L’atelier du sculpteur…

Antoine Bourdelle, le centaure mourant, l’atelier, Paris, gildalliere, 2020

Ce centaure passe des heures à mourir dans la communion parfaite des lumières et des contrastes de l’atelier d’Antoine Bourdelle. L’homme-cheval, rongé de douleurs parce qu’il est immortel, obtint finalement du sculpteur de mourir dans l’enceinte du théâtre des Champs-Élysées. Il meurt sans plainte ni faux-semblants, sans voyeurisme non plus, la tête posée sur son épaule. Jérôme Godeau écrit : « Si les frisons de la robe, l’ondulation des flancs sont d’un modelé sensuel, l’allongement de la taille, l’envasement du torse, l’étirement de la ligne du bras et du cou s’inscrivent dans la perfection d’une figure géométrique ». Très haut, il tutoie les étoiles, les sabots profondément ancrés dans son socle de plâtre.

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L’atelier du sculpteur…

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Amazing grace…

Détails d’architecture, Mad, Paris, gildalliere, 2020

Amazing grace, how sweet the sound, that saved a wretch like me!
I once was lost but now I’m found, was blind, but now, I see.
‘Twas grace that taught my heart to fear, and grace, my fears relieved.
À l’heure où pour la première fois j’ai cru. 
De nombreux dangers, filets et pièges j’ai déjà traversé.
C’est la grâce qui m’a protégé jusqu’ici, et la grâce me mènera à bon port.
Le seigneur m’a fait une promesse, sa parole affermit mon espoir ; Il sera mon bouclier et mon partage,
tant que durera ma vie.
Yes, when this flesh and heart shall fail, and mortal life shall cease, I shall possess, within the veil, a life of joy and peace.
The earth shall soon dissolve like snow, the sun forbear to shine ; but God, who called me here below, will be forever mine.

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Amazing grace…

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De la poussière à la poussière…

Couronne mortuaire, cimetière de Montmartre, poussière, Paris, gildalliere, 2020


Ettore Sottsass a écrit à propos du cimetière : « d’une certaine façon, nous couvrons toujours de fleurs, de nostalgie, tout ce qui ne nous a pas réussi, tout ce qui ne nous réussira jamais, tout ce qui n’a jamais réussi à personne, c’est-à-dire tout ce qui ne pourra jamais nous réussir ». Je suis resté longtemps immobile près de cette tombe abandonnée, mon trépied sur les genoux, à la fois recueilli, hébété, silencieux. Et vide. Mon corps est froid, l’extrémité de mes doigts, glacée. Une vie défile à toute allure devant mes yeux. Ce n’est pas la mienne, mais celle de cette couronne de roses en céramique qui, sous la poussière du temps cache des os, et un son muet. Ce qui reste réellement de lui : son absence. Dans le silence suspendu, je cadre l’autre réel, de la poussière à la poussière. 

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De la poussière à la poussière…

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En toute liberté…

Tombe d’Otto Klaus Preis, 1936-2003, bronze représentant Jabel le berger, un des trois fils de Caïn de Paul Landowski, cimetière de Montmartre, Paris, gildalliere, 2021

L’allemand Otto Klaus Preis s’installe à Paris à la fin des années 1950 pour rejoindre la maison Nina Ricci où il entre comme dessinateur. De la haute couture à l’amour de l’art, il n’y a qu’un pas, franchis en 1972 quand il achète l’hôtel particulier de la nouvelle Athènes. Ce lieu d’exception deviendra l’écrin de sa collection vouée à différents artistes de la seconde moitié du XIXe siècle. À sa mort, en 2003, un jeune homme de bronze marche sur sa sépulture d’un pas résolu, la tête aimantée par la cime des marronniers du cimetière de Montmartre. Ce jeune homme représente Jabel, le berger, frère de Jubal, le poète et Tubalcaïn, le forgeron. Ce groupe de bronze qui se trouve sur la terrasse du bord de l’eau dans le jardin des Tuileries s’inspire de trois jeunes tunisiens, marchant fraternellement unis, sans aucun sentimentalisme. Dans ce brouillard de cendres, la virilité de Jabel se perd dans la contemplation d’elle même, et c’est l’azur du ciel qui colore sa course, vert-de-gris, vers l’avenir. Dans les décombres de la mort, le corps magnifique de la statue de Paul Landowski, s’expose à l’indifférence des cieux.

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En toute liberté…

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Les emmarchements de l’histoire…

Escalier de l’hôtel de Sandreville, 26 rue des Francs Bourgeois, Paris, gildalliere, 2020

En plein cœur du Marais, l’architecture classique joue un rôle essentiel. Recherche de la profondeur, succession de plans, recul pris par rapport au rez-de-chaussée, le cadrage de l’escalier de l’hôtel de Sandreville occupe tout l’espace. Le sens des pleins et des vides est dominé par la maîtrise de la perspective. Le sens des volumes et le jeu des emmarchements traduisent un emboîtement de formes ou la rigueur domine, accentuée par les jeux de lumière et d’ombre et même le léger balancement de la lanterne suspendue. La rampe est plongée dans l’obscurité pour que l’œil se concentre sur la vue de la cour intérieure, baignée de lumière. 

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Les emmarchements de l’histoire…

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Poésie urbaine...

« La fragilité épuisée prendra les armes pour seulement défendre son intimité », Josée Yvon, Jacques Grange, Jardin du Palais Royal, Paris, gildalliere, 2020

« La fragilité épuisée prendra les armes pour seulement défendre son intimité ».

Avec quel crayon écrire une phrase. Avec quelle aquarelle dessiner un jardin. Tu repères ton banc à travers les allées et c’est ton souffle qui agite les arbres. Tu es seul et les murs effeuillés du Palais Royal ne recèle aucun message. Ils ne racontent pas non plus la douleur de celui qui l’a bâti, les empoignades entre les vents rivaux sous sa fenêtre incapable de déchiffrer leurs hurlements. Deux pigeons suivent les méandres de leurs plumes sur ta page. Jacques est passé par là, déposer la citation de Josée Yvon qui habite aux confins de l’écriture québécoise.

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Poésie urbaine…

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Les courbes du temps…

MAD, musée des Arts Décoratifs, escalier, Paris, gildalliere, 2020

Bye bye 2020 et welcome 2021, mais en même temps rien a changé. Et que dire de la culture ? Que dire des courbes de la nouvelle architecture du Musée des Arts Décoratifs : le MAD ?
Dans cet espace vidé de ses visiteurs, il se dégage une puissance tellurique venue d’ailleurs. Cette écriture linéaire, précise, minimale, fluide, radicale, aérienne, montre la nostalgie d’un futur qui appartient au passé, comme un temple moderniste fossilisé dans un avenir utopique qui n’a pas eu lieu. Un décor à échelle réelle, où la fiction se mélange à la réalité. La beauté brutaliste de ce ruban de béton, atterri au milieu de nulle part, est aujourd’hui gelé par la pandémie. Pour combien de temps encore ?

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Les courbes du temps…

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L’art de la composition…

Nature morte autour de l’oeuvre de la photographe japonaise Rinko Kawauchi chez Antoine de Vilmorin

Je ne pourrais pas dire que j’ai vu quelque chose à fond si je n’ai pas cadré une image révélant un tas de détails qui autrement, ne pourraient même pas être discernés. Chez Antoine de Vilmorin, j’ai mis en scène le travail de la photographe japonaise Rinko kawauchi. J’ai saisi pour elle les détails du quotidien qui échappent souvent au trop pressé : quelques fleurs dans un vase, un livre, le reflet dans le laque d’une table vintage, un tabouret voyageur, une photo de la même artiste posée sur un parquet de buanderie. Ces objets font surgir la beauté, la poésie, l’émotion de cette petite fille encadrée qui regarde ailleurs. La palette photographique de Rinko kawauchi, son art de la composition font la part belle aux marges qui ne sont pas sans lien avec la peinture traditionnelle japonaise.

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L’art de la composition…

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Champagne…

Champagne, nature morte, gildalliere, Richard Alcock

Aujourd’hui, 1er janvier, très loin vers l’espace d’un tendre bleu pâle, la ville silencieuse tend sa grise mine en offrande. Le champagne jette au ciel ses bulles diaphanes. Il déborde des flûtes qui trinquent à la vie. Mais que te souhaiter ? Je lis dans cet or qu’il faut réparer et je te souhaite de réparer. Depuis quand n’en n’avions nous pas à ce point rêvé ? Chacun d’entre nous, au terme d’une année qui nous a confronté à la maladie, parfois au deuil, à l’incertitude, à l’isolement forcé. Réparer notre sens de l’échange, de l’émerveillement, de la fête et du partage, de l’amour, qui depuis une année se retrouve entravé. Recoller les morceaux de ce qui fonde nos sociétés éprouvées. Le geste barrière est toujours de rigueur mais le vaccin est là. Alors bonne année 2021, le beau fait du bien.

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Champagne…

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À table…

L’office, Musée Nissim de Camondo, Paris, gildalliere, 2020

C’est le réveillon, il est temps de se mettre en cuisine. Au menu : soupe de tortue géante, blinis Demidoff, cailles en sarcophage farcies au foie gras et sauce aux truffes, salade d’endives aux noix, fromages, baba au rhum et fruits confits. Le tout servi sur quelques petits vins Ruinart et autres Clos Vougeot. À ce stade, je suis à l’office et les rideaux de soie Rubelli du salon peuvent bien prendre feu, le tapis Ben Ouarain devenir marre de sang, et mes fauteuils 637 Utrecht de Rietvelt édités par Cassina, chardon ardent, je n’en ai plus rien à foutre de l’année 2020. Juste un coup d’œil sur la table, la salle est haute, agréable, bien éclairée, tout est bien servi. Ce soir tout m’indiffère. J’ai envie de planer, l’année peut s’achever, je suis déjà loin.

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À table…

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