Place du Calvaire…

Chez Plumeau, confinement, 4 place du Calvaire, Montmartre, Paris, gildalliere, 2020

Tout le paysage montmartrois est là, avec ses ombres et ses fantômes. Mais aujourd’hui, place du Calvaire, il n’y a plus cette musique de cabaret entrecoupée de courants d’air et de chutes de fourchettes. Je ne vois plus rentrer les meutes de touristes sous la tonnelle. Les chaises cannées, les larges banquettes de bois, les guirlandes d’ampoules colorées ont disparu ne laissant place qu’au murmure du pavé. Il s’agit de devenir silencieux pour que le silence nous livre ses mélodies. Il s’agit d’attendre pour que l’attente fasse enfin jouer ses ressorts. Réinventer Montmartre parce qu’elle est pour la plupart une jeunesse.

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Place du Calvaire…

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L’obscurité du jour…

Le Consulat confiné, 18 rue Norvin, Montmatre, Paris, gildalliere, 2020

Je suis sorti, promenade autorisée d’une heure sur la butte Montmartre. À l’angle de la rue des Saules et de la rue Norvins, Le Consulat est fermé. Le rouge empire de sa façade s’est éteint. Rien ne s’échappe de cette lumière, pas même les chaises bistrot empilées qui cherchent jour après jour la meute des touristes qui montent au village. Toute l’obscurité est dans le jour où tant bien que mal il faut s’orienter. Un détail, ce détail, c’est ici le seul point de passage.

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L’obscurité du jour…

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À la lumière de la pluie…

Le palais de Tokyo, un jour de pluie, Paris, gildalliere, 2020

Ce matin, à la lumière d’un jour de pluie, le temps fuit. Je regarde le reflet de l’architecture dans ce qu’il reste d’eau dans le bassin de la fontaine du palais de Tokyo totalement asséché et dans un état de délabrement avancé. Ce matin, je refais le monde, je fuis l’évidence pour glisser sur une flaque d’eau, sur un bout d’espace révélé qui devient le mien.

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À la lumière de la pluie…

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Précieux…

Luxes, exposition, MAD, miroir Nid, Hervé Van der Straeten, robe du soir Grès, haute couture printemps-été 1976, jersey de soie drapé de Racine, Paris, gildalliere, 2020

Au MAD, « LUXES » est associé à l’histoire de l’art depuis l’antiquité. La simplicité de cette installation sensibilise le spectateur aux dimensions de l’espace. Entre le miroir « Nid » d’Hervé Van Der Straeten et la robe du soir haute couture de Grès, entre le trésor argenté de Boscoreale et l’or de la paire de boucles d’oreilles Kwoteneye Kange, ils ont raclé les murs, installé des parois nettes de toute moulure, supprimé le mot fouillis du vocabulaire. Les bijoux, les accessoires, l’art de la table, la décoration, les chinoiseries, l’ornementation, l’esprit art décoratif, le mobilier, le voyage, la mode, et le design, s’assemblent en groupe régis par la règle des proportions. L’accumulation a cédé la place à des ombres sans ombre, des surfaces calmes, des lumières choisies, venues redonner aux objets la grâce du mot précieux.

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Précieux…

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La plage des bains militaires…

Le plongeoir, aube, Nice, gildalliere, 2020

Il n’existe peut-être pas de lieu au monde qui convienne mieux à la photographie que la mer, ainsi que son exact contraire, le désert. Même si la photo est limitée par le plongeoir de la plage des bains militaires, la mer est toujours plus vaste que l’image. Elle est comme une religion. Je ne mets rien en scène. J’observe : l’écume d’une vague sur le rocher, le vent qui souffle plus ou moins fort, l’homme qui rame sur son paddle autour de la balise, l’accord des tonalités des couleurs pastel et la mer qui s’ouvre devant moi, pour moi. Et de nouveau le vide se fait immense.

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La plage des bains militaires…

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Extravertis…

Les extravertis d’Eric Raffy, villa Alfonsa, le Dramont, Saint-Raphaël, gildalliere, 2020

À la villa Alfonsa, Éric Raffy s’est lancé dans une exploration visuelle autour de la transsexualité. D’immenses portraits colorés expérimentent l’outrance et la sensualité. Dans leurs yeux exagérés, sur leurs bouches pulpeuses, des poussières de bleu, de rose, d’orange, de jaune, s’accrochent au gris bleuté du mur. Ces hommes suspicieux apparaissent et disparaissent selon leurs humeurs. Ils égrènent les noms des visiteurs qu’ils voient passer. Près du bureau, ceux tombés du cadre colmatent de leur salive les fissures du temps. Leurs silences tassent les meubles dessinés par l’architecte designer avec élégance. Celui-ci m’observe à travers le claustra, il m’appelle dans un bruit de toile froissée, tête posée sur le désert d’un châssis vierge, le soleil couchant le colore en rouge et au moment de partir, je lui promets de revenir. Merci mes amis.

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Le vague à l’âme…

La tempête sur la terrasse de l’hôtel des Roches Rouges, le Dramont, Saint-Raphaël, gildalliere, 2020

Dès que je l’ai vu se dresser, quelque chose s’est déchiré en moi, un voile est tombé, une porte s’est ouverte, je me suis senti inondé par cette vague de lumière. Le grand bleu monte au ciel, il touche les nuages. Il couvre la terrasse et le bassin de nage de l’hôtel « Les Roches Rouges ». Il n’y a plus de silence. La fureur emporte tout sur son passage. Les silhouettes résistent. Les formes frémissent. Les couleurs s’assombrissent. La vague crie, elle gronde, elle hurle, elle divague et les choses qui hier étaient là, aujourd’hui n’y sont plus.

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Le vague à l’âme…

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Riviera au naturel…

Entrée de la villa Alfonsa, réflection, gildalliere, 2020

En toile de fond Sandrine et Éric Raffy. À l’origine, la Villa Alfonsa, posée sur les hauteurs de la plage du Dramont face aux lacs des Carriers et à l’île d’Or. Au commencement, des projets d’architecture, du design, une famille recomposée, des souvenirs qui s’étirent au fil du temps qui passe. À l’arrivée, le rêve moderne d’une Méditerranée méritée. En conclusion, trois appartements et une maison privée, un décor où les gris glacés de vert de Nadine dessinent mille et une perspectives d’une richesse infinie. Les portraits fantasmés d’Éric, conscients de leurs élégances citadines « ex-travesties » que caressent amoureusement les réflexions des miroirs anonymes et des jeux de lumière. In fine, un clic, une réservation, un bol d’air et le confort d’une maison d’hôtes emportée par une soif de création qui n’a pas de frontière.

location-appartement-dramont.com

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Riviera au naturel…

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Le premier où le second Empire…

Pauline Bonaparte, Palais Masséna, gildalliere, Nice

Pauline la scandaleuse, l’air brûle sur ton visage. Tu as offert tes seins que tes vêtements ne suffisent jamais à masquer à Antonio Canova. Tu as livré le velours de ton intimité à Borghese, et aujourd’hui tu me tournes le dos. J’ai vu qu’on t’avait déplacé, mais dès que tu es quelque part, ta sauvagerie envahit tout. Derrière les jardins du Palais Masséna, tes yeux de marbre, pleins de détours, regardent la mer. La brutalité neutre du ciel d’azur te rend molle et ronde. Il faut dire que c’est Napoléon III qu’on met en avant au Palais Masséna aujourd’hui. Alors vive Nice et le Second Empire.

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Le Premier où le Second Empire…

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Sous les pavés de verre…

La coupole de l’hôtel Volney, Eléphant Paname, Paris, gildalliere, 2020

Sous l’impressionnante coupole en béton et pavé de verre couvrant un espace de 250 m2, ainsi font font font Laurent et Fanny Fiat, trois petits tours et puis s’en vont transformer la demeure en centre artistique. C’est la naissance d’Éléphant Paname. La danse et les arts plastiques y tiennent une grande place. L’hôtel du prince Alexandre Soltykoff, ambassadeur de Russie, a été bâti en 1856 par l’architecte Charles Rohault de Fleury, 10 rue Volney. On y trouve de très beaux décors Napoléon III. Au début du XXe siècle, le comte Greffuhle achète le logis sur la rue dans un but locatif. Les écuries sont acquises par la banque Dupont qui les fait raser. Un immeuble de quatre étages est construit par l’architecte Girod pour accueillir la clientèle et des bureaux. À l’emplacement de la cour une impressionnante coupole en béton et pavés de verre couvre un espace de 250 m2. C’est aujourd’hui une salle de spectacle. 

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Sous les pavés de verre…

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