L’aube…

5h30, le soleil se lève sur le village D’Aroniadika, Kithera, Grèce, gildalliere, 2017

Il est 5h30, le soleil levant se pose sur la ligne électrique pour écouter la poésie d’Arthur Rimbaud.
« J’ai embrassé l’aube d’été.
Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route
du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom. 

Je ris au Wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime 
argentée je reconnus la déesse.

Alors je levais un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq.
À la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant
Comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.
En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu
son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.
Au réveil il était midi.
Arthur Rimbaud, Illuminations

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L’aube…

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La rose de l’oubli…

Rose, nature morte, gildalliere, Paris

Il y a comme un pressentiment, une sorte de sagesse précieuse dans cette image. Cette fleur est la fleur du souvenir. La voici devant moi, immobilisée à jamais à travers le prisme impénétrable mais si facile à briser de ses tendres couleurs, celle qui hier flottait si vite sur tes cendres. La rose s’est fanée, mais elle n’a rien perdu de la fraîche pâleur de ses nuances orangées.

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La rose de l’oubli…

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Décrépitude de l’instant…

Les vestiges de la rue de Hauteville, Paris, gildalliere, 2021

Au fond de la cour d’un immeuble de la rue de Hauteville, je me suis souvenu de ces jours délicieux où mon amour à ton cœur savait se faire entendre. Tout a changé, et aujourd’hui, sous ce porche, tu n’as plus rien à dire et tu m’arrêtes avec un froid sourire, coincé au creux de ton alcôve. Il fut un temps, où dans cet escalier, j’y trouvais cette molle langueur, ce tendre feu que le désir fait naître. Les murs sont décrépis, la lumière est blafarde, la main courante fait défaut, tout est changé, tout, excepté mon amour.

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Décrépitude de l’instant…

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La poubelle ville du monde…

Désolation, saleté, drogue, au pied de la basilique du Sacré-Coeur, rue Briquet, Paris, gildalliere, 2021

En me promenant au pied de la butte Montmartre, j’ai été extrêmement choqué par la saleté et les détritus qui jonchent le quartier autour de la rue Briquet. Entre le boulevard de Rochechouart et la rue d’Orsel, 76 mètres de graffitis, de poubelles renversées, d’odeurs d’urine et de merde, servent d’écrin à la basilique du Sacré-Coeur. Les ordures encombrent les pavés. À l’évidence, Paris est sale. La saleté de notre capitale est déplorable et le constat est unanime, la seule qui a encore besoin de s’en convaincre est la Maire de Paris elle-même. Pourtant, nul ne saurait gouverner en se pinçant le nez, mais encore faut-il accepter d’ouvrir les yeux pour s’en convaincre. Anne Hidalgo a beau désigner de nouveaux boucs émissaires de la saleté, ce sont bel et bien ses choix politiques et la mauvaise gestion de ses services qui ont fait de Paris la « poubelle ville du monde ».

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La poubelle ville du monde…

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La lumière de l’ombre…

Ombre suspendue, pass Dénommé D9,Rue Saint-Lazare, Paris, gildalliere, 2021

Le soleil moqueur d’avril perce ton sommeil. Alors tu accompagnes ton ombre jusqu’au soir. Les murs ne te retiennent pas. La maison est poreuse, abandonnée, triste, livrée à elle-même au fond d’un passage privé qui mène à un hôtel particulier. Les murs n’ont pas gardé la voix des objets. Le pot en terre cuite qui sert de lanterne meurt de soif. Il s’obstine à se multiplier à même le mur. Et qu’importe si l’envers n’est pas conforme à l’endroit, les objets recomposés répètent le même bruit fêlé quand ils n’ont rien à se reprocher.

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La lumière de l’ombre…

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Galerie Vivienne…

Les mosaïques du passage Vivienne, Paris, gildalliere, 2021

J’ai posé mon regard sur les magnifiques mosaïques de la Galerie Vivienne réalisées par Giandomenico Facchina en 1880, soit quelques décennies après son ouverture. Il existe des cultures, parfois très sophistiquées, dans lesquelles sculpter ou peindre des histoires n’a pas pour aboutissement le marché. Des cultures dans lesquelles une mosaïque ne finit pas par devenir un produit mais se contente de rapporter des histoires secrètes, des mémoires, des mystères, qui sans cela, ne seraient jamais apparues. Ces volutes ont été inventé pour accompagner les gens dans les illusions de la vie. 

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Passage Choiseul…

Réflexion sur le passage de Choiseul, Paris, gildalliere, 2021

Nés au tout début du dix-neuvième siècle, les passages couverts ont proliféré jusqu’en 1850, époque où ils présentaient une série de prouesses architecturales comme la construction en fer et en verre nécessaires à l’édification de leur élément fondamental, la verrière. La nouveauté urbaine constituée par la possibilité de se déplacer à pied sec dans un Paris inondé de boue, l’innovation de l’éclairage au gaz en contraste avec les rues sombres, allait de pair avec une nouvelle définition de la ville, dont les passages étaient le joyau et la miniature. Luxe, richesse, éclairage, étalages, miroirs : la foule s’y donnait à elle-même en spectacle. Contemporains de la flânerie et du dandysme, conceptions tout autant sociales que culturelles, ils incarnaient aussi l’avènement du commerce élevé au rang d’art. Aujourd’hui, Passage Choiseul tout ça a bien changé.

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L’envers du décor…

l’interdit de la basilique du Sacré Coeur, butte Montmartre, Paris, gildalliere, 2021

Derrière le décor monumental de la basilique du Sacré-Coeur, en poussant une porte interdite, je me suis retrouvé plongé dans le silence du monastère. Le silence est gardien de la parole et des pensées. Il ne s’agit pas d’un vœu de silence proprement dit, mais la parole est réservée à certaines occasions : rencontres avec les supérieurs et accompagnateurs spirituels, réunions communautaires et échanges relatifs au travail. Le silence relatif des moniales fait partie intégrante de leur vie spirituelle. En évitant de prononcer des paroles inutiles, elles restent ouvertes et disponibles à la prière solitaire devant Dieu. Mais là elles m’ont viré.

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Le chien fou…

A la recherche de mon maître, parc Monceau, Paris, gildalliere, 2021

Le chien fou est là, au milieu du chemin. Il réinvente le petit monde de la plaine Monceau. Il veut jouer. Il se faufile par toutes les issues de la haie vive qui clôture le bosquet. Il dévaste les plates-bandes, arrachant les fleurs printanières, faisant des trous dans les corbeilles, exaspérant les jardiniers. Quant à moi, je goûte au silence secrètement troublé par ses aboiements. Je suis venu dans ce parc attendre le printemps. Le chien en est la surprise, comme si ce que j’espérais était inespéré. Ne rien attendre sinon l’inattendu. Je suis revenu photographier l’arbre. Il accueille chaque instant de ce parc comme une bonne fortune. Il n’a souci de rien. Il se couche sur le passage du chien joyeux et des passants heureux.

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Le chien fou…

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À la recherche de la culture…

Les arènes de Montmartre, Paris, gildalliere, 2021

Théâtre des années noires, la métamorphose de l’ombre et de la lumière convenue pour évoquer ces années de guerre et d’occupation en France, sied particulièrement aux arènes de Montmartre. À l’origine, elles furent créées par une association de quartier nommée « les P’tits Poulbots » en 1941. Cette dernière avait pour objectif de venir en aide aux enfants en difficulté du quartier. Très librement inspirées des arènes de l’antiquité, elles me font toujours voyager dans le temps. Si ce lieu montmartrois est peu connu, c’est qu’il est accessible seulement lors d’événements culturels. Aujourd’hui il n’y a plus de culture.

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À la recherche de la culture…

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