Le mendiant…

La mendicité, Varanasi, Inde, gildalliere, 2008

La poussière vole. Les fanions multicolores flottent sur les ghats de Varanasi. Le ciel remue. L’homme est venu vers moi, sans identité et il m’a donné ce que je cherchais, rien que le cercle argenté posé au creux de sa main. Rien qu’une lumière dans l’ombre. Bien sûr, c’est de la roupie de sansonnet, mais ce rien réconcilie la mort à la vie. Il a posé pour moi, tendu sa peau brûlée par la misère et j’aurais aimé dérober les étoiles du ciel pour les lui offrir. C’est sa douleur qui a empli mon être tout entier.

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Le mendiant…

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À l’abri du regard…

Le mouroir, Varanasi, Inde, gildalliere, 2008

Max Chaoul le 1er décembre, Valéry Giscard d’Estaing hier soir : ma jeunesse fout le camp. Il existe une loi dans le monde. C’est une loi de renoncement. Elle est dure et intransigeante. À l’abri de mon regard cet homme attend la mort. À cause du courant d’air, je vois voler au vent ce qu’il reste de sa pudeur : un morceau de dhoti blanc. Je vois le soleil dérober son ombre qu’il abandonne à même le sol. Je vois son pied doré hésiter à se poser sur le bout de sa couche. J’entends sa dignité. Les heures cheminent à pas feutrés sur le sentier de la mort. Le silence devient lumière. Il est réel, il est douceur et c’est sa douleur qui se cache dans le vide de sa vie.

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À l’abri du regard…

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L’arbre de vie…

L’arbre de vie, Varanasi, Inde, gildalliere, 2008

Le temps est infini dans tes mains. Les jours et les nuits passent, les âges s’épanouissent et puis se fanent comme des fleurs. Cet arbre de vie indien, il est pour mon ami Max Chaoul, étoile de la couture lyonnaise, parti trop tôt d’un cancer foudroyant hier. Max et Clémentine, Clémentine et Max, un couple unique, mythique. Le parler de mon cœur désormais va se poursuivre dans les murmures d’une prière. Tu as taillé la soie, agrafé l’organza, disposé les dentelles et les fleurs de tes robes de mariée dans le monde entier et aujourd’hui tu viens de déposer pour toujours cette couronne nuptiale avec dignité et élégance. Ce soir, je ne souhaite qu’une chose : c’est que Clémentine, que je serre très fort sur mon cœur, trouve la force de faire régner cet empire où le soleil ne se couchera jamais. 

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L’arbre de vie…

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L’étreinte de la liberté…

Tâches ménagères, Varanasi, Inde, gildalliere, 2008

La vie est une île que l’infini effleure d’une étoile filante. Le matin a fermé ses yeux, inattentif aux courants d’eau. Un voile épais s’étend sur l’azur du ciel. La lumière s’anime sur le rivage du monde de la réincarnation. L’air sans fin s’immobilise au-dessus des ablutions. Les vagues chargées de morts tourbillonnent et le pâle éclat de la rive sourit. 

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L’étreinte de la liberté…

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Les yeux dans le vide…

Le Gange, Varanasi, Inde, gildalliere, 2008

Le calme et la paix sont là dans les eaux profondes du Gange, si vaste que le ciel épris d’espace et de bleu s’y est mis. Les yeux dans le vide, j’observe les vaches saintes, cambrées sur la terre rafraîchie par la blancheur des cendres des crémations. De tous ses feux le jour s’incline, les vagues glissent sur le ciel à ma rencontre, ma double vie m’attend dans les plis de la nuit, car c’est ici que mourir veut dire s’éveiller de la vie à la vie.

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Ablutions…

Le ghat du maharaja de Varanasi, Inde, gildalliere, 2008

Loin des infobésités de notre monde, je regarde le fleuve sacré charrier ses flots sous un ciel lointain. Son courant indifférent file en bordure des pensées foisonnantes de mes jours et de mes nuits. Au pied des marches, l’eau s’éclaircit. Le sable se voit au fond, et la pâleur des fastes épuisés des ghâts du palais du maharaja ne la trouble guère. Le matin est arrêté, interdit, et le ciel blafard semble fermer les yeux sur les ablutions silencieuses des indiens.

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Respiration…

Les ghats de Varanasi, Inde, mendiant, gildalliere, 2008

Respiration … Sur les chats de Varanasi, j’ai choisi un texte de Rabindranath Tagore, tiré de « L’universalité de l’homme » juillet 1912-1929.
« Ici tes pieds reposent où vit le très pauvre, l’infime et le perdu. Si je tente de m’incliner vers toi, ma révérence ne parvient pas à cette profondeur où reposent tes pieds parmi le très pauvre, l’infime et le perdu. Où ne hante jamais l’orgueil, là tu marches dans la livrée de l’humble, parmi le très pauvre, l’infime et le perdu. Mon cœur jamais ne trouvera sa route vers où tu tiens compagnie à ceux qui sont sans compagnon, parmi le très pauvre, l’infime et le perdu ». 

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Respiration…

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Il était une fois...

Chambre avec vue, hôtel Oberoi, New-Delhi, Inde, gildalliere, 2007

De la grande baie à trois ouvertures de ma chambre d’hôtel qui donne sur la rive occidentale de la Yamunâ et la campagne environnante, surplombant le golfe, j’ai une vue étendue sur la ville. Le matin est cadré, capté. Un matin sensible, fragile. L’image improbable de ce qu’est la pollution à New-Delhi. Dans ce flou artistique, comme incrusté ou plutôt niellé dans l’épaisseur de la brume, le mausolée de Humayun apparaît au centre d’un grand jardin dessiné et flanqué aux angles de quatre tourelles de grès rouge. Les années comme les fleurs se fanent, et leur souvenir, comme un parfum s’efface.

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Il était une fois…

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Un an déjà…

Maman, avril 2019, gildalliere, Nice, 2019

Un an déjà, et quelle année !
La Covid 19, le confinement-déconfinement-reconfinement , la crise économique, Trump, le Brexit, la méga-explosion de Beyrouth que tu aimais tant. Le terrorisme et la dépression généralisée. À ton air surpris je vois bien que tu ne comprends pas ce que je veux dire, et tu as bien raison. Reste bien là où tu es : heureuse. Quant à moi, je vais me contenter de cette image. Tu es en blanc pour ne pas porter la grisaille de la vieillesse. Mon œil à façonné la douleur qui s’était installée dans tes yeux pour atteindre une beauté toute proche de l’éternité. Tu me regardes, tu m’intimides tant le vert de ton iris déborde. Ton visage est un miracle. Il est le miroir de ton âme. Aujourd’hui, il est ma mémoire.

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Un an déjà…

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De l’air…

Graffitis, Barriol & Dalliere, Andrézieux-Bouthéon, gildalliere, 2012

Un matin, j’ai glissé à l’intérieur du vide des usines Barriol & Dalliere. Dans cet étrange intervalle, je restais immobile devant ces murs, captivé par la beauté de l’architecture ouvrière, par une soudaine perspective, où les formes et les couleurs vous sourient. Et puis il y avait le dessin de cette tête étrange, homme, femme. Une sorte d’épouvantail, cancrelat de sortilège, poisson-sorcier. Il y avait du vaudou dans l’air. Du coup, cette tête prenait l’aspect menaçant d’un rite. Elle m’a jeté un sort.

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De l’air…

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