Hypnotique…

Hercule gaulois, marbre de Carrare, 1661-1662, Pierre Puget, sculpture, Musée du Louvre, Paris, gildalliere, 2021

Mi-homme, mi-dieu, Hercule vient de tuer le lion de Némée. Il l’écorche en utilisant les propres griffes du monstre pour entamer la peau coriace, la nettoie et s’en revêt. Le sculpteur Pierre Puget nous livre un travail à toucher du bout des doigts. La sculpture est aussi faite de chair. Il aime la sensualité. Il l’exprime avec perfection en jouant sur la lumière et les nuances du marbre de Carrare qui embellit la pose. Il révèle ainsi ce qui ne se voit pas forcément. C’est pourquoi Hercule au repos, n’est jamais aussi libre que dans les camaïeux de gris. Le corps devient hypnotique.

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Hypnotique…

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Les arts décoratifs…

Détail d’architecture, MAD, Paris, gildalliere, 2020

Les passages, les couloirs, sont, eux aussi, un morceau choisi. Combien de vestibules traversés pour fixer la pureté de l’architecture dans une demi-obscurité. Combien de marches d’escaliers gravies pour saisir telle des épures la texture de la pierre sculptée d’une frise aux géométries certaines. J’arrache l’œuvre de l’architecte de la banalité utilitaire et quotidienne et lui redonne sa qualité d’œuvre d’art.

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Les arts décoratifs…

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Persiennes…

Un bref instant de splendeur, oeuvre d’art, Anna Ternon & Camille Benarab-Lopez, Montmartre, gildalliere, 2021

C’est dans la fenêtre que réside toute espérance de lumière. Cette ouverture, large, créée par Anna Ternon et Camille Benarab-Lopez, correspond à une mise en scène du réel. C’est à travers leurs regards que je découvre le monde où se mêle une érotisation de l’espace réduite ici au minimum. Le traitement du verre joue un rôle essentiel et motive plusieurs scènes. Ouverture sur un monde abstrait qui symbolise l’espoir toujours renouvelé d’un ailleurs.

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Persiennes…

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Que de la beauté…

Les colonnes du Palais Galliera, Paris, gildalliere, 2021

C’est comme un travelling de cinéma, on voit venir sur la droite et sur la gauche deux galeries ouvertes suivant les courbes de la cour, scandées par des colonnes à bossage et des chapiteaux d’ordre corinthien. Sur le toit, une balustrade traditionnelle laisse la vue se perdre face à l’étendue vaste et fuyante du palais de Chaillot. Alors, puisqu’on ne sait pas où passe le passé et que le temps ne revient pas, que fait-on quand on restaure ?
Avant l’exposition Gabrielle Chanel, on vise à mettre dans la vie de tous les jours, un peu de beauté, de liberté, et l’élégance de la duchesse Maria de Ferrari de Galliera, qui brilla un temps ici à l’abri des regards.

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Que de la beauté…

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Le pied…

Un fleuve, 1759, marbre, sculpture, Jean Jacques Caffieri, le dieu fleuve personnifié est représenté ici à califourchon sur un grand vase déversant de l’eau. Musée du Louvre, Paris, gildalliere, 2021

J’effleure du regard « Un Fleuve ». J’écarte la blancheur du marbre de Paros. Je remonte les contours immobilisés de la pierre dure à la chair. La sculpture de Jean-Jacques Caffieri retombe dans la nuit du musée du Louvre et je n’échappe pas à ce silence. À la froideur du marbre, je prends mon pied.

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Le pied…

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Le grand frisson…

Cicéron, plâtre, version du plâtre commandé en 1803 pour la salle des séances du Sénat au palais du Luxembourg, placé au Louvre avant 1857, Jean-Antoine Houdon, Musée du Louvre, gildalliere, Paris, 2021

Cicéron est un athlète de la parole, un styliste de l’émotion. On se presse à ses discours pour admirer un art qui tient en trois principes : éclairer l’assistance, satisfaire son goût du beau, faire passer le grand frisson. Pour le célèbre avocat romain, l’amitié est le bien fondamental : « je me demande si, à part la sagesse, les dieux ont donné aux hommes quelque chose de meilleur ». 
Comment choisir ses amis ?
Comment les mériter ?
Comment les garder ?
Je me pose la question. 
J’ai quelque peu perdu mon goût des rencontres nouvelles, et cette souplesse d’esprit qui me permet de m’associer à la pensée d’autrui.

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Clair obscur …

Ombre portée, les cabines de Trouville-sur-Mer, gildalliere, mon été 2021, 2017

La beauté se réalise par la structure elle même, par l’harmonie des proportions, par celle des pleins et des vides, des ombres et des lumières. Une affirmation des volumes s’allie à une simplicité qui n’est pas toujours exempte de sécheresse, mais qui est rarement sans grandeur. Le clair obscur enlace la géométrie des années 1936. Le soleil brille enfin. Chaud devant, je respire. À deux pas du chemin des planches, les murs ont la couleur du sable fin. Une ligne colorée, bleue, dynamique, mouvante, encadre les cabines. J’ai ouvert les portes et les hublots sur la plage, et laissé entrer l’air et le soleil.

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L’été fout le camp…

la multipropriété de la plage et de la mer de Trouville, Trouville-sur-Mer, Les cabines, gildalliere, mon été 2021

La mer est grise, les coquillages que la marée a déposé sont inconsolables ; ils se taisent, coquilles ouvertes, devant les vagues qui vont à reculons. Je suis là, sur les planches, je regarde venir l’homme qui promène son chien. La marée fiche le camp, toute la plage est épuisée, et le sable est trempé à perte de vue. Je regarde l’autre rive, au loin, les cheminées et les grues du port pétrolier du Havre. Le ciel est gris broyé de blanc, l’air est immobile. Sommes-nous en plein été ? 

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L’été fout le camp…

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Un matin d’architecture…

Entrée des cabines de Trouville-sur-Mer, gildalliere, mon été 2021

Vous avez fait tout cela comme si ce n’était rien. Les colonnes, les ouvertures, toutes ces portes numérotées. Vous avez fait tout cela comme si c’était naturel. Comme si la vie était cela. Ça donne envie de se baigner, de prendre le large, la houle, la mer, emporté comme un grain de sable par les vents et revenir se sécher, se changer, se protéger au fond d’une cabine dont la voûte est bleu ciel.

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Un matin d’architecture…

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Et du silence, parfois, sourd une image…

La Touques, la digue, côte fleurie, Trouville-sur-Mer, Deauville, gildalliere, 2017

On ne regarde pas la Touques comme un tableau de Vuillard ou de Bonnard pour des émotions esthétiques. On la vit concrètement. Et même à marée basse, vide, sous un soleil blanc, on s’amuse à observer les mouettes affolées par les reflets de la digue dans ce qu’il reste d’eau. Ces bois noirs, verticaux, alignés mais en désordre, droits, penchés vers l’avant et vers l’arrière en disent long. Choses mates et rugueuses. Mutinées de la matité.
Et du silence, parfois, sourd une image.

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Et du silence, parfois, sourd une image…

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