Victoire…

Un escalier pour la victoire de Samothrace, escalier Daru, Musée du Louvre, Paris, gildalliere, 2021

Il y a La Joconde, la Vénus de Milo, et sans bras ni tête, la Victoire de Samothrace. Elle est fascinante. « De la mousseline de pierre » écrivait Champoiseau à Napoléon III. De ce corps svelte et tendu, se dégage un sentiment d’élan et de vitalité exceptionnelle. Qu’importe si les ailes déployées sont clonées, la Victoire, posée en majesté en haut de l’escalier monumental, m’accueille comme un pèlerin à Samothrace, à l’époque où elle était installée en hauteur à flanc de colline. Tout le génie du sculpteur réside là, dans un pouvoir de fascination qui traverse les siècles. 

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Victoire…

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Clair obscur …

Ombre portée, les cabines de Trouville-sur-Mer, gildalliere, mon été 2021, 2017

La beauté se réalise par la structure elle même, par l’harmonie des proportions, par celle des pleins et des vides, des ombres et des lumières. Une affirmation des volumes s’allie à une simplicité qui n’est pas toujours exempte de sécheresse, mais qui est rarement sans grandeur. Le clair obscur enlace la géométrie des années 1936. Le soleil brille enfin. Chaud devant, je respire. À deux pas du chemin des planches, les murs ont la couleur du sable fin. Une ligne colorée, bleue, dynamique, mouvante, encadre les cabines. J’ai ouvert les portes et les hublots sur la plage, et laissé entrer l’air et le soleil.

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Clair obscur …

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Et du silence, parfois, sourd une image…

La Touques, la digue, côte fleurie, Trouville-sur-Mer, Deauville, gildalliere, 2017

On ne regarde pas la Touques comme un tableau de Vuillard ou de Bonnard pour des émotions esthétiques. On la vit concrètement. Et même à marée basse, vide, sous un soleil blanc, on s’amuse à observer les mouettes affolées par les reflets de la digue dans ce qu’il reste d’eau. Ces bois noirs, verticaux, alignés mais en désordre, droits, penchés vers l’avant et vers l’arrière en disent long. Choses mates et rugueuses. Mutinées de la matité.
Et du silence, parfois, sourd une image.

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Dédié au bois précieux …

Leggio d’Orsay, Gae Aulenti, 1986, Bottega Ghianda, PhotographieRichard Alcock, Mise en scène Gilles Dallière

« Leggio d’Orsay » Gae Aulenti, 1986, Bottega Ghianda.
Dans la bibliothèque, derrière les lourdes portes tendues de velours de soie, le lutrin déplie ses cadres en poirier massif pour restituer la part de rêve qu’un livre porte en lui. Alors tout devient légitime, et le livre ouvert à une réelle valeur visuelle. Exposé, il porte en lui un potentiel émotionnel formidable et devient une extraordinaire machine à rêve.

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Les mémoires d’Hadrien…

Antinous dit Antinous d’Ecouen, favori de l’empereur romain Hadrien, copie du 18e siècle, musée du Louvre, Paris, gildalliere, 2021

« L’amour, le plus sage des dieux… Mais l’amour n’était pas responsable de cette négligence, de ces duretés, de cette indifférence mêlée à la passion comme le sable à l’or charrié par un fleuve, de ce grossier aveuglement d’homme trop heureux, et qui vieillit. Avais-je pu être si épaissement satisfait ? Antinoüs était mort. Loin d’aimer trop, comme sans doute Servianus à ce moment le prétendait à Rome, je n’avais pas assez aimé pour obliger cet enfant à vivre. »
Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien, « Saeculum aureum », 1951 Éditions Gallimard.

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Antinoüs Mondragone…

Portrait d’Antinous Mondragone, marbre, antiquités, Rome, 100 av. J.-C. -_500 ap. J.-C., musée du Louvre, Paris, gildalliere, 2021

Hier après-midi, j’ai fait la connaissance d’Antinoüs Mondragone au Louvre. Il n’a que seize ans. Sa tête s’incline en avant sous le poids de sa chevelure nocturne. Son visage est large, l’allongement de ses paupières fait paraître ses yeux obliques. Il se caractérise par sa crédulité et son ignorance. Face à moi, son attribut premier est sa beauté…Autour de moi, le silence…Antinoüs, idéaliste et exalté est mort. Il s’est suicidé à vingt ans par amour pour l’empereur Hadrien qui ne connaissait que le désir et son assouvissement. Hadrien, mal à l’aise devant la force du sentiment de son jeune amant le blesse moralement et physiquement. Éperdument malheureux il transformera cet amour en œuvre d’art n’ayant pas le droit de déprécier le singulier chef-d’œuvre que fut son départ.

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Sur les traces d’un passé glorieux…

Détail des portes des salons d’honneur de l’Hôtel de la Marine, Paris, gildalliere, 2021

Le blanc et l’or dominent sur les lambris des salons de réception de l’Hôtel de la Marine. Le vert émeraude des damas s’impose contre les tons pastels et les motifs fleuris dans l’ameublement des appartements du XVIIIe siècle. La redécouverte des formes antiques encourage la multiplication des pilastres cannelés, des chambranles surchargés, des trépieds, des cassolettes, vases à la grecque ou amours pompéiens. Tout ici donne à voir le cadre d’une société brillante. Les glands réalisés par les ateliers de passementerie Declercq sont ici tissés d’or et encadrés de lumière. 

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L’ambassade du XVIIIe siècle…

L’escalier d’honneur de l’Hôtel de la Marine, Paris, gildalliere, 2021

L’Hôtel de la Marine a été construit entre 1757 et 1774 sur les plans de Jacques-Ange Gabriel, premier architecte du roi Louis XV. Les décorateurs, Joseph Achkar et Michel Charrière, ambassadeurs du siècle des lumières, lèvent le voile sur ce chantier hors norme où le décor s’exprime en majesté. Ils sont allés dans le sens du lieu que Pierre-Élisabeth Fontanieu, intendant du Garde Meuble en fait : le premier musée des Arts décoratifs de France, où toute l’Europe se déplace pour venir voir les collections du roi. L’escalier d’honneur est une prouesse architecturale. En effet, les poussées sont rejetées sur les murs d’appui donnant sur la place de la Concorde et le passage de l’Horloge.

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L’ambassade du XVIIIe siècle…

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Le musée des études…

cour du Palais des études, École des Beaux-arts, Paris, gildalliere, 2021

Le musée des études de l’école des beaux-arts de Paris est l’aboutissement d’un projet élaboré par Félix Duban pendant des décennies et que la couverture vitrée de la cour centrale, sous la direction de son successeur, Ernest Coquart, permet d’achever. La cour affiche une forme de solidité et de mystère. Solitude hiératique, sur fond d’horizon onirique. Elle semble oubliée telle une belle endormie. Sa taille monumentale appelle vers le ciel les moulages issus des collections de l’académie depuis des siècles.

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Les années troubles…

Détail, Palais Galliera, musée, Chanel, Paris, gildalliere, 2021

Pour honorer l’incontestable icône du chic français, le Palais Galliera s’est refait une beauté. Un tel choix s’imposait puisque la maison Chanel a financé l’agrandissement du musée de la Mode de la Ville de Paris. Une rénovation de fond en comble pour rendre hommage à une robe droite, un cardigan, une marinière, un sac matelassé, une paire d’escarpins bicolores et des tailleurs en veux-tu en voilà. On y ajoute des bijoux fantaisie à porter sur une seule couleur : le noir. D’ailleurs tout est noir, la scénographie, l’histoire, sauf l’espace consacré au parfum ; le cinquième bien-sûr qui ne sent ni la rose ni le jasmin mais dont toutes les femmes du monde entier s’aspergent. « Gabrielle Chanel. Manifeste de mode » est une invitation à découvrir le style et l’élégance.

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Les années troubles…

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