Maison Néoclassique
Photos/Gilles Dallière/Grèce 2015

Nous sommes arrivés samedi dans une jolie maison. Je me suis écroulé sur mon lit après une heure de délibération sur le thème : quelle chambre choisir et je suis à peu près incapable de m’en arracher. Ici, tout est sans couleurs.

Yourgos

Après quelques jours de plage, j’ai eu un unique souhait : être seul au grand air. L’air est délicieux. Éviter de parler. J’ai pensé à ma faculté de faire des photos, avec vénération, comme à quelque chose d’incroyable, appartenant à quelqu’un d’autre, dont plus jamais je ne jouirai moi-même.

Tête complètement vide. Je suis parti, plus lucide, plus léger. Pensé que je pouvais faire autre chose que les autres et cela me ramène au sentiment de ma propre individualité. J’ai marché, sans but jusqu’a cette maison néoclassique abandonnée. Mes sens se réveillent, et il y a comme un processus naturel, prolongé, palpitant et dont on désire inexprimablement voir la fin. Je force cette maison et là j’ai besoin de cinquante paires d’yeux pour bien voir les couleurs. J’ai besoin d’un sens secret, fin comme l’air, qui permette de s’insinuer par les trous de serrure et investir l’espace où seul le silence recueille et conserve précieusement l’âme des gens qui y habitaient. L’été, par les fenêtres, est net et clair, il s’étend sur les champs l’oeil grand ouvert, attentif, et parfaitement indifférent à ce que pouvait faire ou penser qui le regardait. À l’intérieur, la lumière s’incline en adoration devant sa propre image.

Clichés/photos

Le temps passé

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POSE…LE TEMPS D’UN ALLER-RETOUR À ARLES 2015, LES RENCONTRES DE LA PHOTOGRAPHIE
EXPOSITIONS du 6 JUILLET au 20 SEPTEMBRE

Stephen Shore, Neuvième Avenue Ouest, Amarillo, Texas, 2 octobre 1974, série Uncommon Places. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la 303 Gallery à New York

Une ère inédite commence aux Rencontres d’Arles, soit trente-cinq expositions et surtout un nouveau directeur artistique : Sam Stourdzé. Il revisite l’histoire en portant un regard neuf sur les images de Stephen Shore, ses paysages urbains typiques des Etats-Unis, ses voitures seventies traversant des déserts et les scènes de stations services baignées d’une lumière crépusculaire.

Markus Brunetti, Reims

L’architecture est à l’honneur avec Markus Brunetti qui entame un long voyage à travers l’Europe qui aura duré dix ans. Son engouement pour les façades d’édifices sacrés n’a cessé de croître tout au long de ce périple. Au cours de son voyage, il développe sa propre méthode de prise de vue et de reproduction d’images, qui dépasse largement l’idée que nous nous faisons de la photographie.

Heikoh Hosoe

Il ouvre sur le monde, avec deux cents images de huit grands maîtres de la photographie japonaise. Cette exposition propose plus de 200 tirages photographiques pour la première fois visibles en Europe. Cette exposition donne à voir des oeuvres inédites de certains des praticiens les plus connus, comme Hosoe et Moriyama, ainsi que certaines des oeuvres-clés d’artistes qui sont tout aussi importants d’un point de vue historique, comme Fukase, Inose, Naito ou encore Suda.

Martin Parr 2008

Martin Parr, plus tendre que cruel, est aussi exposé dans l’église des frères prêcheurs. Qu’il s’agisse de photographier des touristes à la peau vanille-fraise ou des nouveaux riches grimaçants, cette série de photographies présente les différentes manières dont les gens affichent leur richesse. Traditionnellement, la représentation de la pauvreté est le domaine du « photographe engagé », mais Parr a employé le même esprit pour photographier la richesse. Selon lui, quand les classes moyennes nouvellement arrivées à maturité de la Chine ou de l’Inde se mettront à réclamer et recevoir les produits de luxe qui nous semblent banals en Occident, cela aura un effet considérable sur les ressources de la planète.

Et comme l’écrit si bien Roland Barthes dans « La chambre claire », « Ce qui fonde la nature de la photographie, c’est la pose. Peu importe la durée physique de cette pose ; même le temps d’un millionième de seconde, il y a toujours eu pose, car la pose n’est pas ici une attitude de la cible, mais le terme d’une intention de lecture : en regardant une photo, j’inclus fatalement dans mon regard la pensée de cet instant, si bref fût-il, où une chose réelle s’est trouvée immobile devant l’oeil. Je reverse l’immobilité de la photo présente sur la prise passée, et c’est cet arrêt qui constitue la pose. »

http://www.rencontres-arles.com

Clichés/expositions

POSE…LE TEMPS D’UN ALLER-RETOUR À ARLES.

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L’arpenteur du monde
Au Havre, le MuMa consacre une exposition exceptionnelle à Lyonel Feininger

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En direct du Havre, noyé dans la multitude de ses gris pour le 14 juillet, le MuMa accueille, du 18 avril  au 31 août 2015, une exposition exceptionnelle consacrée à l’artiste germano-américain Lyonel Feininger. Peu connu en France, Feininger a multiplié les techniques, laissant une œuvre picturale et graphique protéiforme. Le parcours démarre à Paris, alors qu’il séjourne en France. Il utilise différentes techniques : encre, crayon, eau-forte. L’artiste abandonne rapidement les scènes de vie pour se consacrer au dessin et aux paysages, dépeignant une Allemagne retrouvée. Le romantisme disparaît peu à peu. En 1912, Lyonel Feininger délaisse les figures et se focalise sur l’architecture. En 1918, l’artiste aborde un moment-clef de sa carrière : les bois gravés. Les œuvres présentées au MuMa permettent de découvrir les nombreux motifs (des bateaux aux villages, en passant par les édifices) que Feininger a gravés. Des petits formats aux traits acérés qui réinterprètent la vie. En 1919, à Weimar, il met également en lumière le Bauhaus, une foi nouvelle rassemblant des artistes qui, par le travail des formes, œuvrent à construire l’utopie d’un monde meilleur. Feininger en sera l’un des chantres avec Walter Gropius. Avant de se refermer sur une section consacrée à la période américaine de Feininger qui, en 1937, à la suite de l’arrivée d’Hitler au pouvoir, retourne à New-York, sa ville natale, on redécouvre la grandeur de Manhattan ou il s’éteindra en 1956.

MuMa 2, Boulevard Clémenceau
76600 LE HAVRE
Tél. 1 : 02 35 19 62 77
Fax : 02 35 19 93 01
E-mail : contact-muma@lehavre.fr
http://www.muma-lehavre.fr

Clichés/expositions

L’arpenteur du monde

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ARCHI POLYCHROMIE

Chandigarh
Photo/Bertrand Limbour

L’événement est incontournable et les fans du Corbusier ne savent plus où donner de la tête !
Pour célébrer les cinquante ans de la disparation de l’architecte, le Centre Pompidou y présente 300 œuvres. Une rétrospective inédite qui permet de relire le travail de l’architecte à travers sa vision du corps humain. Je me suis attardé sur les illustrations de Jean-Philippe Delhomme sur « Les Heures Claires de la Villa Savoye » et j’attends avec beaucoup d’impatience l’exposition dédiée à Chandigarh, présentée à la Cité de l’Architecture à partir du 11 novembre 2016.


Photo/Bertrand Limbour

C’est encore loin et en attendant je vous invite à venir découvrir une toute nouvelle petite galerie : celle de Bertrand Limbour qui relève le défi et pose son regard de photographe tout le mois de juillet, sur les polychromies du maître. Regard concentré sur l’usage de la couleur pure et intense qui redessine les volumes architecturés de ces espaces bétonnés. Un retour au modernisme qui invite à la découverte.

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Photo/Bertrand Limbour

La Galerie des Photographes
56, rue de la Rochefoucauld
75009 Paris
https://www.facebook.com/lagaleriedesphotographes

Clichés/expositions

Archi polychromie

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Impressions japonaises
Le courtier d’art Antoine de Vilmorin collectionne les photos japonaises. Conceptuelle, spirituelle ou fragile, l’image d’une Asie sans cliché cohabite ici avec une déco au charme bien français.

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Quelques meubles, un minimum, un zeste d’aristocratie nonchalante, une touche subtile de la recette du « décoloré-fatigué-dans son jus », qui ajoute à la note de charme le coup de la madeleine de Proust. D’ailleurs tout l’appartement fleure bon le chocolat et le caramel, un brin de café et de pain d’épice, quelques touches de prune, et un concerto en gris souris mineur, ficelle et coco, tout ce qu’il y a de plus chic. Un miroir grand siècle, une chaise noire Napoléon III défraîchie, un parquet très lessivé, l’inévitable chaise de Prouvé, peu d’objets et peu de photos, mais quelles photos. Superbe photos japonaises contemporaines, au compte-gouttes et souvent posées à même le sol.

« Le vide est tout-puissant parce qu’il embrasse tout. Ce n’est qu’au sein de la vacuité que tout mouvement devient possible », écrivait Kakuzô Okakuro dans son Livre du thé. Le japon qu’Antoine de Vilmorin aime et collectionne est celui de la délicatesse.

Sous la fragilité, la force. Une photo conceptuelle, cérébrale et minimale comme celles de Sugimoto, avec ses déclinaisons d’horizons sur la mer, ses théâtres reconvertis en cinémas. Ou, plus subtiles, vivantes, émouvantes, comme les photos aux instants fugitifs du quotidien merveilleusement épinglés par la jeune femme montante, Rinko Kawauchi, qu’il représente en France.

Héritière des estampes japonaises du XIXe siècle, la photographie japonaise ne se limite pas à quelques noms déjà considérés comme des trésors nationaux vivants tels Shoji Ueda, photographe de la grâce pure ou Araki à l’érotisme violent. Le japon étant le pays au monde le plus boulimique d’images, sa photographie est proliférante, elle explose de jeunesse et de courants de sensibilités divers.

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Photos/Francis Amiand/Reportage Gilles Dallière/Texte Élisabeth Védrenne

http://www.antoinedevilmorin.fr

Clichés/interiors

Impressions japonaises

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A l’occasion du festival D’Days, la néerlandaise Lizan Freijsen présentait d’étonnants tapis inspirés de moisissures et de lichen au sein de la galerie L’Eclaireur de Saint-Ouen. À la base, elle photographie des taches. Elle les structure, puis les imprime et les fixe comme une sorte de papier peint, de préférence dans les angles et les recoins des pièces, comme des figures qui envahissent notre cadre de vie. Fascinée par ce travail de décomposition, elle crée des tapis de laine comme d’énormes fresques murales et abstraites. Un univers, généré par la fuite d’eau qui tombe goutte à goutte et qui lui est propre. Là ou la mousse due à l’humidité forme des figures envahissantes, elle en fait une oeuvre d’art.
Galerie l’Eclaireur, 77 rue des Rosiers, Puces de Saint-Ouen, 93400 Saint Ouen
http://www.leclaireur.com
http://www.lizanfreijsen.com

Clichés/design

Décomposition artistique

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Rebel walls

En exclusivité, Au Fil des Couleurs ouvre le premier showroom Rebel Walls, 31 rue de l’Abbé Grégoire dans le 6ème arrondissement à Paris. Ils y présentent « MAPS », une collection de papiers peints panoramiques sur mesure inspiré de tout ce qui est relevés topographiques, cartographies, planisphères, atlas et mappemondes. Un voyage à 360°, histoire de surfer autour d’un monde à l’échelle de son mur, et ça pour 45€ le m2.
http://www.rebelwalls.fr

Clichés/décoration

Une déco low cost

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Sahco présente la collection « two » de BRUNO TRIPLET. Inspirée des années cinquante, les couleurs sont plus vives, tempérées par des nuances plus classiques. CLASSIC TONES est intemporelle et structurée. JEWEL TONES est plus intense, le noir lui donne de la profondeur et de la modernité. Les couleurs de BOLD TONES plus énergiques dynamisent l’ensemble. En marge des tendances, les chenillés, les sergés, les mohairs se complètent et se mélangent avec élégance. Trois familles recomposées pour cette belle maison d’édition par un homme tranquille.
http://www.sahco.com
http://www.brunotriplet.com

Clichés/décoration

Du sur-mesure pour la maison

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Quand vous ne venez pas au design, le design vient à vous. Il prend ses quartier dans le grand Paris, d’installations éphémères en expériences sensorielles du 1er au 7 juin.
Ça fait 15 ans que ça dure et au fil des années l’évènement à vraiment grossi s’étendant même à d’autres domaines que le mobilier. La thématique c’est « l’expérience » et comme celle de son président René-Jacques Mayer, le D’Days poursuit sa vocation de valorisation de la création contemporaine internationale et fédère quatre nouveaux programmes :
· Sharing thailand: un pays invité à montrer
sa culture et sa vision du design au travers de réalisations, d’installations et de conférences.
· Design city Luxembourg: une design week invitée à partager le «best of» de sa
dernière édition.
· coup de projecteur jeune création néerlandaise: la mise en lumière de la jeune création européenne à travers différentes propositions faites par des créateurs.
· villa médicis et villa kujoyama: le résultat des résidences du designer Felipe ribon à rome
et de la doreuse manuela paul-cavallier en collaboration avec le designer Goliath Dyèvre
à kyoto.
Et c’est parti dès aujourd’hui aux Arts Déco qui ouvrent grand ses portes à ce festival du design du Grand Paris avec classe.

http://www.ddays.net

Clichés/design

Enrichissez-vous

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Ce n’est pas la première collaboration du studio Nendo avec Glas Italia et chaque création est une nouvelle voie à explorer. La performance technique ici est bien réelle et reflète une pensée rigoureuse appliquée à une matière : le verre givré. Trois tables dont seuls les angles sont colorés avant d’être assemblés. La bande de couleur est dégradée comme pour adoucir le carré à la forme parfaite. « Douce », c’est le nom de cette collection, exprime sa tenue par la qualité d’un dessin et d’un savoir faire qui refuse tout décor superflu Un bel effet décoratif.

http://www.nendo.jp
http://www.glasitalia.com

Clichés/design

Une couleur givrée plus ou moins dévoilée

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