Passage Choiseul…

Réflexion sur le passage de Choiseul, Paris, gildalliere, 2021

Nés au tout début du dix-neuvième siècle, les passages couverts ont proliféré jusqu’en 1850, époque où ils présentaient une série de prouesses architecturales comme la construction en fer et en verre nécessaires à l’édification de leur élément fondamental, la verrière. La nouveauté urbaine constituée par la possibilité de se déplacer à pied sec dans un Paris inondé de boue, l’innovation de l’éclairage au gaz en contraste avec les rues sombres, allait de pair avec une nouvelle définition de la ville, dont les passages étaient le joyau et la miniature. Luxe, richesse, éclairage, étalages, miroirs : la foule s’y donnait à elle-même en spectacle. Contemporains de la flânerie et du dandysme, conceptions tout autant sociales que culturelles, ils incarnaient aussi l’avènement du commerce élevé au rang d’art. Aujourd’hui, Passage Choiseul tout ça a bien changé.

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Passage Choiseul…

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L’envers du décor…

l’interdit de la basilique du Sacré Coeur, butte Montmartre, Paris, gildalliere, 2021

Derrière le décor monumental de la basilique du Sacré-Coeur, en poussant une porte interdite, je me suis retrouvé plongé dans le silence du monastère. Le silence est gardien de la parole et des pensées. Il ne s’agit pas d’un vœu de silence proprement dit, mais la parole est réservée à certaines occasions : rencontres avec les supérieurs et accompagnateurs spirituels, réunions communautaires et échanges relatifs au travail. Le silence relatif des moniales fait partie intégrante de leur vie spirituelle. En évitant de prononcer des paroles inutiles, elles restent ouvertes et disponibles à la prière solitaire devant Dieu. Mais là elles m’ont viré.

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L’envers du décor…

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À la recherche de la culture…

Les arènes de Montmartre, Paris, gildalliere, 2021

Théâtre des années noires, la métamorphose de l’ombre et de la lumière convenue pour évoquer ces années de guerre et d’occupation en France, sied particulièrement aux arènes de Montmartre. À l’origine, elles furent créées par une association de quartier nommée « les P’tits Poulbots » en 1941. Cette dernière avait pour objectif de venir en aide aux enfants en difficulté du quartier. Très librement inspirées des arènes de l’antiquité, elles me font toujours voyager dans le temps. Si ce lieu montmartrois est peu connu, c’est qu’il est accessible seulement lors d’événements culturels. Aujourd’hui il n’y a plus de culture.

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À la recherche de la culture…

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Il est l’or…

Méditation à la Schwedagon, Yangoon, Birmanie, Nyanmar, gildalliere, 2005

Au pied de la schwedagon, immense pyramide en forme de cloche, il y a de l’or partout ; auprès et au loin, de l’or se détachant sur de l’or. Tout autour se groupent en cercle une multitude de choses aussi follement dorées et aussi pointues, qui toutes s’amincissent en flèches dans l’air. On dirait presque des bosquets de longs ifs d’or ; mais ce sont des pagodes d’un luxe inouï, entièrement brillantes depuis le faîte des clochetons jusqu’au sol. Les birmans, en adoration souriante, avec des gardénias plein les mains, font lentement le tour de cet amas de joailleries, par une voie circulaire qui, du côté extérieur, est bordée d’autres pagodes aussi toutes en or, et qui est close au-delà, un peu sombrement, par l’épais rideau vert des feuillages, par les grandes palmes et les éventails du bois. Sous le ciel vert du soir où s’effilent des petits nuages couleur de braise rouge, la robe pourpre des bonzes s’incline dans l’attente de jours meilleurs.

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Il est l’or…

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L’équilibre…

Le vélo birman, Birmanie, Nyanmar, Bagan, gildalliere, 2005

L’immobilité des choses n’est que pure apparence. Et si la mémoire est nécessaire pour donner du sens aux choses que je perçois, la force de cette composition réside dans un état d’équilibre miné par l’inquiétude. J’ai voulu montrer que la simplicité n’a pas de permanence, qu’elle est l’éclosion sans cesse recommencée des apparences. Ces murs se voilent d’un jus coloré inadéquat en ce sens que le ton choisi n’a aucun rapport avec le lieu évoqué. Ce vélo, ce banc, ces ouvertures d’où personne ne nous regarde, évoquent le « délavement » dû au ruissellement de la pluie pendant la mousson. Mais ils sont aussi comme des miroirs à longue mémoire à force d’absorber tant de regards distraits, résonné de tant de cris, de soupirs et de conversations. Cette image à hérité d’une âme.

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L’équilibre…

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L’air turquoise…

Au détour de la Pagode Shwezigon, Bagan, Birmanie, Nyanmar, gildalliere, 2005

Autour du temple, j’ai copié tes yeux, ton sourire, ta grâce, ton élégance. Ton bébé, comme un petit chat surpris, s’échappe de ton ombre. Il est midi. C’est l’heure où les oiseaux font la sieste dans les arbres. C’est l’heure où les insectes déchirent le bord de chaque nouveau silence avec leurs bourdonnements. Les bonzes dans la pagode sortent un à un et la brise de l’air fait un écho à leur méditation. Le vent, couleur turquoise, penche la tête et le jardin s’incline dans un parfum de fleurs.

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L’air turquoise…

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Liberté…

Regard sur la Pagode Shwezigon, Bagan, Birmanie, Nyanmar, gildalliere, 2005

Tout est là, pêle-mêle, hier il y a eu environ 38 morts et des milliers de blessés en Birmanie. Situé à l’orée du village de Nyaung Oo, la pagode Shwezigon, couverte d’or, est le principal temple de Bagan. Je me suis assis, sans faire de bruit, derrière un vieux moine. Son ombre s’écaille sur le mur. Et tandis que je regarde tout cet or, la peur me saisit. Ces montagnes de métal scintillant m’environnent de tous côtés comme un sourire militaire, terrifiant, dur, silencieux, qui ne change ni ne bouge si bien que mon corps se met à trembler. Cet or n’a pas besoin de la lumière, ni du ciel. Il ne désire même pas la vie. Dans ces éternelles ténèbres, il demeure dur et brillant pour toujours. Je veux sortir de cette prison dorée. Je veux la lumière et le ciel. Je veux la liberté.

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Liberté…

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À l’ombre d’un sourire…

De l’ombre à la lumière, temple de Thatbyinnu, Bagan, Birmanie, Myanmar, gildalliere, 2005

Comme je m’endormais dans l’ombre des couloirs du temple Thatbyinnyu, le bouddha m’a prêté sa lumière. Son visage, blanc de tant de nuit, comme la lune quand elle est ronde, se tourne vers moi. Il me surveille du coin de l’œil. Je presse le pas entre les étages avec plusieurs ombres à mes pieds, nus. Je ne sais malheureusement pas laquelle suivre. Les carreaux de ciment, glacés, jettent sur les traverses leurs motifs par abondance, et l’odeur de l’encens se répand plus clair au fur et à mesure que je glisse. Le grand bouddha est au bout du couloir, à mi-chemin de mon amour et de son sourire.

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À l’ombre d’un sourire…

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Le sourire du bouddha…

Bouddha de Manuha,Bagan, Birmanie, Myanmar, gildalliere, 2005

Le kitschissime et gigantesque bouddha de Manuha est serré dans ses murs, coincé. Il rêve, les yeux grand ouverts, de s’évader entre les deux pages d’un livre, sur tant de feuilles déjà noircies, et sur ces feuilles toutes blanches qui ne seront jamais écrites que dans les songes d’un roi, dernier souverain du royaume de Thaton, monté sur le trône entre 1030 et 1057. À l’heure où les matins diaphanes se déplient, il faut monter haut, très haut dans le temple pour apercevoir par la fenêtre de sa chambre, son sourire et sa lumière comme de l’or sur ses paupières roses. S’il pense, je l’entends. S’il bouge, mon cœur bat. S’il parle, je respire l’air qui entoure sa poitrine, et si seulement il me touche, je deviens transparent.

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Le sourire du bouddha…

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Couleur rubis…

Le bouddha rouge, Bagan, Birmanie, Myanmar, gildalliere, 2005

Se perdre dans une pagode birmane, c’est se perdre vraiment, ne plus du tout savoir où l’on est, se retrouver bloqué par un mur et s’agacer, ne plus retrouver son chemin et se désespérer. Heureusement il y a la lumière. Au bout de la nuit, il est là, assis en lotus, la main droite posée au sol, la main gauche, paume vers le ciel, contre son abdomen. Les épaules tombent naturellement, comme effacées et rejetées en arrière. La pointe de la langue touche le palais. Sous sa couronne d’or, son regard se pose de lui-même à environ un mètre de distance. Il est en fait porté vers l’intérieur. Les yeux, mis-clos, ne regardent rien, même si, intuitivement, il voit tout.

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Couleur rubis…

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