Est-il nécessaire de trouver une raison de vivre avant de vivre ?

La cage d’escalier des appartements privés de l’hôtel Nissim de Camondo, Paris, gildalliere, 2020

La lumière de l’année à venir passe à peine par le chat de la cage d’escalier de l’année 2020. Mais demain soir c’est le réveillon de tous les dangers. Six, sept, huit, quinze, trente, qui se croient au-dessus des lois à dépasser la jauge d’invités autorisés pour le réveillon du nouvel an ? Ben faut vivre non ? Et la culture, comment elle va ? Ce soir je pense à ce couturier visionnaire que j’ai bien connu. Pierre Cardin nous a quitté ce 29 décembre, à l’âge de 98 ans. Quelle vie, quel talent. Il était un des cinq français les plus connus au monde. Il a enchaîné les inventions futuristes, lancé la première ligne de vêtements pour homme, un homme d’affaires touche-à-tout et un franc-parler qui était le sien. « J’appartiens à l’époque des zazous, des hippies, de Saint-Germain-des-Prés, du temps de Beauvoir, de Sartre et de Gréco. Je suis un dinosaure, et pourtant, le plus ancien couturier aux commandes de sa maison ». Et en vérité il est mort fier d’avoir eu raison avant tout le monde.

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Est-il nécessaire de trouver une raison de vivre avant de vivre ?

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La chute…

Sans titre, Michel BLAZY, 1993/1994, Provenant de la collection / Monnaie de Paris, gildalliere, 2017

Et si, au lieu d’accrocher vos guirlandes au sapin de Noël vous les étaliez au sol après les avoir fabriqués vous-même ! Avec tous les stocks de papier-cul que vous avez acheté au début du confinement, il y a de quoi faire et comme c’est Noël, tout le monde en viendrait à se toucher les boules joyeusement dans une grande symphonie d’orientations sexuelles. C’est l’œuvre de l’artiste Michel Blazy. Sa guirlande occupe tout l’espace droit du Piano Nobile de l’escalier d’honneur de la Monnaie de Paris, exposition en hommage au centre Georges Pompidou. Un courant d’air pourrait faire s’envoler les feuilles de papier Lotus rose mais on s’en fou. Après l’année anxiogène que nous avons passé ensemble à dévaliser les supermarchés il faut finir en beauté. C’est dérisoire, pauvre au possible, fragile, éphémère, mais tellement chic aussi ! Alors à vos rouleaux !

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La chute…

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Joyeux Noël…

Décor de Noël surdimensionné? gildalliere

C’est Noël. Alors pour commencer la journée je vous conseille d’écouter Daphnis et Chloé de Maurice Ravel et surtout le tableau numéro 3 : le lever du jour. Ce mouvement orchestrale est un chef d’œuvre. Vous assistez au lever du soleil dans une nature florissante qui se réveille et se teinte des couleurs changeantes de l’aurore. Des oiseaux piaillent, une cascade plonge dans un ruisseau. Au début vous n’êtes pas encore bien réveillé mais petit à petit les rayons du soleil percent l’horizon, promettant un jour radieux. Il monte lentement et les premières lueurs colorent les nuages de suaves nuances qui s’affermissent pour disparaître aussitôt. Des rouges, des mauves se mêlent au ciel encore sombre. C’est un rêve, le jour ouvre radieux ses bourgeons dans les champs du vide et je suis pareil à l’enfant qui appelle sa mère cent fois, heureux de pouvoir répéter : Maman, c’est Noël…
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joyeux Noël…

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À la recherche de l’ultime guérison…

Le temple de Kanchi Kamakoti Peetam, Varanasi, Inde, gildalliere, 2008

Tout homme est hindou, par essence, car l’hindouisme est la recherche du bonheur. Ici, il n’y a pas de dieux tristes. Ils symbolisent tous la plénitude. L’hindouisme n’est pas l’enseignement unique d’un prophète ou d’un sage, contrairement au christianisme, où a l’islam, mais la recherche spirituelle de la réalité. L’hindouisme, c’est un océan d’enseignements millénaires, aussi variés que parfois contradictoires, et la meilleure prière est celle du cœur.

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À la recherche de l’ultime guérison…

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De l’air…

Graffitis, Barriol & Dalliere, Andrézieux-Bouthéon, gildalliere, 2012

Un matin, j’ai glissé à l’intérieur du vide des usines Barriol & Dalliere. Dans cet étrange intervalle, je restais immobile devant ces murs, captivé par la beauté de l’architecture ouvrière, par une soudaine perspective, où les formes et les couleurs vous sourient. Et puis il y avait le dessin de cette tête étrange, homme, femme. Une sorte d’épouvantail, cancrelat de sortilège, poisson-sorcier. Il y avait du vaudou dans l’air. Du coup, cette tête prenait l’aspect menaçant d’un rite. Elle m’a jeté un sort.

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Place du Calvaire…

Chez Plumeau, confinement, 4 place du Calvaire, Montmartre, Paris, gildalliere, 2020

Tout le paysage montmartrois est là, avec ses ombres et ses fantômes. Mais aujourd’hui, place du Calvaire, il n’y a plus cette musique de cabaret entrecoupée de courants d’air et de chutes de fourchettes. Je ne vois plus rentrer les meutes de touristes sous la tonnelle. Les chaises cannées, les larges banquettes de bois, les guirlandes d’ampoules colorées ont disparu ne laissant place qu’au murmure du pavé. Il s’agit de devenir silencieux pour que le silence nous livre ses mélodies. Il s’agit d’attendre pour que l’attente fasse enfin jouer ses ressorts. Réinventer Montmartre parce qu’elle est pour la plupart une jeunesse.

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Place du Calvaire…

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L’obscurité du jour…

Le Consulat confiné, 18 rue Norvin, Montmatre, Paris, gildalliere, 2020

Je suis sorti, promenade autorisée d’une heure sur la butte Montmartre. À l’angle de la rue des Saules et de la rue Norvins, Le Consulat est fermé. Le rouge empire de sa façade s’est éteint. Rien ne s’échappe de cette lumière, pas même les chaises bistrot empilées qui cherchent jour après jour la meute des touristes qui montent au village. Toute l’obscurité est dans le jour où tant bien que mal il faut s’orienter. Un détail, ce détail, c’est ici le seul point de passage.

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Précieux…

Luxes, exposition, MAD, miroir Nid, Hervé Van der Straeten, robe du soir Grès, haute couture printemps-été 1976, jersey de soie drapé de Racine, Paris, gildalliere, 2020

Au MAD, « LUXES » est associé à l’histoire de l’art depuis l’antiquité. La simplicité de cette installation sensibilise le spectateur aux dimensions de l’espace. Entre le miroir « Nid » d’Hervé Van Der Straeten et la robe du soir haute couture de Grès, entre le trésor argenté de Boscoreale et l’or de la paire de boucles d’oreilles Kwoteneye Kange, ils ont raclé les murs, installé des parois nettes de toute moulure, supprimé le mot fouillis du vocabulaire. Les bijoux, les accessoires, l’art de la table, la décoration, les chinoiseries, l’ornementation, l’esprit art décoratif, le mobilier, le voyage, la mode, et le design, s’assemblent en groupe régis par la règle des proportions. L’accumulation a cédé la place à des ombres sans ombre, des surfaces calmes, des lumières choisies, venues redonner aux objets la grâce du mot précieux.

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On se fait une toile ?

Le garage, ombre et lumière, contre-jour, Saint-Raphaël, gildallière, 2020

La ténébreuse solitude de ce drap accroché à la porte fenêtre du garage me fait rêver de cinéma. 
Alors on se fait une toile ?
Au-delà du tissu, face à la piscine, au lac, et à la mer, le monde est étendu d’eau. Le vide s’est installé. Les murs n’ont pas gardé la voix des objets. Le décor est planté. Seul le contre-jour se tend avec le soleil. Il regarde passer la lumière, observe le nuage blanc des yeux et peu importe si l’envers n’est pas conforme à l’endroit, il s’obstine à multiplier ses illusions sur la faïence de la salle. Le temps passe. L’ombre fuit. Les murs ne l’ont pas retenu. Ils l’accompagneront jusqu’au soir. Alors là, les personnages pourront enfin prendre chair. Que le spectacle commence…

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On se fait une toile ?

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Extravertis…

Les extravertis d’Eric Raffy, villa Alfonsa, le Dramont, Saint-Raphaël, gildalliere, 2020

À la villa Alfonsa, Éric Raffy s’est lancé dans une exploration visuelle autour de la transsexualité. D’immenses portraits colorés expérimentent l’outrance et la sensualité. Dans leurs yeux exagérés, sur leurs bouches pulpeuses, des poussières de bleu, de rose, d’orange, de jaune, s’accrochent au gris bleuté du mur. Ces hommes suspicieux apparaissent et disparaissent selon leurs humeurs. Ils égrènent les noms des visiteurs qu’ils voient passer. Près du bureau, ceux tombés du cadre colmatent de leur salive les fissures du temps. Leurs silences tassent les meubles dessinés par l’architecte designer avec élégance. Celui-ci m’observe à travers le claustra, il m’appelle dans un bruit de toile froissée, tête posée sur le désert d’un châssis vierge, le soleil couchant le colore en rouge et au moment de partir, je lui promets de revenir. Merci mes amis.

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Extravertis…

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