Le nu fantasmé…

Quel rapport entretenons nous avec la nudité et l’intimité ?
Conditionné par des enjeux religieux et culturels, la superbe grecque laisse place à une morale judéo-chrétienne plus ambiguë sur le sujet. La représentation d’Hercule relève d’une tradition ancienne, un genre artistique à part entière, alors que la représentation naturaliste le dispute à une vision sensuelle, érotique, fantasmée du corps nu.

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Le nu fantasmé…

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Les géométries de lumière…

Les escaliers de la Bourse de Commerce, réflection, Paris, gildalliere, 2021

Dans l’obscurité de la cage d’escalier, à travers les murs de verre, la réflexion des lignes de lumières des frères Bouroullec dessine des horizons de cristal. Elles reflètent le garde-corps de l’escalier comme des chaînes. Elles grimpent sur une vingtaine de mètres comme une colonne vertébrale et brillent comme des éclairs nocturnes. Elles se croisent en laissant derrière elles le passé, en laissant derrière elles le présent ; elles continuent, et se pressent vers le futur.

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Les géométries de lumière…

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L’art est-il immortel ?

Instalation, Rotonde, Bourse de Commerce, Urs Fischer, cire, pigment, mèches, acier, collection Pinault, Paris, gildalliere, 2021


Dans cette mise en scène de Urs Fischer, une réplique de chaise de bureau, un homme debout et une copie grandeur nature de l’Enlèvement des Sabines de Jean de Bologne (XVIe s), l’art se décompose. La lente déliquescence de la cire exprime avec force la condition putrescible du biologique et dit ici quelque chose de la finitude même des civilisations. Doucement, graduellement, l’homme s’affaisse et s’effondre. Il ne restera à la fin de l’exposition qu’une traînée de cire. Le regard se perd dans la projection des ombres de la coupole, et les œuvres sombrent.

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L’art est-il immortel ?

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Champ-contrechamp…

Galerie avec vue, Bourse de Commerce, collection Pinault, Paris, gildalliere, 2021

J’aime les fenêtres, les portes, les seuils, les passages étroits, ceux qui sont obscurs, mais à travers lesquels on rejoint la lumière du soleil, l’architecture, la coupole de la bourse de Commerce, collection Pinault ; l’extase certainement.

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Champ-contrechamp…

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La destruction créatrice…

Sculpture en cire pigmentaire de Urs Fischer, la rotonde, Bourse de Commerce, collection Pinault, Paris, gildalliere, 2021

Difficile de trouver un angle juste pour ne pas faire comme les autres. Difficile d’occulter l’extraordinaire rénovation de la coupole. Et pourtant j’aime être au plus près de l’œuvre de Urs Fischer . C’est une sensation vraiment étrange, face à cette cire pigmentaire au rendu réaliste qui se consume lentement. L’Enlèvement des Sabines se liquéfie, dégouline, se métamorphose dans un saisissant processus de destruction créatrice, noyée dans le flou du béton de Tadao Ando.

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La destruction créatrice…

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Les nuances du bleu…

Les drapeaux-miroirs des frères Bourouroullec, Bourse de Commerce, collection Pinault, Paris, gildalliere, 2021

Par la fenêtre, à travers les stores de la nouvelle Bourse de Commerce, trois grands drapeaux iridescents, conçus par Ronan et Erwan Bouroullec, reflètent en brulant l’infini les nuances du ciel de Paris. Entre celui qui claque et celui qui s’affole, je m’éternise comme celui qui rêve, et mes yeux se remplissent de froissements argentés. Heureux, j’emporte seul ce que je laisse.

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Les nuances du bleu…

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La Bourse de Commerce, collection Pinault…

Réflexion,ouverture, Bourse de Commerce Pinault collection, Paris, gildalliere, 2021

L’architecte Tadao Ando, accompagné de l’agence NeM, Lucie Niney et Thibault Marca, et de Pierre -Antoine Gatier, ont transformé cet édifice historique en musée d’art contemporain. Bien-sûr il y a la rotonde avec sa feuille de béton enroulée au cœur de l’histoire qui tourne et tourne encore pour mettre en lumière la liberté, la diversité, l’équilibre, la vanité, l’humour, la passion, la revendication, la radicalité de la collection Pinault. Par ce geste minimaliste d’une élégance extrême, j’ai choisi de photographier la lumière de l’ombre, les perspectives, évité le travail extraordinaire de l’artiste Urs Fischer sous la coupole . Je me suis posé sur les réflexions, les transparences et l’opacité de la nouvelle Bourse de Commerce Pinault collection.

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La Bourse de Commerce, collection Pinault…

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Silence, on tourne…

Les Deux Plateaux, colonnes de Buren, cour d’honneur du Palais Royal, Paris, gildalliere, 2021

La cour d’honneur du Palais Royal vide. Les Deux Plateaux, l’œuvre de Buren enfin paisible. Voilà une chose bien rare et cela se produit aussi avec les architectures. Il y a les architectures royales, celles qui ont fait l’histoire antique, royale, de l’architecture. Il y a aussi les architectures royales d’aujourd’hui, grandes, sophistiquées, précieuses, précédées d’élaborations technologiques, compliquées, hermétiques. Puis il y a les maisons, les murs, les grilles, les escaliers et les perrons, les fenêtres et les fenestrons, les sols, l’architecture sans histoire et il y a aussi le silence du vide.

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Ils sortent enfin de leur réserve…

Enfin, la joconde, chez Mathias, Paris, gildalliere, 2007

Ils sortent enfin de leur réserve. Prêts, nos musées ? Après deux cents jours portes closes, ils le sont plus que jamais. Avec du gel, des masques, une jauge de réouverture abaissée, et peut-être même un sens de visite qui empêche les marches arrière et des billets horodatés. Mais qu’importe ! On va cesser de se bousculer pour admirer la Joconde et c’est bien.

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Ils sortent enfin de leur réserve…

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La géométrisation des formes…

DIOR : bâche trompe-l’oeil sur l’immeuble historique de l’avenue Montaigne, Paris, gildalliere, 2021

Le monde du luxe est une façade en trompe-l’œil. Des aplats gris Christian Dior, juxtaposés à des fenêtres argentées, cèdent la place à des plans qui s’entrechoquent et se chevauchent, devenant translucides dans le ciel tourmenté de ce mois de mai. Réflexion solaire où les formes sont brisées, comme si on regardait la maison de couture de l’avenue Montaigne à travers un prisme. La bâche procède au décorticage de l’immeuble parisien afin de rendre apparente son armature et d’arriver ainsi au plus près de sa structure. Alors, ce qui n’y apparaît pas, se découvre. 

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La géométrisation des formes…

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