La design week de Milan est bien la foire la plus importante du moment et certainement la plus influente au monde. Elle s’organise dans toute la ville, plus de 500 présentations qui nous font beaucoup courir. Le principal est à Rho, le temple des grands éditeurs et Euroluce où la lumière cette année était reine. Dans le centre les créations flottaient dans l’air. On passe l’incontournable Zona Tortona pour s’échapper à Lambrate. Voilà une petite sélection du quartier de Ventura Lambrate. Place aux jeunes pousses, à la création, on sort du conformisme, on y réfléchie, on y attend de la surprise, de nouvelles expériences. La promenade est amusante, l’humour y est partout, on y rencontre du monde et il y avait urgence à inventer des territoires d’étonnement. Une autre histoire, même dans ce petit bistrot près de l’église qui nous transporte des années lumières dans la différence.
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Du bronze à l’âge de pierre
C’est presque une exclusivité puisque cette série « Méditerranée » sera exposée au salon du meuble à Milan du 14 au 19 avril prochain. La base en bronze de ce petit guéridon supporte tout le poids d’un marbre dont les veines s’enroulent autour de son piètement, version épurée. Tout en discrétion, le travail d’Olivier Gagnère associé au savoir faire de Promemoria ne joue pas les coups d’éclat. Il n’y a plus d’effets de style, fini les anneaux, ici le vrai luxe est une affaire de composition. Le minutieux dosage d’effets du noir Marquinia, du vert Guatemala, du brun Medicea ou du blanc de Carrare en font ressortir toute la modernité. Le marbre a bien sûre cette qualité fictionnelle, ni souple, ni chaud, mais plus riche de possibilités sensibles.
http://www.promemoria.com
En verre et contre tout
Photos/Iitalia
Qui n’a pas un vase de la célèbre collection d’Alvar Aalto pour Iitalia ?
Créé en 1936, le voilà détrôné par Ronan et Erwann Bouroulec. La marque finlandaise présentait à Maison & Objet « Ruutu », une collection en verre soufflé née de la collaboration entre Iitalia et les frères Bouroulec. Dix vases disponibles en cinq tailles et sept couleurs. Délicate, c’est la superposition des transparences qui en fait un véritable atout décoratif. Entre 99 et 289 € chaque vase demande le travail de sept artisans verriers pendant 24 heures. A nous d’avoir le génie de composer cette précieuse palette de couleurs pastel et là les fleurs n’auront pas le dernier mot.
Non, « Inaho » n’est pas une lampe d’intérieur, c’est un rêve lumineux inspiré par des tiges de riz se balançant au gré du vent dans les rizières asiatiques… Une œuvre d’art quoi !
Hideki Yoshimoto et Yoshinaka Ono, du studio Tangent, sont les inventeurs de ce concept qui unit la plus haute technologie à une approche naturelle, celle du mouvement de l’air. Grâce au socle constitué d’un micro-contrôleur, les diodes électroluminescentes fermées dans une feuille dorée, perforée, se balancent au bout d’une tige de carbone flexible comme les oreilles de riz (inaho en japonais). La lumière s’éteint délicatement en fonction du passage des gens, une interconnexion sur la relation de l’homme à l’objet, véritable coup de foudre de la Gallery S. Bensimon au charme innovant du design japonais !
Et que la rigueur de la saison ne condamne pas la folie poétique de ces tiges pleines de sève généreuse, il faut toujours qu’il y ait devant nous une perfection. Le rêve qui flotte ici, en lignes indécises, a le coût qu’il mérite.
http://www.gallerybensimon.com
Épis d’or
L’échappée belle…
© 2015 LE DÉAN PRIEUR. TOUS DROITS RÉSERVÉS LE DÉAN PRIEUR.
Christelle Le Déan et Stéphane Prieur imaginent des objets, des meubles, du textile pour la maison, riches de fantaisie.
Une échappée belle qui met en jeu le sens d’un savoir faire artisanal et régional. Le Déan Prieur c’est une rencontre d’exception entre le design et la main autour d’un produit unique qui place la marque de fabrique au premier plan. La directrice de la Maison M, Caroline Tossan-Covillard expose jusqu’au 28 février : le lit à baldaquin « Etxe » en noyer français et cuir pleine fleur aniline. Le patch du drap de laine des coussins, brodé au point de chaînette est une déclaration de perfection. Le cabinet « Module » rend hommage aux meubles d’entomologistes, les éléments de verre et de marbre en font un meuble parfaitement évolutif. Le paillage du fauteuil « Manech » est entièrement réalisé à la main. L’assise en cuir pleine fleur d’« Ozeano » prend le large d’Espelette. La veine impulsive du marbre de la table « Striato » répond à la matité du piétement directoire. « Quaker » cligne de l’œil à l’esprit pionnier américain quand « Gascogne » se revendique française. Le noir de la table basse « Lagune » peut suffire à faire naître des envies de départ.
Une réponse évidente au monde industriel qui n’a pas la tête dans les étoiles.
Maison M, 25 rue de Bourgogne, 75007 Paris
http://www.maisonmparis.com/
http://www.ledeanprieur.com
Ils sont les partenaires privilégiés de Le Déan Prieur et travaillent dans les Landes, en Basse-Navarre ou en pays Bigouden.
http://www.chaiserielandaise.com
http://www.labarere.com
http://www.gurea-meuble.com
http://www.litnational.com
http://www.leminor.com
On souffle dur au royaume du cristal de Bôhème
Sous l’influence de Pavel Weiser son jeune directeur artistique, Verreum vise à relancer la fabrication artisanale du verre mercurisé. Grâce aux meilleurs artisans, le nitrate d’argent coule entre les parois d’un verre soufflé dont les formes sont dessinées par la crème du design local et international. Vases, tasses, verres, chandeliers, lampes, mêlent leurs effets optiques sous la mine graphite de Sebastian Herkner, Arik Levy, Karim Rachid, Sebastian Bergne, entre autres. Leurs formes simples et réfléchies réinventent le verre de Bohême. C’est l’incroyable chorégraphie des souffleurs de la manufacture de la République Tchèque qui inspire la collection « Reverso » de Sacha Walckhoff. Un pari réussi pour ce directeur de création qui crée une épure très éloignée de la riche diversité de son travail pour la maison Christian Lacroix. Des produits inattendus qui se retournent et s’assemblent entre sulfure d’argent et transparence d’un verre kaki mordoré et bleu cobalt, émeraude et grenadine, bronze et gris fumé.
http://www.verreum.com
Le design et Kartell : à table !
En avant première du salon du meuble de Milan, Kartell se met enfin à table. Davide Oldani, chef étoilé, traduit une version très particulière de la cuisine autour des quatre saisons. Les assiettes « bone china white » portent son empreinte digitale pour mieux nous servir. Patricia Urquiola fait du Patricia Urquiola. Sans surprise, elle utilise une matière plastique brillante, colorée et transparente. Il est impératif d’associer les couleurs pour rester d’actualité, voir mélanger ce service à la collection « Variations » qu’elle a dessiné pour Baccarat. Le mélange du plastique au cristal doit incarner une relation entre la lumière, la transparence et la réfraction très intéressante. Mon préféré c’est « Namaste » créé par Jean-Marie Massaud qui fait ses débuts chez Kartell. La collection est minérale, le design asymétrique, les couleurs vont du noir mat au gris en passant par le beige et l’orange. Les assiettes peuvent être assorties où désassorties et quand je parle d’assiettes je devrais dire le set de trois. J’aimerais organiser un tête-à-tête uni en contraste sur une table blanche, un seul bémol, son prix : 200€ pour un dîner d’amoureux, ça fait cher le plastique, même si la recherche technologique et la matière sont de première qualité. En même temps, quand on est amoureux on ne compte pas.
http://www.kartel.com
Ça, c’est de la lampe
Jacques Barret, à la tête de la galerie Triode fut l’un des premiers à exposer en France le design américain. Aujourd’hui, Les luminaires moléculaires de Roll & Hill, fondés en 2010 à Brooklyn par le designer Jason Miller, rayonnent dans le show-room de B&B grâce à Brigitte Silvera pour notre plus grand plaisir. Le chic absolu : c’est cet esthétisme dépouillé, qui sculpte l’espace. Ces luminaires hors du commun, créés par un groupe de designers indépendants : Lindsey Adelman, Fort Standard, Bec Britain, Paul Loebach, Lukas Peet, Jonah Takagi, Philippe Malouin, Rich Brilliant Willing et Rosie Li, domptent la lumière. De vrais bijoux de laiton brossé, d’aluminium articulé, de bois, et de verre composent des atmosphères singulières et fantasques. Une culture du fait-main qui module à l’infini la forme mais qui n’en fait pas un produit bon marché, on s’en doute bien. Il y a dans l’amour du luxe un rapport au temps, Roll & Hill est une marque qui s’inscrit dans le temps.
http://www.rollandhill.com
http://www.silvera.fr/b&b-italia-store-paris_42.htm
Gio Ponti : La poésie de l’épure
ABC Italia réédite la surprenante collection de tapis de Gio Ponti. Designer, architecte, éditeur, universitaire, peintre et écrivain, il est reconnu comme le père du design de la renaissance post-guerre italienne. Il prête son génie créatif pour créer cette collection précieuse, nouée main au Népal. Il mélange les matières premières de qualité comme la laine, l’aloès, le chanvre, et la soie. Ces tapis sont le reflet d’un travail autour de la géométrie, une harmonie entre forme, couleur et fonction, qui est l’essence même du mouvement moderniste de l’époque. Jamais trop épurés, leur graphisme coloré est fait pour mettre en valeur un mobilier de haute facture, symbole de la sophistication du design Italien. Une collection qui fait mouche et libère de belles émotions.
http://www.abc-oriental.com
Le sculpteur de lumière
Il faut un certain aplomb à Michael Anastassiades pour jongler de la sorte avec la lumière. Flos a relevé le défi. Des sphères en verre de 30 et de 20cm semblent glisser sur une tige de laiton satiné prodigieusement équilibrée. « IC Lights », disponible en lampe de table, suspension, lampadaire et applique, est une collection de lignes, épurées au maximum qui frôlent le domaine de l’art. Tout le secret du designer chypriote est là, dans sa capacité à faire se rencontrer la Poésie et la recherche méticuleuse des matériaux et de la technologie qu’il utilise pour ses créations.





