TRY TO GET WHAT YOU LOVE OR YOU'LL BE FORCED TO LOVE WHAT YOU GET
Archives de Catégorie: Clichés/architecture
À la lumière de la pluie…
Le palais de Tokyo, un jour de pluie, Paris, gildalliere, 2020
Ce matin, à la lumière d’un jour de pluie, le temps fuit. Je regarde le reflet de l’architecture dans ce qu’il reste d’eau dans le bassin de la fontaine du palais de Tokyo totalement asséché et dans un état de délabrement avancé. Ce matin, je refais le monde, je fuis l’évidence pour glisser sur une flaque d’eau, sur un bout d’espace révélé qui devient le mien.
Ombres portées, l’automne, les murs de l’Orangerie, le jardin des Tuilleries, Paris, gildallière, 2020
Le mur de l’Orangerie du jardin des Tuileries s’offre, silencieux. C’est le contraste des lignes qui domine, et une fois encore le noir, sec, profond, qui fait naître cette atmosphère digne de l’illustration d’une féerie. Un monde inattendu se manifeste, fait de courbes, de taches, de flous, s’organisant en une rigoureuse structure visuelle faite de lignes et de cadrages serrés et précis. Le simple et l’essentiel sont une conquête, le résultat d’une recherche consciente. Qu’il s’agisse d’un mur, d’une ombre, d’un arbre, le sujet identifiable dans la réduction à l’essentiel de ses formes fondamentales est à la fois réel et d’invention.
L’ile d’Or, le Dramont, Saint-Raphaël, gildalliere, 2020
Les chatoiements de l’île d’Or font rêver. En 1909 Gustave Dhyeux écrit : Île d’Or ! Île de chimères ! Île de songes très lointains… Île rose ! Île de lumière, Que l’eau de lazulite enceint. Telle qu’une touffe de roses Dans l’ardente mer bleue éclose Elle apparaît, radieux îlot Où vient se câliner le flot. On voit, à l’aube, sur cette île Un léger scintillement d’or, Alors que Phébus ne profile Que des bigarrures, encore. Mais surtout elle est l’île rose, Lorsque du soleil s’y repose. Île de rêve, où pour mourir, Il serait doux de s’assoupir.
Il n’existe peut-être pas de lieu au monde qui convienne mieux à la photographie que la mer, ainsi que son exact contraire, le désert. Même si la photo est limitée par le plongeoir de la plage des bains militaires, la mer est toujours plus vaste que l’image. Elle est comme une religion. Je ne mets rien en scène. J’observe : l’écume d’une vague sur le rocher, le vent qui souffle plus ou moins fort, l’homme qui rame sur son paddle autour de la balise, l’accord des tonalités des couleurs pastel et la mer qui s’ouvre devant moi, pour moi. Et de nouveau le vide se fait immense.
Les ruines du restaurant « Coquillages er Crustacés », le chemin des Douaniers, Nice, soleil couchant, gildalliere, 2020
Au-dessus du chemin des douaniers, le restaurant « Coquillages et Crustacés » est en ruine. La proue de son bateau ivre déchire l’air de la Méditerranée. Personne ne vient ici. Les bois de la terrasse ont une odeur très forte d’urine et d’algues mélangées. Seul le bateau vogue. La houle monte. Elle se courbe à l’horizon. Derrière la Baie des Anges, les signaux lumineux se dispersent. La lumière transperce presque les vagues. Tout coule dans la pénombre mordorée d’une brise vagabonde. Je vois le ciel duveté de douceur aspirer le bleu outre-mer et moi, je suis l’écume qui blanchit la lourde coque de la chaloupe éventrée.
Le garage, ombre et lumière, contre-jour, Saint-Raphaël, gildallière, 2020
La ténébreuse solitude de ce drap accroché à la porte fenêtre du garage me fait rêver de cinéma. Alors on se fait une toile ? Au-delà du tissu, face à la piscine, au lac, et à la mer, le monde est étendu d’eau. Le vide s’est installé. Les murs n’ont pas gardé la voix des objets. Le décor est planté. Seul le contre-jour se tend avec le soleil. Il regarde passer la lumière, observe le nuage blanc des yeux et peu importe si l’envers n’est pas conforme à l’endroit, il s’obstine à multiplier ses illusions sur la faïence de la salle. Le temps passe. L’ombre fuit. Les murs ne l’ont pas retenu. Ils l’accompagneront jusqu’au soir. Alors là, les personnages pourront enfin prendre chair. Que le spectacle commence…
Les extravertis d’Eric Raffy, villa Alfonsa, le Dramont, Saint-Raphaël, gildalliere, 2020
À la villa Alfonsa, Éric Raffy s’est lancé dans une exploration visuelle autour de la transsexualité. D’immenses portraits colorés expérimentent l’outrance et la sensualité. Dans leurs yeux exagérés, sur leurs bouches pulpeuses, des poussières de bleu, de rose, d’orange, de jaune, s’accrochent au gris bleuté du mur. Ces hommes suspicieux apparaissent et disparaissent selon leurs humeurs. Ils égrènent les noms des visiteurs qu’ils voient passer. Près du bureau, ceux tombés du cadre colmatent de leur salive les fissures du temps. Leurs silences tassent les meubles dessinés par l’architecte designer avec élégance. Celui-ci m’observe à travers le claustra, il m’appelle dans un bruit de toile froissée, tête posée sur le désert d’un châssis vierge, le soleil couchant le colore en rouge et au moment de partir, je lui promets de revenir. Merci mes amis.
La tempête sur la terrasse de l’hôtel des Roches Rouges, le Dramont, Saint-Raphaël, gildalliere, 2020
Dès que je l’ai vu se dresser, quelque chose s’est déchiré en moi, un voile est tombé, une porte s’est ouverte, je me suis senti inondé par cette vague de lumière. Le grand bleu monte au ciel, il touche les nuages. Il couvre la terrasse et le bassin de nage de l’hôtel « Les Roches Rouges ». Il n’y a plus de silence. La fureur emporte tout sur son passage. Les silhouettes résistent. Les formes frémissent. Les couleurs s’assombrissent. La vague crie, elle gronde, elle hurle, elle divague et les choses qui hier étaient là, aujourd’hui n’y sont plus.
Entrée de la villa Alfonsa, réflection, gildalliere, 2020
En toile de fond Sandrine et Éric Raffy. À l’origine, la Villa Alfonsa, posée sur les hauteurs de la plage du Dramont face aux lacs des Carriers et à l’île d’Or. Au commencement, des projets d’architecture, du design, une famille recomposée, des souvenirs qui s’étirent au fil du temps qui passe. À l’arrivée, le rêve moderne d’une Méditerranée méritée. En conclusion, trois appartements et une maison privée, un décor où les gris glacés de vert de Nadine dessinent mille et une perspectives d’une richesse infinie. Les portraits fantasmés d’Éric, conscients de leurs élégances citadines « ex-travesties » que caressent amoureusement les réflexions des miroirs anonymes et des jeux de lumière. In fine, un clic, une réservation, un bol d’air et le confort d’une maison d’hôtes emportée par une soif de création qui n’a pas de frontière.
Le tunnel de la plage du Dramont, le passage, gildalliere, 2020
Dans la nuit souterraine de la plage du Dramont, tu marches, le regard vide à la recherche de quelque chose, dont tu ne connais même pas la nature. Dans le ciel de tes jours, les incessants nuages reflètent des ombres suffocant l’air que tu respires. Je vais bien. Quant à toi, jour après jour, tu vis sans vivre, tu subis au lieu de ressentir, tu marches sans avancer. Alors attends. Je suis là. Octobre est là. C’est bientôt ton anniversaire, n’éteins pas tes bougies abruptement avec tes doigts. Souffle plutôt sur elles en ayant toujours un souhait en tête. Un espoir. Tu peux rêver aussi grand que tu désires. C’est cela le secret de la vie.