L’Hôtel Biron…

Hôtel Biron, musée Rodin, détail de la rampe d’escalier, Paris, gildalliere, 2020

Derrière les encorbellements de l’escalier monumental de l’Hôtel Biron, construit entre 1728 et 1730 par l’architecte Jean Aubert, il y a un contre-champ, une rigoureuse mis en scène, un clair-obscur à la géométrie kafkaïenne. La maîtrise en est troublante. Face au penseur de Rodin, l’ocre vibrant du mur se taille un franc succès. La légèreté du relief creusé dans le mur comme un œil borgne repose sur la sobriété formelle de la ligne de fer forgé suspendue à la lumière qui lui confère une apparence presque éthérée.

Clichés/adresses, Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances

L’Hôtel Biron…

Image

Mis en valeur…

Le brut du musée des Arts Décoratifs, MAD, Paris, gildalliere, 2020

Le soleil glisse de salons en galeries. On a raclé les murs, on a emporté les boiseries, les stucs, les corniches, les rosaces. On a modifié la forme même des pièces. Les parois, nettes de toute moulure, sont en béton “work in progress “, comme si on avait supprimé le mot fouillis du vocabulaire du musée des Arts Décoratifs, le MAD. L’escalier est aussi nu que sa structure est pâle. Il s’enroule autour d’un axe astiqué, décapé, débarrassé de toute brillance. Il fait face à la lumière…Autour, des articles, des couvertures, des photographies, des tenus iconiques, des accessoires, racontent les 150 ans de mode du mythique HARPER’S BAZAAR. Il est à noter qu’à l’heure où la communauté noire clame haut et fort les injustices raciales qu’elle subit, le célèbre magazine de mode américain vient d’embaucher sa première rédactrice en chef noire : Samira Nasr.

Clichés/adresses, Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances

Mis en valeur…

Image

L’impératrice des Français…

Joséphine, impératrice des français, 1865 par l’artiste Vital-Gabriel Dubray, Versailles, gildalliere, 2020

Je me suis attardé au château de Versailles pour voir le soleil éveiller les statues. J’y ai croisé une femme qui cherchait L’empereur sur la toile de David « le sacre de Napoléon ». Je pense qu’elle ne l’a pas encore trouvé. Joséphine, « impératrice des Français », sculptée en 1865 par l’artiste Vital-Gabriel Dubray, m’invite à me laisser guider du calme au tumultueux, du grandiose au pittoresque, du sévère à l’aimable, du contraint au naturel. Le mystère demeure un peu flottant parmi les effluves embaumées des jardins. On comprend l’amour et ses nuances infinies de sensualité tendre et infiniment harmonieuse liant d’un seul corps et âmes, ce couple d’une étoffe exceptionnelle. Devant la beauté restaurée et très dévoilée de cette femme émancipée, je suis touché par cet intense, dense et miroitant sentiment qui enveloppa ces deux êtres

Clichés/architecture, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

L’impératrice des Français…

Image

Le trait…

Escalier du jardin due l’hôtel Salé, Musée national Pablo Picasso, Paris, gildalliere, 2020

J’ai refait cette image avec mon M 10 R. L’espace était interdit au public mais la direction du musée m’a permis de pouvoir shooter cet escalier dans la lumière de l’ombre. Je définis ma relation à la photographie comme relevant d’une expérience : expérience de la marche, expérience de l’espace. Le cadrage crée l’espace. Il crée l’espace nécessaire pour révéler la fragilité et la richesse de la surface sensible : la main courante. La lumière s’y accroche, s’y faufile, s’y glisse, traverse où se heurte à la surface de l’architecture. Une recherche de l’épure et de la composition. Un monochrome noir qui révèle une observation attentive d’un intérieur urbain. J’ai fait surgir le blanc, c’est à dire la lumière.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/photos

Le trait…

Image

L’effet de réel…

Fenêtre, volets, musée des Arts Décoratifs, MAD, Paris, gildalliere, 2020

La chaleur est écrasante. Derrière les persiennes déglinguées la lumière est brutale, et comme le plafond est bas, le trait illumine l’espace. La moindre trace d’ombre se réfugie dans les coins. Je cherche en vain dans toute la pièce l’ombre fugace. Mon regard ne rencontre que des murs blancs, et le sol à la française dessine comme une mosaïque qui s’impose aux yeux comme une lithographie fraîchement imprimée. L’air frais entre en pure perte, chargé d’un vent brûlant.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos

L’effet de réel…

Image

Jeux d’ocres…

le palais Laascaris, Nice, gildalliere, 2016

le palais Lascaris, Nice, gildalliere, 2016


Photo/Gilles Dallière/Palais Lascaris/Nice

Dans ce palais pittoresque, perdu au cœur du vieux-Nice, les dissonantes et âpres notes baroques nous mènent dès l’entrée à l’escalier monumental. Entourés d’arcades de marbre, de trompe l’œil et de statues, les murs aquarellés d’ocre rose répandent un jour mystérieux qui invite à la méditation. Et même si les pierres s’étiolent distillant un charme fugace, c’est un bijou de grand seigneur italien.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/voyage

Jeux d’ocres…

Image

Madame de…

Les moulures d'un salon orienté, gildalliere, Paris,2018

Les moulures d’un salon orienté, gildalliere, Paris,2018


Photo/Gilles Dallière/Richard Alcock/Paris

Au XVIIe siècle, ce qui faisait la différence entre une femme et une précieuse, c’était l’esprit, et que pour porter ce nom, il était absolument nécessaire qu’une personne en ait, ou affecte de paraître en avoir. J’aime l’idée qu’elle pourrait faire salon dans cette pièce aux murs patinés gris perle, encadrés par de fines baguettes d’or. Elle s’allongerait sur cette dormeuse en velours violine, posée là, sur un épais tapis à grandes rosaces. En face, sur la cheminée, deux bergers de Watteau se conteraient fleurette au-dessus d’une pendule rocaille aux côtés de laquelle deux amours bouffis supporteraient une touffe de lis disposée en candélabre. Il y a surtout ce meuble syrien marquetté de nacre qui s’impose. Tout cela est un peu futile, peut-être, mais de bon ton, et l’absence de ces petits riens coûteux qu’on nomme bibelots, prouve que Madame de, est une femme de goût.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances

Madame de…

Image

Guillemets…

L'étagère, Cythère, gildalliere, 2013

L’étagère, Cythère, gildalliere, 2013


Photo/Gilles Dallière/Cythère/Grèce

Un rayon de soleil enrichit le regard. Il dessine, précise, embellit une architecture brutaliste et authentique. Entre le monde et moi, je mets de temps en temps des guillemets, et je ne permets pas au monde de les franchir. Mais, de temps à autre, j’aime découvrir un bel objet, le reconnaître et, ouvrir la parenthèse m’inspire.

Céramique, Clichés/architecture, Clichés/collection, Clichés/décoration, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Guillemets…

Image

Le muscle et l’effort…

Terrassier au travail, Alfred Boucher, 1850-1934, le muscle et l'effort, gildalliere, musée Galliera, Paris, été 2020
Photo/Gilles Dallière/Terrassier au travail, Alfred Boucher, 1850-1934, le muscle et l’effort/Musée Galliera/Paris

Un homme nu émerge d’un bloc de marbre sculpté par Alfred Boucher. Une conversation étonnante entre la duchesse de Galliera et le terrassier au travail. Avec son décor nouvellement restauré la coquette est consciente de son élégance citadine devant ce nu idéal, ce corps au travail qui nous convie à rebrousser le temps. On ne reste pas indifférent face à l’homo-érotisme du terrassier. Alfred Boucher met en avant la musculature du corps. Les veines saillantes attirent l’attention sur l’effort fourni, les mollets sont frappants de précision, le sexe est dévoilé, et le visage hiératique semble montrer que rien ne détournera l’homme de sa besogne jusqu’au mouvement de la pelle qui se courbe sous l’effort. À la faveur de sa réouverture le 1er octobre, le palais Galliera, musée de la mode de la ville de Paris, présente la première rétrospective en France d’une couturière hors-normes : Gabrielle Chanel.

Clichés/architecture, Clichés/collection, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances

Le muscle et l’effort…

Image

La belle époque…

Escalier, 1900, 29 boulevard des Batignoles, Paris, gildalliere, 2020

Escalier, 1900, 29 boulevard des Batignoles, Paris, gildalliere, 2020


Photo/Gilles Dallière/Boulevard des Batignolles

C’est sous les larges bords de pierre que la lumière de l’ombre entre en scène. Dans cet escalier du Paris des années folles, je promène mon regard sur les volutes de fer forgé qui voilent la clarté d’un ciel à la poursuite des nuages. Je frôle l’étrange, le paradoxe, l’inquiétant. J’invente des histoires de personnages naviguant dans l’océan des nuances de gris. La ligne est limpide, directe, libre. Elle module les tentions d’une ronde d’iris noirs qui se croisent, se chevauchent, se contredisent pour mieux souligner le style de la belle époque.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances

La belle époque…

Image