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L’inde éternelle


Photo/Gilles Dallière Inde
C’est la saison sèche. La route de New Delhi à Moradabad n’est que poussière et chaleur. Dans le cours presque desséché du Gange, des milliers d’hommes et de femmes, venus à pied, s’installent et creusent de larges tranchées dans le lit du fleuve, bâtissent des maisons en terre et, dans ces jardins saisonniers, cultivent des légumes qu’ils vendent à la ville. Assis dans un fauteuil, à l’ombre, un homme indolent et vêtu de blanc, me dit en montrant de loin les fourmis humaines « They make a very good living ». Quand la mousson apporte les premières pluies, au mois de juin, le fleuve se reconstitue, parfois en quelques heures, et emporte les champs, les tranchées, les maisons. Les paysans repartent à pied jusqu’à leurs montagnes du nord. Depuis combien de temps cela dure-t-il ? Je ne sais pas. Ils reviendront l’année prochaine.

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Fils de dieu

Varanasi, Gilles Dallière2008-02-25 à 07-49-10
Photo/Gilles Dallière,Samode Palace, Inde 2008
Chaque fois qu’en Inde on laisse une personne, on a l’impression d’abandonner un moribond qui va se noyer au milieu des épaves d’un naufrage. On ne peut pas résister longtemps à cette situation, désormais, toute la route de l’Inde derrière moi est semée de naufragés qui ne me tendaient même plus la main. Rajkumar m’a touché plus que les autres parce qu’il était heureux de me protéger partout. Un bonheur qui, à ce moment, sous la lumière aux scintillements lugubres du Samode Palace, me semble insoutenable. Je n’ai rien tenté et aujourd’hui je trouve ma réaction absurde. Il était toujours là, au milieu d’un groupe de gueux et de vagabonds, frais et innocent, avec son sourire pénétrant et radieux, comme si la faim, le sommeil, la maladie, la corruption, l’horreur, n’existaient pas et n’avaient aucune prise sur lui. Il approche et il aurait suffi de lui dire « on y va » et il serait accouru comme il le fit en effet , pour se faufiler au volant de la grosse ambassador blanche, confiant et joyeux, en me regardant de temps à autre, dans le rétroviseur, avec ses yeux qui faisaient rayonner un sourire disponible, blanc, doux comme un flash de miel.

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L’odeur de l’Inde

Varanasi Gilles Dallière2008-02-25 à 07-02-27

src= »https://gildalliere.com/wp-content/uploads/2014/03/2008-02-25-c3a0-07-02-27.jpg » alt= »Varanasi Gilles Dallière2008-02-25 à 07-02-27″ width= »681″ height= »1024″ class= »aligncenter size-full wp-image-4728″ />
Photo/Gilles Dallière/Varanasi, Inde, 2008
Selon toute hypothèse, au départ, le caractère intouchable doit avoir une signification hygiénique. Il suffit d’aller en bateau sur le Gange pour constater ce que sont devenues ces ablutions. Dans l’eau du Gange, on plonge les cadavres avant de les brûler, dans l’eau du Gange, on jette non brûlés mais alourdis de deux dalles, les saints, les varioleux et les lépreux, dans l’eau du Gange, flottent tous les immondices et charognes d’une ville qui pratiquement est un lazaret, puisque les gens viennent y mourir. Et dans ces eaux on voit des centaines de personnes qui se lavent avec soin, en s’y plongeant benoîtement.

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Le luxe des matières


Soleil, musique, voyages, Éric Gizard a toujours évolué dans un monde de beauté, de couleurs, de contrastes. Et parce qu’il sait regarder, il a photographié des lignes, il a osé tirer sur la couleur, il a joué avec la lumière. 70 petits formats qu’Antoine Boccardo intègre dans l’espace de sa galerie a la fin du mois de mars. 70 petits formats qui nous dévoilent le délié, le plein, la mesure, la démesure et l’amour qu’il garde pour l’espace, les espaces. Le talent et la vision d’Éric ne s’arrêtent pas là. Il met en scène sa dernière collection de meubles avec un raffinement exceptionnel. Son sens des couleurs et de la perfection témoignent d’une attention particulière aux matières. Le cuir, le marbre alvéolé, l’aluminium, ce mélange de fantaisie et de rigueur forment un ensemble qui fait parti d’un tout. La table, la console, les guéridons, le tapis, le canapé, les lampes qu’il édite sont dessinés avec rigueur. Chaque élément vibre et rehausse la beauté des autres. L’élégance d’Éric est unique et pour la comprendre il convient d’aller au-delà de la transparence des lignes. Sa réalité est plus subtile. Il se bat avec son temps et cette collection va lui permettre de gagner le difficile pari de créer son propre style tout en restant attaché a l’art décoratif et contemporain des créateurs du XXe et du XXIe siècle.
MATIÈRES
ÉRIC GIZARD
MOBILIER, TEXTILES, LUMINAIRES E T PH O T O G R A P H I E S
GALERIE ALB ANTIQUITÉS ANTOINE BROCCARDO
EXPOSITION DU 28 MARS A U 2 6 A VR I L 2 O 1 4
OUVERTE TOUS LES JOURS S A U F L E D I M A N C HE DE 1 1 H O O À 1 9 H O O LE LUNDI DE 14HOO À 19HOO
3, RUE DE LILLE.75007 PARIS
O1 47 034 558 – INFO@ALBANTIQUITES.COM
http://www.albantiquités.com
http://www.ericgizard.com

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La dernière visite de chantier

Art décoratif Gilles Dallière 2006-03-14 à 15-18-38
Photo/Gilles Dallière/Musée des Arts Décoratifs, 2006
Franchir les portes closes de ce musée encore en travaux, il va bientôt réouvrir, gagner la confiance des gardiens du temple, se faire accepter dans leur intimité, une longue mise à l’épreuve imposée à l’étranger que je suis, au capteur d’images procédant à un repérage des lieux. Je me perds dans les couloirs, les escaliers loin de ces rendez-vous savamment organisés, ces errances quotidiennes qui vont faire qu’ici la première grande soirée sera bel et bien mise en scène par moi. J’en étais fier.

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Itaparica, mon amour

Salvador de Bahia, Gilles Dallière
Photo/Gilles Dallière/Itaparica au large de Salvador de Bahia, 2012
Il s’agit, évidemment, d’une disproportion presque inhumaine dans les rapports avec la réalité. Dans ces villages construits avec n’importe quoi au milieux des disettes et des épidémies, cette ile nous à enchantée puis traumatisée. Les gens s’enferment dans la vie familiale à laquelle ils donnent une importance absolue : pleins d’enfants, ils en cultivent la douceur, leur douceur mise à l’épreuve se perpétue dans la douceur tendre de leurs enfants et le cercle se referme ainsi, non sans bassesse ni sans égoïsme. Ce cliché reste un souvenir sympathique, il est certain que nous avons très mal manger mais ces trois adolescents étaient très drôles et franchement si vous observez la position du garçon, vous allez vite comprendre qu’il était encore plus féminin que ses soeurs.

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Des bugnes à Mardi gras

Les bugnes de Sébastien Gaudard
Photo/Gilles Dallière
Il faut être d’origine lyonnaise pour connaître la bugne. Elle a bercée toute mon enfance à mardi gras. Sébastien Gaudard en fait comme à lyon et je vais vous dévoiler la recette.
Ingrédients
750g de farine
7 oeufs
180g de sucre semoule
150g de beurre mou
1 litre d’huile
2 zestes d’orange
1 cuiller a cafe de sel fin
200g de sucre glace
Préparation
Fouettez le beurre dans un saladier 3 minutes. Ajoutez y le sucre, le sel et les zestes d’oranges puis les œufs entiers un à un. Tamisez la farine et terminez la pâte à la main. Laissez reposer au moins une heure au frais. Farinez une planche à pâtisserie, divisez la pâte en 5 morceaux.
Etalez sur 2 mm d’épaisseur. Farinez encore la surface de la pâte. Découpez des bandes de 5 cm de large, puis coupez les en triangle. Incisez le centre.
Chauffez l’huile, plongez y les bugnes 3 par 3, remuez avec une spatule en bois et laissez les dorer 2 à 3 minutes. Egouttez les sur du papier absorbant.
Saupoudrez de sucre glace avant dégustation.
C’est mieux qu’une crêpe et l’autre possibilité, c’est d’aller les acheter chez Sébastien, vous ne le regretterez pas.
http://www.sebastiengaudard.fr

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Lisbonne

Lisbonne Gilles Dallière
Photo/Gilles Dallière, Lisbonne, 2007
« Retentissent, il doit y en avoir huit, que je ne compte pas, les coups marquant une heure de plus à un clocher ou une horloge solennels. Je m’éveille de moi à cause de cette banalité qu’il existe une heure, claustration que la vie sociale impose à la continuité du temps, frontière dans l’abstrait, limite dans l’inconnu. Je m’éveille de moi et, posant mon regard sur tout cela, à présent plein de vie et d’humanité coutumière, je vois que la brume est sortie du ciel tout entier, sauf cette part de bleu qui dans le bleu fluctue de n’être pas encore vraiment du bleu, je vois qu’en moi elle a en vérité pénétré jusqu’à l’âme, et qu’en même temps elle a pénétré jusqu’à l’intérieur même de toutes les choses, qui est ce lieu par quoi elles sont en contact avec mon âme. J’ai perdu la vision de ce que je voyais. Aveuglé de voir. Je sens désormais dans la banalité du savoir. Cela n’est désormais plus la réalité : c’est simplement la vie. »
Fernando Pessoa

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