TRY TO GET WHAT YOU LOVE OR YOU'LL BE FORCED TO LOVE WHAT YOU GET
Archives de Catégorie: Clichés/décoration
À la recherche de l’ultime guérison…
Le temple de Kanchi Kamakoti Peetam, Varanasi, Inde, gildalliere, 2008
Tout homme est hindou, par essence, car l’hindouisme est la recherche du bonheur. Ici, il n’y a pas de dieux tristes. Ils symbolisent tous la plénitude. L’hindouisme n’est pas l’enseignement unique d’un prophète ou d’un sage, contrairement au christianisme, où a l’islam, mais la recherche spirituelle de la réalité. L’hindouisme, c’est un océan d’enseignements millénaires, aussi variés que parfois contradictoires, et la meilleure prière est celle du cœur.
Un matin, j’ai glissé à l’intérieur du vide des usines Barriol & Dalliere. Dans cet étrange intervalle, je restais immobile devant ces murs, captivé par la beauté de l’architecture ouvrière, par une soudaine perspective, où les formes et les couleurs vous sourient. Et puis il y avait le dessin de cette tête étrange, homme, femme. Une sorte d’épouvantail, cancrelat de sortilège, poisson-sorcier. Il y avait du vaudou dans l’air. Du coup, cette tête prenait l’aspect menaçant d’un rite. Elle m’a jeté un sort.
Chez Plumeau, confinement, 4 place du Calvaire, Montmartre, Paris, gildalliere, 2020
Tout le paysage montmartrois est là, avec ses ombres et ses fantômes. Mais aujourd’hui, place du Calvaire, il n’y a plus cette musique de cabaret entrecoupée de courants d’air et de chutes de fourchettes. Je ne vois plus rentrer les meutes de touristes sous la tonnelle. Les chaises cannées, les larges banquettes de bois, les guirlandes d’ampoules colorées ont disparu ne laissant place qu’au murmure du pavé. Il s’agit de devenir silencieux pour que le silence nous livre ses mélodies. Il s’agit d’attendre pour que l’attente fasse enfin jouer ses ressorts. Réinventer Montmartre parce qu’elle est pour la plupart une jeunesse.
Le Consulat confiné, 18 rue Norvin, Montmatre, Paris, gildalliere, 2020
Je suis sorti, promenade autorisée d’une heure sur la butte Montmartre. À l’angle de la rue des Saules et de la rue Norvins, Le Consulat est fermé. Le rouge empire de sa façade s’est éteint. Rien ne s’échappe de cette lumière, pas même les chaises bistrot empilées qui cherchent jour après jour la meute des touristes qui montent au village. Toute l’obscurité est dans le jour où tant bien que mal il faut s’orienter. Un détail, ce détail, c’est ici le seul point de passage.
Luxes, exposition, MAD, miroir Nid, Hervé Van der Straeten, robe du soir Grès, haute couture printemps-été 1976, jersey de soie drapé de Racine, Paris, gildalliere, 2020
Au MAD, « LUXES » est associé à l’histoire de l’art depuis l’antiquité. La simplicité de cette installation sensibilise le spectateur aux dimensions de l’espace. Entre le miroir « Nid » d’Hervé Van Der Straeten et la robe du soir haute couture de Grès, entre le trésor argenté de Boscoreale et l’or de la paire de boucles d’oreilles Kwoteneye Kange, ils ont raclé les murs, installé des parois nettes de toute moulure, supprimé le mot fouillis du vocabulaire. Les bijoux, les accessoires, l’art de la table, la décoration, les chinoiseries, l’ornementation, l’esprit art décoratif, le mobilier, le voyage, la mode, et le design, s’assemblent en groupe régis par la règle des proportions. L’accumulation a cédé la place à des ombres sans ombre, des surfaces calmes, des lumières choisies, venues redonner aux objets la grâce du mot précieux.
Le garage, ombre et lumière, contre-jour, Saint-Raphaël, gildallière, 2020
La ténébreuse solitude de ce drap accroché à la porte fenêtre du garage me fait rêver de cinéma. Alors on se fait une toile ? Au-delà du tissu, face à la piscine, au lac, et à la mer, le monde est étendu d’eau. Le vide s’est installé. Les murs n’ont pas gardé la voix des objets. Le décor est planté. Seul le contre-jour se tend avec le soleil. Il regarde passer la lumière, observe le nuage blanc des yeux et peu importe si l’envers n’est pas conforme à l’endroit, il s’obstine à multiplier ses illusions sur la faïence de la salle. Le temps passe. L’ombre fuit. Les murs ne l’ont pas retenu. Ils l’accompagneront jusqu’au soir. Alors là, les personnages pourront enfin prendre chair. Que le spectacle commence…
Les extravertis d’Eric Raffy, villa Alfonsa, le Dramont, Saint-Raphaël, gildalliere, 2020
À la villa Alfonsa, Éric Raffy s’est lancé dans une exploration visuelle autour de la transsexualité. D’immenses portraits colorés expérimentent l’outrance et la sensualité. Dans leurs yeux exagérés, sur leurs bouches pulpeuses, des poussières de bleu, de rose, d’orange, de jaune, s’accrochent au gris bleuté du mur. Ces hommes suspicieux apparaissent et disparaissent selon leurs humeurs. Ils égrènent les noms des visiteurs qu’ils voient passer. Près du bureau, ceux tombés du cadre colmatent de leur salive les fissures du temps. Leurs silences tassent les meubles dessinés par l’architecte designer avec élégance. Celui-ci m’observe à travers le claustra, il m’appelle dans un bruit de toile froissée, tête posée sur le désert d’un châssis vierge, le soleil couchant le colore en rouge et au moment de partir, je lui promets de revenir. Merci mes amis.
Entrée de la villa Alfonsa, réflection, gildalliere, 2020
En toile de fond Sandrine et Éric Raffy. À l’origine, la Villa Alfonsa, posée sur les hauteurs de la plage du Dramont face aux lacs des Carriers et à l’île d’Or. Au commencement, des projets d’architecture, du design, une famille recomposée, des souvenirs qui s’étirent au fil du temps qui passe. À l’arrivée, le rêve moderne d’une Méditerranée méritée. En conclusion, trois appartements et une maison privée, un décor où les gris glacés de vert de Nadine dessinent mille et une perspectives d’une richesse infinie. Les portraits fantasmés d’Éric, conscients de leurs élégances citadines « ex-travesties » que caressent amoureusement les réflexions des miroirs anonymes et des jeux de lumière. In fine, un clic, une réservation, un bol d’air et le confort d’une maison d’hôtes emportée par une soif de création qui n’a pas de frontière.
Escalier du musée national Fernand Leger, Biot, architecte, André Svetchine, gildalliere, 2020
Le transport des forces s’installe au musée Fernand Léger. L’image s’organise au niveau supérieur autour de la volée de l’escalier dessinée par l’architecte André Svetchine. Il souligne les marques du temps sur la pierre dure et sèche. Les formes prennent place, leurs fréquences s’ajustent entre-elles et tissent d’étranges correspondances avec la rigueur graphique et complexe des lignes de force du peintre. Au-dessus, le bleu légèrement perlé du ciel recouvre tout. Le silence glisse, le noir de la rampe luit, les nuages se chargent, Gilbert & George se tiennent debout devant « Les constructeurs », tableau emblématique de Fernand Léger, ils font face à l’étrange, au merveilleux, à l’inexplicable œuvre monumentale « Class War, Militant, Gateway » qu’ils exposent. Il se met à pleuvoir des trombes d’eau.
contre jour, soleil couchant, Nice, gildallier, 2020
Mon petit chat, la vie est un aller simple. Je l’ai compris hier, au bord de la plage en regardant le voilier passer dans la brise du matin. Il est la beauté, il est la vie, je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon. J’ai compris qu’il fallait arrêter de tourner dans la nuit de ma planète, dévoré par ta mort qui brûlait d’angoisse mes entrailles. Hier, enfin, en dispersant tes cendres dans ce jardin, j’ai tourné une page de ma vie. J’ai pris un peu de hauteur pour mieux sentir le vent et partir serein à la conquête de mon espace intérieur. De toute façon je suis trop vieux pour me convaincre que mes chances sont bougrement bonnes, et que ce putain de monde s’intéresse un tant soit peu à mes espoirs et à mes rêves, en supposant qu’il m’en reste. Je suis heureux d’avoir déposé ces dernières roses de l’été, parfumées, sur tes cendres et je te laisse poursuivre ta route.