La bibliothèque Mazarine…

L’escalier de la bibliothèqueMazarine, Institut de France, Paris, gildalliere, 2020

La bibliothèque Mazarine : regardez là l’orgueilleuse, la sérénissime, si puissante à inspirer l’Institut de France. On y entre par un escalier couronné d’une galerie de bustes antiques, éclairés par une verrière. Au milieu de l’admirable décor datant du 17ème siècle, le silence me trouble. C’est le silence de toutes les solitudes, où seuls se font entendre les craquements des boiseries de l’époque. Cette harmonie secrète mène à l’indolence, l’envie vous gagne de laisser le temps couler, de céder à la belle endormie, de sombrer avec elle. Ambiguïté et richesse humaine de l’académie : sa fierté, sa capacité de vous refuser puis de vous accepter, de vous faire languir, douter et parfois, enfin, de vous aimer le temps des journées européennes du patrimoine.

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La bibliothèque Mazarine…

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Secret d’alcôve …

La porte dérobée de l’hôtel de Soubise, Paris, gildalliere, 2020

Depuis que la princesse Anne de Rohan-Chabot, maîtresse du roi soleil, et le cardinal Louis de Rohan et sa vilaine affaire du collier de la reine, ont quitté l’hôtel de Soubise, les boiseries ont vécu le temps des secrets. Une vision romanesque s’est complu au spectacle de la grandeur déchue. Alors gardons-nous bien d’ouvrir la porte dérobée derrière les volutes patinées d’histoire. Le secret qui y est renfermé suffit pour nous prouver que nos desseins sont exactement remplis. Nous savons de quoi il est question et cela suffit. Rien ne transpire, nous pouvons arriver, tout est prêt. Mais taisons-nous.

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Secret d’alcôve …

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L’eau à la bouche…

L’office du musée Nissim de Camondo, Paris, gildalliere, 2020

Je suis revenu sur les traces de mes années estudiantines. Au musée Nissim de Camondo, j’ai toujours été fasciné par les différentes pièces du service de la bouche. C’est dans cette partie principalement que l’on connaît si l’architecte est savant dans la distribution. C’est par la commodité de ces lieux que chaque chose se trouve dans sa place. Il y règne ce solennel silence qui est de l’ambition de toutes les grandes maisons. Je ne perçois guère qu’un cliquetis de service à thé, un mot ici ou là, à peine un murmure.

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L’eau à la bouche…

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Là ou l’ombre confond la lumière…

L’atelier de Bourdelle, musée Bourdelle, Paris, gildalliere, 2020

Passer trois heures à baguenauder dans l’atelier d’Antoine Bourdelle… J’aime l’obscurité de cette pièce. La pierre sculptée capte l’extrême pointe de la clarté du jardin. Les reflets blanchâtres du buste, comme s’ils étaient impuissants à entamer les ténèbres épaisses des panneaux de boiseries, rebondissent en quelque sorte sur cette obscurité, révélant un univers ambigu où l’ombre et la lumière se confondent. Ce n’est pas une clarté ordinaire, elle possède une qualité rare, une apesanteur particulière, accentuée par le rythme visuel de son œuvre aux effets archaïques.

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Là ou l’ombre confond la lumière…

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L’Hôtel Biron…

Hôtel Biron, musée Rodin, détail de la rampe d’escalier, Paris, gildalliere, 2020

Derrière les encorbellements de l’escalier monumental de l’Hôtel Biron, construit entre 1728 et 1730 par l’architecte Jean Aubert, il y a un contre-champ, une rigoureuse mis en scène, un clair-obscur à la géométrie kafkaïenne. La maîtrise en est troublante. Face au penseur de Rodin, l’ocre vibrant du mur se taille un franc succès. La légèreté du relief creusé dans le mur comme un œil borgne repose sur la sobriété formelle de la ligne de fer forgé suspendue à la lumière qui lui confère une apparence presque éthérée.

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L’Hôtel Biron…

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Mis en valeur…

Le brut du musée des Arts Décoratifs, MAD, Paris, gildalliere, 2020

Le soleil glisse de salons en galeries. On a raclé les murs, on a emporté les boiseries, les stucs, les corniches, les rosaces. On a modifié la forme même des pièces. Les parois, nettes de toute moulure, sont en béton “work in progress “, comme si on avait supprimé le mot fouillis du vocabulaire du musée des Arts Décoratifs, le MAD. L’escalier est aussi nu que sa structure est pâle. Il s’enroule autour d’un axe astiqué, décapé, débarrassé de toute brillance. Il fait face à la lumière…Autour, des articles, des couvertures, des photographies, des tenus iconiques, des accessoires, racontent les 150 ans de mode du mythique HARPER’S BAZAAR. Il est à noter qu’à l’heure où la communauté noire clame haut et fort les injustices raciales qu’elle subit, le célèbre magazine de mode américain vient d’embaucher sa première rédactrice en chef noire : Samira Nasr.

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Mis en valeur…

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L’impératrice des Français…

Joséphine, impératrice des français, 1865 par l’artiste Vital-Gabriel Dubray, Versailles, gildalliere, 2020

Je me suis attardé au château de Versailles pour voir le soleil éveiller les statues. J’y ai croisé une femme qui cherchait L’empereur sur la toile de David « le sacre de Napoléon ». Je pense qu’elle ne l’a pas encore trouvé. Joséphine, « impératrice des Français », sculptée en 1865 par l’artiste Vital-Gabriel Dubray, m’invite à me laisser guider du calme au tumultueux, du grandiose au pittoresque, du sévère à l’aimable, du contraint au naturel. Le mystère demeure un peu flottant parmi les effluves embaumées des jardins. On comprend l’amour et ses nuances infinies de sensualité tendre et infiniment harmonieuse liant d’un seul corps et âmes, ce couple d’une étoffe exceptionnelle. Devant la beauté restaurée et très dévoilée de cette femme émancipée, je suis touché par cet intense, dense et miroitant sentiment qui enveloppa ces deux êtres

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L’impératrice des Français…

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L’effet de réel…

Fenêtre, volets, musée des Arts Décoratifs, MAD, Paris, gildalliere, 2020

La chaleur est écrasante. Derrière les persiennes déglinguées la lumière est brutale, et comme le plafond est bas, le trait illumine l’espace. La moindre trace d’ombre se réfugie dans les coins. Je cherche en vain dans toute la pièce l’ombre fugace. Mon regard ne rencontre que des murs blancs, et le sol à la française dessine comme une mosaïque qui s’impose aux yeux comme une lithographie fraîchement imprimée. L’air frais entre en pure perte, chargé d’un vent brûlant.

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L’effet de réel…

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Souvenirs…

Nature morte, métal argentén étain, cristal Lalique, Paris, collection particulière, gildalliere, 2020

Ma troisième nature morte. Mais qui reconnais-tu ?
L’étain magistralement dessiné par Marie-Claude Bérard, la fleur vide poche de maman signée Lalique, deux vases à offrandes achetés à New-Delhi en argent ciselé, ils symbolisent la naissance, la disparition, et la réincarnation. Quand à la souris suspendue dans le blanc de ma vie, elle porte les rêveries de Lucrecia Calvi.

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Nature morte…

Photo/Gilles Dallière/Céramiques, turquoise, collectionneur, design/ Paris, 2020

L’espace de la scène est traité le plus simplement possible : deux aplats de couleurs marquant la table et le mur. Ainsi, cette table et ce mur deviennent simplement une surface et un fond. Elles ne sont associées à aucune texture et à aucune matière. Il en résulte une impression que les vases représentés sont hors du monde. Ils sont traités comme des formes sculpturales dans une palette limitée au turquoise. La lumière enveloppante génère peu d’ombre. Elle efface les limites de la composition grâce à un vignetage subtil : les formes surgissent alors du néant sans appui matériel apparent. 

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