A l’automne des saisons, l’architecture grandit

Fondation Cartier, architecture, gildalliere, 2017
Photo/Gilles Dalliere

C’est l’automne devant la fondation Cartier pour l’art contemporain. Les feuilles rapetissent devant la transparence trompeuse de la façade. Face à ce mur de verre, les arbres dévorent l’architecture, son entrée, ses couloirs, ses escaliers, la chaleur, les froids, les espaces et les non-espaces comme pour s’en débarrasser.

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A l’automne des saisons, l’architecture grandit

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Les lignes

Epure, Kérylos, gildalliere, 2017-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dalliere

Elles courent, elles tirent, elles soulignent les murs maculés de blanc, elles se croisent dans l’azur du ciel sans jamais se rencontrer. Les frises et les palmettes s’amusent de cette rigueur du peu et du fragile. Depuis 100 ans, elles surlignent l’architecture classique, précieuse et sophistiquée de la Villa Kérylos. #Architecture#lines#classical#dream#photography📷#blackandwhite#gildalliere#leicam240#villakérylos🌀☀️

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Les lignes

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Masséna

Famille Murat, Nice, gildalliere, 2016-Modifier.jpg

Photo/Gilles Dalliere

Le très académique escalier du Palais Masséna. Sur la toile marouflée de François Flameng le maréchal est représenté statufié entre deux colonnes entouré du prince de la Moskova, du duc d’Elchingen, de la princesse d’Essling et de son père, du duc de Rivoli, de la duchesse d’Albufera, des princes et princesses Murat, de Madame d’Attainville et d’Eugénie Bonaparte, princesse de la Moskova. L’habileté de coloriste de Flameng, sa maîtrise dans le rendu des tissus et sa capacité à imiter les maîtres du XVIIIe siècle comme Nattier affirmèrent sa notoriété de portraitiste au point même de se retrouver emprisonné par ce succès jusqu’à la fin de ses jours.

 

 

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Masséna

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Il n’y a pas de règles d’or

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A Milan, les ors « 24 carats » de la nouvelle Fondation Prada imaginée par Rem Koolhaas, font fureur. Dans le quartier sud de la ville, l’agence OMA a transformée une distillerie datant de 1910, tout en y ajoutant trois nouveaux buildings : l’un dédié aux expositions, l’autre au cinéma, le troisième à la restauration. Un superbe écrin, multiple et anti-monumental, formant un tout parfaitement cohérent malgré sa nature hautement hétérogène. Les détails architecturaux sont soignés, du marbre au sol en passant par l’aluminium alvéolé des murs. Mais je me pose une question : dans ce dédale aux allures de Cinecitta, où se cache l’art contemporain ? Nous regardons de loin l’installation de la collection Miuccia Prada accrochée touche à touche dans une gigantesque pièce. Dommage que l’on soit si loin, trop loin, pour admirer le superbe Barnett Newman, l’étonnant Frank Stella, jaune d’une vingtaine de centimètres, le face à face d’un Picabia et d’un David Hockney et quelques autres perles. L’installation devient-elle une œuvre d’art ? Un prétexte, peut-être, pour légitimer un système déréglé depuis longtemps. Quels en sont les choix artistiques ? Ils naviguent entre style industriel et principe industriel de l’art contemporain. Dans l’ensemble la fondation Prada de Milan se veut l’un des lieux majeurs de l’art contemporain européen, elle mise beaucoup sur l’architecture sans sortir du sillage de l’art commercial.

Photos/Gilles Dallière

 

Fondation Prada : Largo Isarco 2, 20139 Milan

 

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Il n’y a pas de règles d’or

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Clichés/voyage

La grâce du béton

Saint Joseph, le Havre
Photo/Gilles Dallière/le Havre/juillet 2015

« La colonne est le plus noble organe de l’architecture ».
Auguste Perret
De terre ou de mer son clocher domine, véritable symbole de vie. Amer, il guide le marin ; point de repère, il permet de se situer dans la ville, phare spirituel il se dresse, pointé vers le ciel comme pour mieux accompagner l’élévation de la prière.
Édifice emblématique de la reconstruction du centre-ville du Havre, chef-d’oeuvre d’Auguste Perret, l’église Saint-Joseph est le dernier monument que distingue le passage lorsqu’un peu nostalgique il s’éloigne de la côte et le premier, rassurant, qu’il perçoit à son retour. De l’intérieur, très attaché aux correspondances entre les arts et les matériaux, Perret fait appel au Maître-verrier Marguerite Huré. Elle va utiliser le verre antique soufflé à la bouche à Saint-Just-sur-Loire – j’y suis né – irrégulier d’épaisseur et très nuancé. Auguste Perret et Marguerite Huré jouent du mouvement du soleil. Les reflets, quand il fait beau habillent le béton, le font vivre et vibrer pour ne pas dire chanter. J’ai découvert l’audace de l’architecture de cette église, de la ville, le week-end dernier et je comprends qu’elle soit inscrite à l’inventaire des monuments historiques. C’est vraiment un des chefs-d’oeuvres du XXéme siècle.

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Photos/David Foessel

PNY, le fameux restaurant à burgers s’installe dans le Marais, sa troisième adresse parisienne. On ne change pas une équipe qui gagne : même carte, même concept, même architecte et pourtant tout à bougé. l’agence CUT-Architectures mise sur les couleurs pastel, du rose, du bleu ciel. des tubes néons colorés soulignent l’architecture métallique tout en se reflétant dans les miroirs situés derrière le métal déployé du bar et de l’escalier. Les lignes de fuite sont étudiée avec une précision extrême. Les suspension et les appliques sont faites sur mesure. le marbre blanc du sol est incrusté d’éclats de verre. L’architecture en devient presque Art Déco et les mélanges couleur et bois sont audacieux. Côté carte, les hamburgers sont toujours au rendez-vous avec un petit nouveau « Indochine mon amour » qui se mange froid et qui sera parfait cette été. Une escapade amusante dans un Haut Marais qui bouge terriblement bien.
PNY : 1 rue Perrée
75003, Paris
http://www.pny-hamburgers.fr
http://www.cut-architectures.com

Clichés/adresses

Paris New York, suivez le guide.

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Les architectes de la Tate Modern de Londres et du stade olympique de Pékin, HERZOG & DE MEURON viennent d’achever la première boutique MIU MIU au coeur du quartier AOYAMA à TOKYO . Un bâtiment plus opaque que transparent, presque intime, qu’il faut vouloir découvrir. 720 m2 sur deux étages cachés sous un vaste auvent en bordure de rue. Sans logo ni repère la façade est lisse comme un miroir et c’est sous cette pente surdimensionnée que la boutique devient visible. Le vert des brocarts marque tout l’espace. Le cuivre extérieur et intérieur reflète cette couleur emblématique. Dans ce quartier où prolifère les marques de luxe, l’architecture est hétérogène. Jacques Herzog et Pierre de Meuron y ont posé une boîte dont la couverture s’ouvre légèrement pour y marquer l’entrée et permettre aux piétons de regarder à l’intérieur. C’est dans cette transparence que tout devient vivant.
http://www.miumiu.com

Clichés/adresses

Secret Story

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eglise-entre-les-lignes-01

Cette église est une véritable œuvre d’art qui se transforme en fonction de l’angle de vue de celui qui la regarde. « Reading Between the Lignes », est son nom, elle a été conçue par le groupe d’architectes « Gijs Van Vaerenbergh » dans la campagne de Looz en Belgique. Cette œuvre architecturale est composée de 100 couches d’acier empilées et décalées à égale distance. La structure devient tantôt pleine, parfois ajourée, voire transparente comme un mirage. Les curieux qui regarderont de l’intérieur de l’église vers l’extérieur seront les témoins d’un jeu de lignes jouant sur les abstractions et qui devraient modifier leur perception de l’environnement. L’église et le paysage font partie inhérente de l’œuvre. Entre le visible et l’invisible il ne reste plus qu’à la consacrer.


http://www.gijsvanvaerenbergh.com

Clichés/interiors

Vu sous cet angle, Dieu existe

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Hôtel Salé
Photo/Gilles Dallière/Paris/2014

Après cinq ans de travaux et plusieurs mois de crise,le musée Picasso accueille ses premiers visiteurs le 25 octobre. Cette date n’a pas été choisie au hasard, pour Picasso, c’est essentiel puisque c’est sa naissance (25 octobre 1881), et coup de chance, la Monnaie de Paris et la Fondation Louis Vuitton ouvrent la même semaine.
Le musée possède 5.000 oeuvres de l’artiste dont 300 peintures et 300 sculptures. Il vient encore de s’enrichir du don de Maya Picasso : un dessin recto-verso, avec un portrait de Guillaume Apollinaire, et un carnet de croquis de nus. De l’hôtel Salé de Pierre Aubert de Fontenay (1656) à Pablo Picasso (2014), il reste le grand escalier qui vient d’être entièrement restauré. Il reprend le système de l’escalier de Michel-Ange à la Bibliothèque Laurentienne à Florence. Deux volées de marches, impériales, surplombées d’un balcon en saillie et d’une galerie multipliant les effets de perspective. Une vraie salle de spectacle pour le peintre espagnol.

Cahier de nue Pablo Picasso

http://www.museepicassoparis.fr

Clichés/adresses

États des lieux

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La ville immaculée

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Photo/Gilles Dallière, Alger 2002
La coexistence entre les écritures architecturales contradictoires a transformé depuis longtemps le paysage d’Alger en une séquence étonnante d’objets autonomes et cependant capables de dialogues. Je ne suis pas resté assez longtemps pour découvrir cette création urbaine unique, inscrite dans les relations entre l’Algérie et la France. La « ville blanche » déploie un paysage intense et harmonieux. Il me manque ce que je n’ai pas vu de la chronique urbaine d’Alger avec les édifices de Frédéric Chassériau, Benjamin Bucknall, Auguste Perret, Le Corbusier, Fernand Pouillon, Roland Simounet et le grand Oscar Niemeyer, entraînés tour à tour dans un tourbillon d’espoirs et de déceptions. À suivre un jour…

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