
Photo/Gilles Dallière/Lisbonne
Je rentre d’Anvers, je me suis réveillé tôt ; je suis allé dans les rues de Paris faire des courses sans idée préconçue. J’examine comme un qui médite. Je vois comme un qui pense. Un léger brouillard d’émotion se dresse absurdement au fond de moi ; la brume qui peu à peu s’en va de l’extérieur semble en moi s’infiltrer lentement. Je sens que je suis employé à penser à ma vie. Je n’y ai pas prêté garde, mais c’est un fait. J’ai cru que je ne faisais que voir, que je n’étais rien d’autre, qu’un réflecteur d’images données, un paravent blanc où la réalité projette couleurs et lumière et non des ombres. Aujourd’hui je suis un voyageur adulte arrivé à la surface de sa vie.
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Photo/Gilles Dallière/Villa Savoye, Poissy.
Dès les années 1920, Le Corbusier s’impose comme l’un des plus influents pionniers du axe siècle. Sa villa Savoye achevée en 1931 à Poissy, apparaît comme l’un de ses manifestes les plus aboutis. Elle illustre le vocabulaire qu’il a défini en « cinq éléments constructifs de l’architecture moderne » : « les pilotis, la toiture jardin, les fenêtres en longueur, le plan libre et la façade libre ». Pour fédérer sa composition, il déploie une gamme diversifiée d’escaliers et de plans inclinés qui instaurent une puissance dynamique spatiale. Acquise par le ministère de la culture, classée monument historique en 1965, je vous invite à la visiter car cette « machine à habiter » annonce l’implacable logique constructive des temps nouveaux.
http://www.villa-savoye.monuments-historiques.fr
Le purisme architectural

Marianne Haas, après s’être intéressée aux techniques contemporaines, puis aux X-Ray continue son exploration en redécouvrant le travail de William Henry Fox Talbot qui réalisa les premiers photogrammes. Le Photogramme est obtenu, sans appareil photo, par la pose d’un objet sur un papier sensible, puis par son exposition à la lumière solaire ou UV.
Pour la Galerie du Passage, qui expose une trentaine de photogrammes de nature, herbier mystérieux, récolte de l’été, Marianne Haas utilise ce procédé vieux de presque 100 ans pour le plaisir de créer une image sans caméra, tout en finesse de mise en place et de développement. Trèfles blancs sur nuage d’encre, souffle de papillon sur un léger pavot, squelette de fougère se succèdent. Elle utilise un papier cyanotype et un papier salé au nitrate d’argent. Ces tirages ont été réalisés au long de cet été, en Bretagne où elle a installé un laboratoire, glané ses plantes et chassé les papillons. L’objet est donc toujours grandeur nature. Marianne Haas vit entre Paris et Zurich. Photographe d’intérieurs et de jardins, son travail a longtemps illustré les magazines de décoration.
du 18 Décembre 2013 au samedi 18 Janvier 2014
Galerie du Passage
20/26, galerie Véro-Dodat 75001 Paris
http://www.galeriedupassage.com
http://www.mariannehaas.com
Photogram
Le Fonctionnalisme de l’escalier

Photo/Gilles Dallière, Milan.
Au terme des innombrables batailles des anciens et des modernes, l’architecture inspirée par l’idéologie du fonctionnalisme s’impose progressivement dès les années 1930. Elle préfigure la mondialisation des cultures qui va bientôt submerger la planète. Une relative diversité d’expression architecturale qui anime des bâtiments d’avant-garde. L’espace entre le noir et la lumière irradie de modernité.
Moradabad

Photo/Gilles Dallière, Moradabad , India.
« Le moment donné par le hasard vaut mieux que le moment choisi. »
Proverbe chinois
La demeure des amants maudits

Photo/Gilles Dallière, Portugal.
C’est un voyage de travail et de détente qui démarre entre deux usines au coeur de l’Estrémadure portugaise par la visite du monastère de Santa Maria d’Alcobaça. C’est au début du XIIIe siècle que la construction du bâtiment actuel est entreprise par les moines. La façade, vestige du premier bâtiment est empreinte d’une légère inspiration baroque qui émane de ce contexte de nouveauté. La nef étonne par son gigantisme. Avec plus de 100 mètres de long et 20 mètres de haut, le vaisseau est l’une des plus grandes constructions de l’ordre de Cîteaux. Le transept accueille les tombeaux gothiques d’Inês de Castro et de Pedro Ier, placés de part et d’autre du transept de manière à ce que ‘les deux amants se retrouvent les yeux dans les yeux le jour de la Résurrection. Leur histoire est tragique. Pedro, fils d’Alphonso IV aime Inês, l’une des dames d’honneur de son épouse, Constance de Castille. Le Roi éloigne Inês de la Cour et la place dans un couvent, mais dès la mort de Constance, Pedro part retrouver sa belle. Le Roi, à l’occasion d’une absence de son fils, fait alors assassiner Inês en 1355. Deux ans plus tard, Pedro Ier, devenu roi révèle son mariage secret avec Inês et se venge en faisant arracher le coeur des meurtriers. Il fait exhumer le cadavre d’Inês et impose à chaque membre de la Cour de baiser sa main. Inês reçoit à Alcobaça une sépulture royale. Son tombeau est soutenu par des anges et ses côtés ornés de scènes de la vie du Christ. Celui de Pedro représente des épisodes de la vie de saint Barthélémy. Le cloître du monastère « du Silence », combine avec grâce le style manuélin et la simplicité cistercienne.
« Mère et fils » s’installent Passage Véro-Dodat
Photos/Denis Dailleux © Galerie du Passage
Denis Dailleux est Né en 1958 à Angers. Il vit aujourd’hui au Caire.
Avec la délicatesse qui le caractérise, il pratique une photographie incroyablement exigeante, traversée par des doutes permanents et mue par l’indispensable relation personnelle qu’il va entretenir avec ce, et ceux, qu’il va installer devant son appareil.
Sa passion pour les gens, l’a naturellement amené à développer le portrait comme mode de figuration privilégié de ceux dont il avait le désir d’approcher davantage ce qu’ils étaient.
Et il l’a fait, avec cette même discrétion qui attend que l’autre lui donne ce qu’il espère, sans le revendiquer, en espérant que cela adviendra. Pierre Passebon met en scène cette exposition étonnante, des poses de mères et de fils décalées, des images christiques par excellence, le fils repose torse nu près de sa mère. Pourquoi cette image du rapport mère-fils nous émeut tant ? Parce que le fils par sa nudité est fragile comme à la naissance, parce que la mère semble comblée par ce fils qui la complète. Les fils, gonflés d’orgueil et de tendresse, sont protecteurs, soumis ou juste vivants au plus près de leur reine de Sabbat, qui les dévorent des yeux depuis leur premier souffle. Les clichés nous troublent, un voyeurisme latent nous renvoie aux scènes tant et tant répétées des cultes et des cultures qui s’entrecroisent, où le péché, le pardon, l’absolution, et la rédemption guident nos chemins de traverse vers un monde affectif qui se dérobe pour mieux renaître. Devant ces mères apparemment dociles, qui prennent le pouvoir à travers leur fils, Denis Dailleux nous signifie que la partition du néant s’écrit toujours au masculin.
« Mère et fils » par Denis Dailleux, exposition du 6 novembre au 11 décembre 2013
Galerie du Passage
20/26, Galerie Véro-Dodat – 75001 Paris
http://www.galeriedupassage.com
Chaud devant

Avec Patrick Sarfati, nous nous connaissons depuis très longtemps et même si nous nous sommes perdu de vue, j’ai beaucoup de plaisir à parler de sa nouvelle exposition dans le cadre du mois de la Photographie à la Galerie Alb-Antoine Broccardo. Son nom est associé à l’idée d’une certaine photographie glamour dans les année 80 où il photographie Keith Haring, Jeanne Moreau, Grace Jones, Béatrice Dalle et bien sûr Jean-Paul Gaultier. Il est aussi le premier en France à montrer le corps masculin comme objet du désir homoérotique. Ses noir et blanc sont contrastés et magnifiquement travaillés. Illusions XXL, ce sont des clichés d’une oeuvre déjà classique, merveilleusement remis en lumière par Antoine Broccardo.
Illusions XXL de Patrick Sarfati 12 Novembre au 14 décembre 2013
Alb Antiquités
3, rue de Lille – 75007 Paris
http://www.albantiquites.com
Structures solitaires
Photos/Sean Hemmerle © Feroz galerie
Mea culpa, j’ai oublié les photos extraordinaire de Sean Hemmerle dans ma sélection Paris Photo. Je crois que le fait d’avoir parlé avec lui m’a troublé. J’aime ses images, et même si il photographie la guerre, il pose son appareil à hauteur d’homme, sans artifice pour raconter l’histoire de l’architecture. Sean Hemmerle est né en 1966 à Tempe dans l’Etat de l’Arizona, aux Etats-Unis. Après avoir servi dans l’armée américaine (1984-1988), il entre à l’Université de Miami et reçoit le titre de MFA (Master of Fine Arts) de la School of Visual Arts de New York en 1997. Il devient rapidement la référence pour la photographie d’architecture et de paysage urbain. Suite aux évènements du 11 septembre 2001, il se consacre à l’étude de l’impact de la guerre sur New York, l’Afghanistan et l’Irak. Ses photos me troublent énormément.
http://www.feroz.tv
Mon regard sur Paris Photo au Grand Palais
Trop de monde…Trop de bouscule…Tout compte fait on t’ignore… Mais j’ai pris mon temps, j’ai aiguisé mon regard, stand par stand sur ce rendez-vous international de la photographie et j’ai été très touché par les jeunes photographes. à suivre absolument.
http://www.grandpalais.fr
