TRY TO GET WHAT YOU LOVE OR YOU'LL BE FORCED TO LOVE WHAT YOU GET
Archives de Catégorie: Clichés/collection
Dédié au bois précieux …
Leggio d’Orsay, Gae Aulenti, 1986, Bottega Ghianda, PhotographieRichard Alcock, Mise en scène Gilles Dallière
« Leggio d’Orsay » Gae Aulenti, 1986, Bottega Ghianda. Dans la bibliothèque, derrière les lourdes portes tendues de velours de soie, le lutrin déplie ses cadres en poirier massif pour restituer la part de rêve qu’un livre porte en lui. Alors tout devient légitime, et le livre ouvert à une réelle valeur visuelle. Exposé, il porte en lui un potentiel émotionnel formidable et devient une extraordinaire machine à rêve.
Statue funéraire et honorifique de Marcellus, Grand-Palais, gildalliere, Paris, 2014
« Nathanaël… Nathanaël Apprends à te baisser Jusqu’aux insuffisances et jusqu’aux limites des résignés Et à te hisser bravement Au-dessus des toises des prétentions des possédants Quand à ta propre mesure, néglige-la toujours Parce qu’elle grandira assez d’elle même De ta compassion pour tous les êtres et toutes les choses Que tu guideras prudemment depuis le fond de ton cœur savant ».
Poème de Philippe Siméon, Photo Gilles Dallière, LE LIVRE DES INVOCATIONS, chapitre III, LE CYCLE DE NATHANAËL, aux éditions St. Honoré. Parution fin juillet.
« Tu t’es lovée Comme une perle entrouverte Pudique et résignée Comme la nacre de tes ailes L’éther n’avait plus besoin de belles cantilènes Le musc s’évadait de la seule bouche de l’air qui t’aime Mais ce visage reflétant ensemble l’amour et la détresse Révélait-il un paysage d’ombre surgi du fond de la tristesse ? »
Poème de Philippe Siméon, photo Gilles Dallière, LE LIVRE DES INVOCATIONS, chapitre IV ; DIALOGUE AVEC LA GRÂCE, aux éditions St.Honoré. Parution fin juillet.
Antinous dit Antinous d’Ecouen, favori de l’empereur romain Hadrien, copie du 18e siècle, musée du Louvre, Paris, gildalliere, 2021
« L’amour, le plus sage des dieux… Mais l’amour n’était pas responsable de cette négligence, de ces duretés, de cette indifférence mêlée à la passion comme le sable à l’or charrié par un fleuve, de ce grossier aveuglement d’homme trop heureux, et qui vieillit. Avais-je pu être si épaissement satisfait ? Antinoüs était mort. Loin d’aimer trop, comme sans doute Servianus à ce moment le prétendait à Rome, je n’avais pas assez aimé pour obliger cet enfant à vivre. » Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien, « Saeculum aureum », 1951 Éditions Gallimard.
Portrait d’Antinous Mondragone, marbre, antiquités, Rome, 100 av. J.-C. -_500 ap. J.-C., musée du Louvre, Paris, gildalliere, 2021
Hier après-midi, j’ai fait la connaissance d’Antinoüs Mondragone au Louvre. Il n’a que seize ans. Sa tête s’incline en avant sous le poids de sa chevelure nocturne. Son visage est large, l’allongement de ses paupières fait paraître ses yeux obliques. Il se caractérise par sa crédulité et son ignorance. Face à moi, son attribut premier est sa beauté…Autour de moi, le silence…Antinoüs, idéaliste et exalté est mort. Il s’est suicidé à vingt ans par amour pour l’empereur Hadrien qui ne connaissait que le désir et son assouvissement. Hadrien, mal à l’aise devant la force du sentiment de son jeune amant le blesse moralement et physiquement. Éperdument malheureux il transformera cet amour en œuvre d’art n’ayant pas le droit de déprécier le singulier chef-d’œuvre que fut son départ.
Détail des portes des salons d’honneur de l’Hôtel de la Marine, Paris, gildalliere, 2021
Le blanc et l’or dominent sur les lambris des salons de réception de l’Hôtel de la Marine. Le vert émeraude des damas s’impose contre les tons pastels et les motifs fleuris dans l’ameublement des appartements du XVIIIe siècle. La redécouverte des formes antiques encourage la multiplication des pilastres cannelés, des chambranles surchargés, des trépieds, des cassolettes, vases à la grecque ou amours pompéiens. Tout ici donne à voir le cadre d’une société brillante. Les glands réalisés par les ateliers de passementerie Declercq sont ici tissés d’or et encadrés de lumière.
Œuvre du sculpteur Etienne-Jules Ramey (1796-1852), Thésée combattant le Minotaure, marbre, 1821-1827, hommage au photographe allemand Herbert List, jardin des Tuileries, Paris, gildalliere, 2021
Thésée, ta présence commence là où finit ton corps. Au royaume de Trézène, tu apprends que tu es le fils d’Égée, souverain d’Athènes. Tous les neufs ans, Minos, roi de Crète, exige de ton père un sacrifice pour lui épargner la colère de Zeus : sept jeunes hommes et sept jeunes filles doivent être jetés en pâture au Minotaure. Ta voix, tes yeux, ton front, tu ne peux pas être plus nu, ton glaive affronte, encore plus noir que son ombre, la redoutable créature. Le Minotaure meurt et ton corps redonnera de l’humanité aux personnages de marbre saisis dans leur pureté polie par le temps et immortalisé par le photographe allemand Herbert List à qui je rends hommage.
Les coucous de Chadwick Rantanen, hôtel particulier, Grand Ménage, Paris, gildalliere, 2021
La galerie bruxelloise et new-yorkaise Clearing a présenté le week-end dernier une exposition des œuvres de trente cinq artistes à Paris. Ce projet baptisé « Grand Ménage » dépoussière un magnifique hôtel particulier du 7e arrondissement chargé des stigmates du passé. Dans la chambre, sur une tapisserie cramoisie les coucous de Chadwick Rantanen marquent le temps qui passe.
Pour honorer l’incontestable icône du chic français, le Palais Galliera s’est refait une beauté. Un tel choix s’imposait puisque la maison Chanel a financé l’agrandissement du musée de la Mode de la Ville de Paris. Une rénovation de fond en comble pour rendre hommage à une robe droite, un cardigan, une marinière, un sac matelassé, une paire d’escarpins bicolores et des tailleurs en veux-tu en voilà. On y ajoute des bijoux fantaisie à porter sur une seule couleur : le noir. D’ailleurs tout est noir, la scénographie, l’histoire, sauf l’espace consacré au parfum ; le cinquième bien-sûr qui ne sent ni la rose ni le jasmin mais dont toutes les femmes du monde entier s’aspergent. « Gabrielle Chanel. Manifeste de mode » est une invitation à découvrir le style et l’élégance.
Galerie avec vue, Bourse de Commerce, collection Pinault, Paris, gildalliere, 2021
J’aime les fenêtres, les portes, les seuils, les passages étroits, ceux qui sont obscurs, mais à travers lesquels on rejoint la lumière du soleil, l’architecture, la coupole de la bourse de Commerce, collection Pinault ; l’extase certainement.