L’art est-il immortel ?

Instalation, Rotonde, Bourse de Commerce, Urs Fischer, cire, pigment, mèches, acier, collection Pinault, Paris, gildalliere, 2021


Dans cette mise en scène de Urs Fischer, une réplique de chaise de bureau, un homme debout et une copie grandeur nature de l’Enlèvement des Sabines de Jean de Bologne (XVIe s), l’art se décompose. La lente déliquescence de la cire exprime avec force la condition putrescible du biologique et dit ici quelque chose de la finitude même des civilisations. Doucement, graduellement, l’homme s’affaisse et s’effondre. Il ne restera à la fin de l’exposition qu’une traînée de cire. Le regard se perd dans la projection des ombres de la coupole, et les œuvres sombrent.

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L’art est-il immortel ?

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Champ-contrechamp…

Galerie avec vue, Bourse de Commerce, collection Pinault, Paris, gildalliere, 2021

J’aime les fenêtres, les portes, les seuils, les passages étroits, ceux qui sont obscurs, mais à travers lesquels on rejoint la lumière du soleil, l’architecture, la coupole de la bourse de Commerce, collection Pinault ; l’extase certainement.

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Champ-contrechamp…

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La destruction créatrice…

Sculpture en cire pigmentaire de Urs Fischer, la rotonde, Bourse de Commerce, collection Pinault, Paris, gildalliere, 2021

Difficile de trouver un angle juste pour ne pas faire comme les autres. Difficile d’occulter l’extraordinaire rénovation de la coupole. Et pourtant j’aime être au plus près de l’œuvre de Urs Fischer . C’est une sensation vraiment étrange, face à cette cire pigmentaire au rendu réaliste qui se consume lentement. L’Enlèvement des Sabines se liquéfie, dégouline, se métamorphose dans un saisissant processus de destruction créatrice, noyée dans le flou du béton de Tadao Ando.

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La destruction créatrice…

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Les nuances du bleu…

Les drapeaux-miroirs des frères Bourouroullec, Bourse de Commerce, collection Pinault, Paris, gildalliere, 2021

Par la fenêtre, à travers les stores de la nouvelle Bourse de Commerce, trois grands drapeaux iridescents, conçus par Ronan et Erwan Bouroullec, reflètent en brulant l’infini les nuances du ciel de Paris. Entre celui qui claque et celui qui s’affole, je m’éternise comme celui qui rêve, et mes yeux se remplissent de froissements argentés. Heureux, j’emporte seul ce que je laisse.

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Les nuances du bleu…

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La Bourse de Commerce, collection Pinault…

Réflexion,ouverture, Bourse de Commerce Pinault collection, Paris, gildalliere, 2021

L’architecte Tadao Ando, accompagné de l’agence NeM, Lucie Niney et Thibault Marca, et de Pierre -Antoine Gatier, ont transformé cet édifice historique en musée d’art contemporain. Bien-sûr il y a la rotonde avec sa feuille de béton enroulée au cœur de l’histoire qui tourne et tourne encore pour mettre en lumière la liberté, la diversité, l’équilibre, la vanité, l’humour, la passion, la revendication, la radicalité de la collection Pinault. Par ce geste minimaliste d’une élégance extrême, j’ai choisi de photographier la lumière de l’ombre, les perspectives, évité le travail extraordinaire de l’artiste Urs Fischer sous la coupole . Je me suis posé sur les réflexions, les transparences et l’opacité de la nouvelle Bourse de Commerce Pinault collection.

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La Bourse de Commerce, collection Pinault…

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Le Palais Royal…

De face, « Les Deux Plateaux », colonnes de Buren, cour d’honneur du Palais Royal, Paris, gildalliere, 2021

L’architecture se fait immobile, silencieuse, ou plutôt muette, comme un présage ininterrompu de quelque événement miraculeux. Il y a un vaste silence, un silence des lieux, des alignements des colonnes, un silence qui monte du passage de l’eau à travers les grilles. Un silence qui sort du ministère de la culture. Un silence qui est une façon d’exprimer une pudeur singulière : la pudeur à l’égard du fait même d’exister, car le fait même d’exister depuis des millénaires est un mystère intouchable.

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Le Palais Royal…

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Silence, on tourne…

Les Deux Plateaux, colonnes de Buren, cour d’honneur du Palais Royal, Paris, gildalliere, 2021

La cour d’honneur du Palais Royal vide. Les Deux Plateaux, l’œuvre de Buren enfin paisible. Voilà une chose bien rare et cela se produit aussi avec les architectures. Il y a les architectures royales, celles qui ont fait l’histoire antique, royale, de l’architecture. Il y a aussi les architectures royales d’aujourd’hui, grandes, sophistiquées, précieuses, précédées d’élaborations technologiques, compliquées, hermétiques. Puis il y a les maisons, les murs, les grilles, les escaliers et les perrons, les fenêtres et les fenestrons, les sols, l’architecture sans histoire et il y a aussi le silence du vide.

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Silence, on tourne…

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La géométrisation des formes…

DIOR : bâche trompe-l’oeil sur l’immeuble historique de l’avenue Montaigne, Paris, gildalliere, 2021

Le monde du luxe est une façade en trompe-l’œil. Des aplats gris Christian Dior, juxtaposés à des fenêtres argentées, cèdent la place à des plans qui s’entrechoquent et se chevauchent, devenant translucides dans le ciel tourmenté de ce mois de mai. Réflexion solaire où les formes sont brisées, comme si on regardait la maison de couture de l’avenue Montaigne à travers un prisme. La bâche procède au décorticage de l’immeuble parisien afin de rendre apparente son armature et d’arriver ainsi au plus près de sa structure. Alors, ce qui n’y apparaît pas, se découvre. 

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La géométrisation des formes…

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La chambre de la princesse au petit pois…

La chambre, Belgique, Boxy, gildalliere, 2012

Le soleil entre dans la chambre. Sous les rideaux entrouverts, tout au long du mur, la lumière découpe des surfaces, trace des contours brûlants sur le parquet. Malgré quelques taches de clarté, très vives par endroits, la pièce, tout immobile reste baignée dans un marais d’obscurité. Autour de la suspension, des particules de poussière brillent dans un rayon oblique. Les vitres scintillent, les plantes vertes resplendissent. 

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La chambre de la princesse au petit pois…

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La cuisine gourmande…

Détail de la cuisine, design, Belgique, Boxy, gildalliere, 2012

Dans la cuisine, autour de la table de Maarten van Severen, je regarde la dame blanche fondre devant moi. Je regarde fondre imperceptiblement la vanille sous la nappe de chocolat brûlant. Je regarde la boule encore exactement ronde un instant plus tôt qui ruisselle lentement en filets réguliers blancs et bruns métissés. Je regarde le mouvement immobile, les yeux fixés sur la soucoupe blanche posée sur la crédence de Jean Prouvé. Je ne bouge pas. Les mains figées sur la table, j’essaye de toutes mes forces de garder l’immobilité, de la retenir, mais je sens bien que, sur mon corps aussi, le mouvement s’écroule.

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La cuisine gourmande…

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