Clichés/design

« Light and Space » XL


La lumière s’affirme comme le thème majeur de Ludovica+Roberto Palomba. Chez Foscarini, la famille « Rituals » compte maintenant une suspension extra-large. La poésie et la légèreté des différentes déclinaisons s’inspirent des lanternes japonaises traditionnelles créées dans les années cinquante par Isamu Noguchi. Elles vont se servir de l’espace, l’occuper, le montrer. L’effet de meulage du verre satiné obtenu grâce à un processus industriel et les lignes horizontales d’épaisseur différente et apparemment aléatoires filtrent et modulent l’intensité de la lumière. Ces sculptures jouent sur la transparence et l’immatérialité, posant la question de leurs limites en tant qu’objets. Seules ou en composition elles invitent la lumière, l’air et le regard à circuler librement dans l’espace. C’est ce vide qui est modulé par ces périmètres lumineux même lorsque les lampes sont éteintes.
http://www.foscarini.com
http://www.palombaserafini.com

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Clichés/design

Il Maestro…Gio


Certains vont rire, mais j’assume. Architecte et designer industriel avant l’heure, Gio Ponti, (mon préféré), a mené une carrière unique en participant de manière active au renouveau du design italien d’après-guerre. Né à Milan en 1891, il débute son activité d’architecte au sein de l’agence d’Emilio Lancia et Mino Fiocchi. Directeur artistique de 1923 à 1930 pour Richard Ginori (c’est Paola Navonne aujourd’hui), fabricant de céramiques, il adapte l’ensemble des créations de l’entreprise à la production en série et conçoit des pièces néoclassiques couronnées d’un grand prix à l’Exposition Internationale des Arts décoratifs de Paris en 1925. Il lance Domus, revue d’architecture aujourd’hui encore publiée et dont il fait une référence internationale. En 1930, il crée pour Fontana des meubles et des luminaires. Il construit l’Ecole de mathématiques de l’Université de Rome (1934), le premier immeuble pour Montecatini (1936), les ensembles d’appartements « Domuses » à Milan (1931-36). De 1946 à 1950, il conçoit pour Venini des bouteilles, des verres, des lustres, dont un chandelier multicolore en verre de Murano. En 1948, il réalise la célèbre machine à expresso la Pavoni dont les cylindres chromés évoquent l’univers industriel. Les années cinquante sont les plus prolifiques de sa carrière : avec Piero Fornasetti, il crée du mobilier, des aménagements intérieurs néoclassiques. Au même moment, Idéal Standard lui confie la conception d’une gamme de sanitaires. Dès 1955, la chaise Superleggera conçue pour Cassina, toujours en production aujourd’hui, entre dans toutes les salles à manger d’Italie : fabriquée en frêne, inspirée du mobilier traditionnel des pêcheurs de Chiavaria, village d’origine de Ponti, son design à la fois classique et ultra moderne ainsi que son poids-plume (1,7 kg) lui ont valu le Compasso d’Oro de 1957, prestigieux prix que Ponti a d’ailleurs contribué à créer. On retrouve cette association de tradition et de modernité dans la célèbre Tour Pirelli (127 m de haut, et un bon repère pour ceux qui se perdent à Milan), conçue en 1955 avec l’ingénieur Pier Luigi Nervi. Dans les années 1960 et 1970, Ponti crée les façades « en dentelle » de la cathédrale de Taranto (1970) et de la chapelle de l’hôpital de San-Carlo à Milan (1967). En collaboration avec les fabricants de céramique, dont Pozzi et d’Agostino, il mène des expérimentations sur les revêtements et réalise les façades du musée d’art de Denver (1971) et celle du magasin Shui-Hing de Singapour (1978). Je suis un inconditionnel, sans oublier Palladio (encore un italien) et Ledoux (qui lui, n’a pas eu de chance avec Haussmann).
http://www.gioponti.com/

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Archiportrait Richard Meier par Federico Babina
Illustration/Federico Babina

« Le blanc est l’emblème éphémère du mouvement perpétuel. Le blanc est toujours présent mais n’est jamais le même. »

Richard Meier

Clichés/citations

Archiportrait : Richard Meier

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Clichés/décoration

L’expression à fleur de peau

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Bousculant les matériaux et démultipliant les concepts, la bruxelloise Agnès Emery s’intéresse de plus en plus au cuir. On y retrouve toujours un je-ne-sais-quoi du Maroc ou de l’Inde avec cette touche très personnelle et haute en couleur, qui fait la force de son univers. Elle montre l’étendue de son talent avec ces poufs en peau de chèvre, comme un troupeau éparpillé dans le paysage de ses magasins. De drôles de chaises en fer forgé, aux allures de vaches nous montrent les cornes. Entrechoquant les modes, elle brode la peau de couleurs vives. Toutes ces formes incarnent le style Emery & Cie, décomplexé et décoratif, en totale opposition au design minimal. Le cuir a toujours fait parti de son univers, ajouré, excisé, tressé, il accompagne cette expressionniste, créatrice d’espaces et de mobilier consciente de son époque et tournée vers le monde de l’esthétique.
http://www.emeryetcie.com
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Clichés/expositions

Une Rome de marbre


Photos/Gilles Dallière, Paris, 2014
Tous le monde se précipite voir les expositions de Robert Mappelthorpe et de Bill Viola au Grand Palais. Entre les deux, Auguste règne dans toute sa splendeur de 63 avant J.-C. à 14 après J.-C. (une trotte quand même). Il faut bien dire que par son courage, il a surmonté son âge. L’exposition nous raconte l’enfance dans une famille modeste. Le temps des vengeances, et Antoine le rival, « il n’est pas bon qu’il y ait plusieurs Césars ». L’avènement d’un âge d’or qui passe par ses femmes, « Livie, souviens-toi de notre union. Adieu », ses enfants, « Applaudissez, la pièce est jouée » jusqu’à l’envers du pouvoir. Je n’ai jamais pu resté assis par terre 24 minutes voir tant de vidéos de Viola un peu trop longues à mon goût, et du coup, je me suis pris pour Mapplethorpe, chez Auguste, empereur de Rome sans avoir un gardien aux basques. Franchement ça vaut le détour.
Moi, Auguste, empereur de Rome
Grand Palais, Galeries nationales
19 mars-13 juillet
http://www.grandpalais.fr

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Archiportrait Norman Foster par Federico Babina
Illustration/Federico Babina

«En tant qu’architecte, on conçoit pour le présent, en ayant conscience du passé pour un avenir qui est essentiellement inconnu.»

Norman Foster

Clichés/citations

Archiportrait : Norman Foster

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Clichés/photos, Clichés/voyage

hercule et Cacus Florence  copie
Photo/Gilles Dallière Florence 1998
Après la clôture de l’exposition sur les dessins de Polidoro de Caravaggio, s’ouvre une nouvelle présentation dédiée à un maître italien de la Renaissance tout aussi « fascinant mais difficile », selon la très juste expression trouvée par Carel van Tuyl dans son remarquable essai d’introduction au catalogue. Le Louvre a en effet décidé de mettre à l’honneur Baccio Bandinelli (1493-1560), souvent relégué à l’arrière-plan d’une scène florentine qu’on estime dominée par Pontormo ou Cellini. Et malgré les louanges de Vasari, passé par son atelier, l’historiographie a construit son jugement à partir d’un quiproquo. Définissant avant tout Bandinelli par rapport à Michel-Ange, la critique a durablement fait de notre artiste un malheureux rival, un épigone maladroit, un pâle reflet du « divin » génie. On s’en doute, le parti pris de l’exposition va à l’encontre de ce postulat1, en montrant l’importance et l’originalité d’un maître du disegno, sculpteur et peintre, favorisé par les Médicis durant toute sa carrière. Et franchement la plastique est magnifique.

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Clichés/décoration

Des couleurs happy days.


Photos/Thomas Dhellemmes/Style/Véronique Villaret
Véronique Villaret vient de créer la première ligne de papiers peints pour Maison M. Les murs délaissent enfin les motifs floraux, elles retournent dans les vases, et optent pour une énergie graphique, un crayonné rose poudre, jaune acide, bleu orage, vert forêt, violet-violette et rouge corrida agrandi à l’échelle d’un lé entier. Véronique a donc repris ses crayons et d’un geste instinctif le trait s’impose comme un motif abstrait. Les lignes sont vivent, les couleurs en se mélangeant deviennent percutantes. La collection « Céleste » est peu conventionnelle et pour Véronique un lé c’est une idée, une mise en architecture artistique monochrome ou multicolore qui souligne l’espace et les objets qui s’y accordent, il dynamise l’architecture classique blanche au tracé rigoureux. Une collection branchée et presque survoltée.
http://www.maisonmparis.com

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Clichés/design

Et la lumière fut


Photos/Frank Hülsbömer
Flos refait la lumière sur l’œuvre du vénitien Gino Sarfatti. Il a probablement été le plus grand designer italien de la lumière entre 1939 et 1973. Il travaille la forme, entre le concept abstrait et celui plus concret de la quantité de lumière qu’il a à sa disposition avec une ampoule. Il travaille autour de l’ombre, de la lumière utile : l’éclairage d’un plan, l’éclairage d’un tableau, l’éclairage du plafond. Il ne crée pas des lampes, il projette la lumière vers l’extérieur. Elle est pour Gino Sarfatti étincelante, glorieuse, voire romantique. C’est sa capacité de réflexion qui est la chose la plus importante à ses yeux. Il habille la source lumineuse de poésie, il ne veut pas être designer mais l’artisan de « l’appareil d’éclairage » car il ne sait pas ce que c’est une lampe industrielle. Voici donc l’édition n°1 de Flos : le modèle 1063 produit par Arteluce est un lampadaire à lumière directe ou réfléchie, un fin tube en aluminium laqué blanc ou noire. Le modèle 1095, est un lampadaire à lumière indirecte sur une tige en tube d’aluminium laqué gris ardoise. Le modèle 607, est une lampe de table à lumière directe constituée d’un disque diffuseur et d’une base en forme de parallélépipède incliné en aluminium laqué blanc et gris caviar. Le modèle 548, est une lampe de table à lumière réfléchie et diffuse, avec un projecteur orientable fixé sur un tube en laiton poli, la vasque est en méthacrylate blanc, bleu ou orange. La suspension « monte-et-baisse » n° 2129 est orientable à 360° sur le plan horizontal. Flos « Re-éclaire » Gino Sarfatti.
http://www.flos.com

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Archiportrait Zaha Hadid par Federico Babina
Illustration/Federico Babina

« Je me suis senti limitée par la pauvreté du traditionnel principe de dessin architectural et j’ai recherché de nouveaux moyens de représentation. »

Zaha Hadid

Clichés/citations

Archiportrait : Zaha Hadid

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