Les courbes du temps…

MAD, musée des Arts Décoratifs, escalier, Paris, gildalliere, 2020

Bye bye 2020 et welcome 2021, mais en même temps rien a changé. Et que dire de la culture ? Que dire des courbes de la nouvelle architecture du Musée des Arts Décoratifs : le MAD ?
Dans cet espace vidé de ses visiteurs, il se dégage une puissance tellurique venue d’ailleurs. Cette écriture linéaire, précise, minimale, fluide, radicale, aérienne, montre la nostalgie d’un futur qui appartient au passé, comme un temple moderniste fossilisé dans un avenir utopique qui n’a pas eu lieu. Un décor à échelle réelle, où la fiction se mélange à la réalité. La beauté brutaliste de ce ruban de béton, atterri au milieu de nulle part, est aujourd’hui gelé par la pandémie. Pour combien de temps encore ?

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Les courbes du temps…

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L’art de la composition…

Nature morte autour de l’oeuvre de la photographe japonaise Rinko Kawauchi chez Antoine de Vilmorin

Je ne pourrais pas dire que j’ai vu quelque chose à fond si je n’ai pas cadré une image révélant un tas de détails qui autrement, ne pourraient même pas être discernés. Chez Antoine de Vilmorin, j’ai mis en scène le travail de la photographe japonaise Rinko kawauchi. J’ai saisi pour elle les détails du quotidien qui échappent souvent au trop pressé : quelques fleurs dans un vase, un livre, le reflet dans le laque d’une table vintage, un tabouret voyageur, une photo de la même artiste posée sur un parquet de buanderie. Ces objets font surgir la beauté, la poésie, l’émotion de cette petite fille encadrée qui regarde ailleurs. La palette photographique de Rinko kawauchi, son art de la composition font la part belle aux marges qui ne sont pas sans lien avec la peinture traditionnelle japonaise.

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L’art de la composition…

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À table…

L’office, Musée Nissim de Camondo, Paris, gildalliere, 2020

C’est le réveillon, il est temps de se mettre en cuisine. Au menu : soupe de tortue géante, blinis Demidoff, cailles en sarcophage farcies au foie gras et sauce aux truffes, salade d’endives aux noix, fromages, baba au rhum et fruits confits. Le tout servi sur quelques petits vins Ruinart et autres Clos Vougeot. À ce stade, je suis à l’office et les rideaux de soie Rubelli du salon peuvent bien prendre feu, le tapis Ben Ouarain devenir marre de sang, et mes fauteuils 637 Utrecht de Rietvelt édités par Cassina, chardon ardent, je n’en ai plus rien à foutre de l’année 2020. Juste un coup d’œil sur la table, la salle est haute, agréable, bien éclairée, tout est bien servi. Ce soir tout m’indiffère. J’ai envie de planer, l’année peut s’achever, je suis déjà loin.

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À table…

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Est-il nécessaire de trouver une raison de vivre avant de vivre ?

La cage d’escalier des appartements privés de l’hôtel Nissim de Camondo, Paris, gildalliere, 2020

La lumière de l’année à venir passe à peine par le chat de la cage d’escalier de l’année 2020. Mais demain soir c’est le réveillon de tous les dangers. Six, sept, huit, quinze, trente, qui se croient au-dessus des lois à dépasser la jauge d’invités autorisés pour le réveillon du nouvel an ? Ben faut vivre non ? Et la culture, comment elle va ? Ce soir je pense à ce couturier visionnaire que j’ai bien connu. Pierre Cardin nous a quitté ce 29 décembre, à l’âge de 98 ans. Quelle vie, quel talent. Il était un des cinq français les plus connus au monde. Il a enchaîné les inventions futuristes, lancé la première ligne de vêtements pour homme, un homme d’affaires touche-à-tout et un franc-parler qui était le sien. « J’appartiens à l’époque des zazous, des hippies, de Saint-Germain-des-Prés, du temps de Beauvoir, de Sartre et de Gréco. Je suis un dinosaure, et pourtant, le plus ancien couturier aux commandes de sa maison ». Et en vérité il est mort fier d’avoir eu raison avant tout le monde.

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Est-il nécessaire de trouver une raison de vivre avant de vivre ?

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Est-ce-que vous savez que vos déchets peuvent devenir des oeuvres d’art ?

La coupole du grand Palais, Paris, gildalliere, 2020

L’année est bientôt terminée. Celle de toutes les distances et malgré le couvre-feu, vous êtes bien résolus à lui faire la fête, alors je vous en supplie arrêtez de balancer tous vos déchets sur les trottoirs, il y a des poubelles pour ça. Et si vous êtes désœuvré, en mal d’amour, où le cul coincé dans l’angle de votre canapé devant une série de Netflix, voir en tête à tête avec votre première peluche, vous pouvez vous inspirer de l’œuvre de l’artiste Franck Scurti. Il réinvente le quotidien au jour le jour en ramassant tous les objets et matériaux que vous balancez négligemment dans les rues. Ses œuvres se constituent de matières dépourvues de valeurs, redéfinies et recomposées comme des rébus dont il est nécessaire de déchiffrer le sens. Emblématique de cette démarche, il a créé une guirlande, « de la maison au studio », à base de lacets noués entre eux et ponctués de petits déchets trouvés au sol. Cette ligne accrochée au clocheton de la nef du Grand Palais mesure 45 mètres. Elle est la réponse en un acte d’un artiste face à l’incivisme, l’irresponsabilité, et à une situation de crise. À vous de suivre…

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La chute…

Sans titre, Michel BLAZY, 1993/1994, Provenant de la collection / Monnaie de Paris, gildalliere, 2017

Et si, au lieu d’accrocher vos guirlandes au sapin de Noël vous les étaliez au sol après les avoir fabriqués vous-même ! Avec tous les stocks de papier-cul que vous avez acheté au début du confinement, il y a de quoi faire et comme c’est Noël, tout le monde en viendrait à se toucher les boules joyeusement dans une grande symphonie d’orientations sexuelles. C’est l’œuvre de l’artiste Michel Blazy. Sa guirlande occupe tout l’espace droit du Piano Nobile de l’escalier d’honneur de la Monnaie de Paris, exposition en hommage au centre Georges Pompidou. Un courant d’air pourrait faire s’envoler les feuilles de papier Lotus rose mais on s’en fou. Après l’année anxiogène que nous avons passé ensemble à dévaliser les supermarchés il faut finir en beauté. C’est dérisoire, pauvre au possible, fragile, éphémère, mais tellement chic aussi ! Alors à vos rouleaux !

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Joyeux Noël…

Décor de Noël surdimensionné? gildalliere

C’est Noël. Alors pour commencer la journée je vous conseille d’écouter Daphnis et Chloé de Maurice Ravel et surtout le tableau numéro 3 : le lever du jour. Ce mouvement orchestrale est un chef d’œuvre. Vous assistez au lever du soleil dans une nature florissante qui se réveille et se teinte des couleurs changeantes de l’aurore. Des oiseaux piaillent, une cascade plonge dans un ruisseau. Au début vous n’êtes pas encore bien réveillé mais petit à petit les rayons du soleil percent l’horizon, promettant un jour radieux. Il monte lentement et les premières lueurs colorent les nuages de suaves nuances qui s’affermissent pour disparaître aussitôt. Des rouges, des mauves se mêlent au ciel encore sombre. C’est un rêve, le jour ouvre radieux ses bourgeons dans les champs du vide et je suis pareil à l’enfant qui appelle sa mère cent fois, heureux de pouvoir répéter : Maman, c’est Noël…
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Au plus près des étoiles…

Jantar Mantar, sur le toit du palais de Mana Mahala, Varanasi, Inde, gildalliere, 2008

Lorsqu’au matin mes yeux se sont ouverts à la lumière, je me suis retrouvé encore plus haut qu’hier sur le toit du palais du maharaja de Jaipur. C’est le Jantar Mantar. Une installation architecturale surdimensionnée de treize instruments astronomiques qui permet d’élaborer des thèmes astraux et de déterminer les dates idéales pour différents événements comme les mariages. J’ai aussitôt senti que je n’étais pas un étranger et que l’inconnaissable sans forme et sans nom m’embrassait. J’ai goûté au miel secret de cette installation qui s’étale au dessus du Gange, sur l’océan de la lumière. J’ai joué sur ces formes infinies et là, face à cet escalier, le Samrat Yantra, j’ai aperçu celui qui est sans forme. Mon corps entier a tressailli.

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À la recherche de la vérité…

Le rickshaw, Varanasi, Inde, gildalliere, 2008

J’ai retrouvé mon chemin. Je ne me suis jamais découragé d’être parti à la recherche de la méditation. Malgré les refus de moins en moins courtois des habitants, la nourriture ignifugée, la tourista en embuscade, les infirmes se traînant sur les trottoirs, les tas d’ordures, les chiens, les odeurs, la circulation assourdissante, les vaches, les singes, les rickshaws édentés, la moiteur écrasante, les guides qui vous traquent, l’Inde quoi, j’ai compris qu’au lieu de chercher ce que je n’ai pas, je dois retrouver ce que je n’ai jamais perdu.

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Entre ombre et lumière…

Vue sur le Gange, Varanasi, Inde, gildalliere, 2008

Je me suis isolé, très loin de tout et de tous. J’ai pris de la hauteur dans tous les sens du terme pour mieux voir le courant indifférent filer à la lisière d’un banc de sable et d’un amas de verdure. Ça et là quelques barques se laissent bercer par le clapotis cristallin de son cours assombri par la cendre des crémations. Il en brûle près de 30 000 par an et le feu ne s’est jamais éteint depuis que la ville est ville, c’est à dire 3000 ans. Le Gange serpente entre ombre et lumière, et la pâleur des fastes de la cité épuisée ne le trouble guère. Sa richesse ne fait pas tapage, sa pauvreté ne le ternit pas, les deux l’embellissent. Seul, sur cette terre sacrée courent les pas d’un homme pressé de sortir de mon cadrage.

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Entre ombre et lumière…

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