Paradis perdu…

Le paradis perdu, Cythère, gildalliere, 2017
Photo/Gilles Dallière/Cythère

Après la crise, il est de bon ton de donner une dimension révolutionnaire à tout mouvement impliquant une partie de la jeunesse et bizarrement des trentenaires. Cet après-midi, tout est devenu si dément au milieu de cette manifestation, qu’il n’était pas bien difficile de se demander : dans quel monde vit-on ?
On est passé du bleu-blanc-rouge au noir, et il n’en faut pas plus à des adolescents ivres d’irrévérence pour se parer avec ostentation des défauts que leur prête l’autorité. Tu traînes ton ennui, petit nuage, et moi, cloué au sol par un gaz lacrymogène, je t’enferme dans une image loin des orages.

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Paradis perdu…

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L’abandon…

Abandon, Cythère, gildalliere, 2015
Photo/Gilles Dallière/Cythère

Derrière les roses de la moustiquaire, il y a une vie. J’ai ouvert la porte sur la main froide d’Éole qui froisse le silence. Posé mes yeux sur ce monde abandonné pour le déblayer. Entrevoir une somme de joie sous la somme de douleur. Au bout de ce monde écroulé, une fenêtre suspendue dans les airs encadre les pulsations colorées d’un ciel sauvage remonté des gravats.

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L’abandon…

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La tête à l’envers…

Clocher,Friligianika, Cythère, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière/Grèce

Je me suis mis la tête à l’envers, calculé le sens de la lumière et j’ai cherché à respecter la beauté géométrique et dynamique des lignes de construction de cette tour campanaire. Le cercle construit dans le quadrilatère… Une équation mathématique bien connue des architectes. Mais ici, il n’y a pas trop de mystère, pas de savant calcul, l’asymétrie recherchée de ce clocher pointé vers l’azur n’héberge aucune cloche, seulement des hirondelles et l’âme qui n’en finit pas de grandir.

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La tête à l’envers…

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Abstration…

Photo/Gilles Dallière/Hôtel Salé/Paris

Je définis ma relation à la photographie comme relevant d’une expérience : expérience de la marche, expérience de l’espace. Le cadrage crée l’espace. Il crée l’espace nécessaire pour révéler la fragilité et la richesse de la surface sensible : la main courante. La lumière s’y accroche, s’y faufile, s’y glisse, traverse où se heurte à la surface de l’architecture. Une recherche de l’épure et de la composition. Un monochrome noir qui révèle une observation attentive d’un intérieur urbain. J’ai fait surgir le blanc, c’est à dire la lumière.

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Abstraction…

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Le temps suspendu…

Les palliers du palais Majestic, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Palais Majestic/Nice

Le temps s’arrête pour celui qui l’admire. Il suffit de regarder. Il suffit d’oublier l’imperfection. En toute chose, se poser, écouter le silence, laisser la place à son imagination, au tempérament. L’imagination, c’est le génie. Il faut être libre. Saisir et figer le pallier dans son état éphémère, et partir. Il reste alors cette envie d’y retourner, cette sensation qu’imprime en moi chaque lieu, ce passé réanimé quelques heures par et pour moi. Ce vide qui paradoxalement emplit ma réalité.

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Le temps suspendu…

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Le vide…

La descente du Majestic, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Nice/Palais Majestic

Je me dirige vers la sortie. Le ciel s’est assombri. Sur les fenêtres de la cage d’escalier, les premières gouttes de pluie, plaquées d’un revers de vent, finissent de sécher au moment où je sors. L’escalier est vide. Derrière les murs, le brouhaha des voix, peu à peu se dissipe. Mon regard flou à besoin de souffle, d’oxygène. Je pense à la respiration de l’âme, à cet appel qui, parfois, m’attire ailleurs, loin, très loin des autres, loin de ma vie avec les autres. Les jours vides s’accumulent.

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Le vide…

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Pause…

Le passage, Villa Domergue, Cannes, gildalliere,  2019
Photo/Gilles Dallière/Villa Domergue/Cannes

J’ai secrètement pressé la télécommande de la vie sur pause. Le temps s’est arrêté. Dans ce monde devenu tout à coup immobile, j’ai vu l’essence de la beauté. La lumière offre ses mains tendues. Elle glisse sans fin le long des parois éternelles. Elle est là, devant moi, fragile. Elle éclabousse les blancs pilastres qui soutiennent la petite ombre qui me dépasse. La contempler ainsi, dans sa nudité, assouvit un désir de sacré qui, dans le même temps, se révèle inextinguible.

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Pause…

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La fête des mères…

Maman, portrait, Nice, 2019
Photo/Gilles Dallière/Nice

C’est la fête des mères. Je voudrais te dire que tu es belle. Aujourd’hui, il y a des choses de toi que je peux prendre. Pas d’argenterie ni de diamants, mais l’éclat du cristal taillé d’un vase signé Daum, ton vieil Opinel, une cuillère en bois usée jusqu’au manche, des torchons en lin, en veux-tu en voilà, quelques assiettes en porcelaine, un galet ramassé sur la plage du Ruhl, un coucher de soleil sur fond de Promenade des Anglais. Une façon de tenir ta cigarette Philip Morris rouge. Un pull en mohair Sonia Rykiel oublié. Un pashmina blanc, posé sur le dossier d’une chaise qui disparaît sous ton parfum. Shalimar de Guerlain. Tes clés, et des albums de photographies, du moins ce qu’il en reste. J’ai aussi retrouvé un tas de livres que tu n’as pas eu le temps de lire. Le souvenir de ton sourire mutin, ton envie de me voir m’installer à Nice. « Mais quand est-ce-que tu viens ? On ne laisse pas un petit chat tout seul ! »
Ce jour là, j’ai accroché ton regard à mon cœur. Aujourd’hui c’est foutrement difficile. Tu me manques Maman.

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La fête des mères…

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Clair-obscur…

Place Jean-Baptiste Clément, Paris, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Place Jean-Baptiste Clément/Paris

Parce que les gens s’installent sous les fenêtres, les habitants de cet immeuble ont enduit d’un blanc poudré et épais leur trottoir. La rue devient alors une ombre noirâtre, comme une couche de poussière, soulignée par la blancheur translucide de cette ligne hallucinogène. Un jeu trompeur et éphémère de clair-obscur, contre l’incivisme. Le blanc immaculé rebondit sur les volutes de fer forgé, révélant les ténèbres d’un univers ambigu où l’ombre et la lumière se confondent.

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Clair-obscur…

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L’opacité de l’ombre…

Les boiseries de Saint-Jean-de-Montmartre 2, Paris, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Saint-Pierre-de-Montmartre/Paris

Levé tôt ce matin, je suis revenu en arrière, avec un pied photo pour recadrer l’espace lumineux du portique de Saint-Pierre-de-Montmartre. En fait, la beauté d’une église, produite uniquement par un jeu sur le degré d’opacité de l’ombre, se passe de tout accessoire. C’est précisément cette lumière indirecte et diffuse qui est le facteur essentiel de la beauté. Et pour que cette lumière épuisée, atténuée, précaire, imprègne à fond le bois sculpté, la surface des murs est crépusculaire.

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L’opacité de l’ombre…

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