyageur adulte arrivé à la surface de sa vie.

Photo/Gilles Dallière/Villa Savoye, Poissy.
Dès les années 1920, Le Corbusier s’impose comme l’un des plus influents pionniers du axe siècle. Sa villa Savoye achevée en 1931 à Poissy, apparaît comme l’un de ses manifestes les plus aboutis. Elle illustre le vocabulaire qu’il a défini en « cinq éléments constructifs de l’architecture moderne » : « les pilotis, la toiture jardin, les fenêtres en longueur, le plan libre et la façade libre ». Pour fédérer sa composition, il déploie une gamme diversifiée d’escaliers et de plans inclinés qui instaurent une puissance dynamique spatiale. Acquise par le ministère de la culture, classée monument historique en 1965, je vous invite à la visiter car cette « machine à habiter » annonce l’implacable logique constructive des temps nouveaux.
http://www.villa-savoye.monuments-historiques.fr
Le purisme architectural
Le Fonctionnalisme de l’escalier

Photo/Gilles Dallière, Milan.
Au terme des innombrables batailles des anciens et des modernes, l’architecture inspirée par l’idéologie du fonctionnalisme s’impose progressivement dès les années 1930. Elle préfigure la mondialisation des cultures qui va bientôt submerger la planète. Une relative diversité d’expression architecturale qui anime des bâtiments d’avant-garde. L’espace entre le noir et la lumière irradie de modernité.

