Aux sources de l’Irrawaddy…

Aux sources de l’Irrawaddy, Pagan, Bateaux de croisière, Birmanie, Myanmar, gildalliere, 2005

Le fleuve, l’immensité de ce fleuve, la certitude tranquille de sa course vers l’embouchure. Pour le marinier qui en épie sans cesse la surface, prêt à lire au moindre tourbillon le danger qui pointe, il n’est qu’une suite de pièges avec lesquels ruser. Pour le paysan qui pousse sa charrue dans le champ qu’irrigue l’Irrawaddy, pour le pêcheur penché sur ses filets, pour le forestier qui remorque un train de teck long comme une île, pour le chercheur d’or, les yeux rivés à son tamis, il est simplement un moyen de subsistance, la source de la vie quotidienne.

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Aux sources de l’Irrawaddy…

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Inspiration originelle…

Inspiration originelle, Anvers, Belgique, Boris Vervoordt, gildalliere, 2006

« Laisser une chose incomplète la rend intéressante et procure le sentiment qu’il reste de la place pour son développement ».
Yoshida Kenzo (1283-1350), extrait du Tsurezuregusa, « Les heures oisives ». Ici, une beauté indescriptible exsude des murs et dans la lumière diffuse, j’apprécie l’usage récurrent de l’ombre. Les imperfections y prennent une importance toute particulière, la cheminée impose sa renaissance, le mobilier résiste aux tendances. La maison de Boris Vervoordt résonne d’une harmonie discrète en plein cœur du quartier historique d’Anvers : le Vlaeykensgang.

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Inspiration originelle…

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Le vide culturel…

La nef du musée des Arts Décoratifs, Paris, gildalliere, 2020

Je n’arrive pas à comprendre qu’on n’ait pas pu, ou su, aménager en faveur des musées des dispositions qui auraient évité leur fermeture. Dans le fond, on ne considère pas la vie culturelle comme une priorité forte qu’il faut, autant que possible, savoir préserver. Alors on se précipite dans les grandes surfaces. On dévalise les stocks de papier cul. Et il reste le vide, un jeu de transparence forcé, une mise en scène du rien. Et dans ce désert culturel, il faut aussi dire la beauté sidérante et folle de l’architecture. Ici, dans la nef du MAD, tout est composé avec la même écriture : linéaire, précise, monumentale et musicale. Il ne faut pas sous-estimer à quel point l’ouverture d’un musée relève d’un mécanisme professionnel très complexe. Le cas est unique et le temple de l’art décoratif est fossilisé dans un avenir incertain.

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L’atelier du sculpteur…

Antoine Bourdelle, le centaure mourant, l’atelier, Paris, gildalliere, 2020

Ce centaure passe des heures à mourir dans la communion parfaite des lumières et des contrastes de l’atelier d’Antoine Bourdelle. L’homme-cheval, rongé de douleurs parce qu’il est immortel, obtint finalement du sculpteur de mourir dans l’enceinte du théâtre des Champs-Élysées. Il meurt sans plainte ni faux-semblants, sans voyeurisme non plus, la tête posée sur son épaule. Jérôme Godeau écrit : « Si les frisons de la robe, l’ondulation des flancs sont d’un modelé sensuel, l’allongement de la taille, l’envasement du torse, l’étirement de la ligne du bras et du cou s’inscrivent dans la perfection d’une figure géométrique ». Très haut, il tutoie les étoiles, les sabots profondément ancrés dans son socle de plâtre.

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L’atelier du sculpteur…

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L’alignement…

Angle rue Fabert rue de l’université, Paris, gildalliere, 2020

Cette allée de tilleuls sur l’esplanade des Invalides représente une écriture sensible et personnelle, une invitation au voyage et à la contemplation. Un instant fragile et suspendu dans lequel le temps semble s’être arrêté. Les arbres deviennent des monuments au sens où ils évoquent la mémoire urbaine. Ici, l’arbre contribue à forger l’identité des citadins en marquant leur espace de vie.

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L’alignement…

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Les emmarchements de l’histoire…

Escalier de l’hôtel de Sandreville, 26 rue des Francs Bourgeois, Paris, gildalliere, 2020

En plein cœur du Marais, l’architecture classique joue un rôle essentiel. Recherche de la profondeur, succession de plans, recul pris par rapport au rez-de-chaussée, le cadrage de l’escalier de l’hôtel de Sandreville occupe tout l’espace. Le sens des pleins et des vides est dominé par la maîtrise de la perspective. Le sens des volumes et le jeu des emmarchements traduisent un emboîtement de formes ou la rigueur domine, accentuée par les jeux de lumière et d’ombre et même le léger balancement de la lanterne suspendue. La rampe est plongée dans l’obscurité pour que l’œil se concentre sur la vue de la cour intérieure, baignée de lumière. 

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Les emmarchements de l’histoire…

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La liberté de l’ornement…

Le petit bureau, où salon anglais, musée Nissim de Camondo, Paris, gildallière, 2020

Le petit bureau aux murs tendus de soie cramoisie est aménagé avec raffinement. Moïse de Camondo redresse toutes les idées fausses sur un style où la discipline n’est pas moins importante que l’imagination, où la pensée du tout prime sur la liberté de l’ornement, où la soumission à la règle compte plus que le caprice de la fantaisie. Ici, l’exceptionnel ensemble d’esquisses montrant divers épisodes des chasses du roi Louis XV, voisine avec des Guardi. Une série de médaillons de terre cuite par Jean-Baptiste Nini représentant les profils de personnalités du XVIIIe siècle constitue une saisissante galerie de portraits. Le baroque souvent jugé comme une explosion désordonnée d’extravagances est au contraire l’art qui exige le contrôle le plus stricte. Malheureusement il va falloir patienter au moins trois semaines encore pour visiter un musée.

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Les courbes du temps…

MAD, musée des Arts Décoratifs, escalier, Paris, gildalliere, 2020

Bye bye 2020 et welcome 2021, mais en même temps rien a changé. Et que dire de la culture ? Que dire des courbes de la nouvelle architecture du Musée des Arts Décoratifs : le MAD ?
Dans cet espace vidé de ses visiteurs, il se dégage une puissance tellurique venue d’ailleurs. Cette écriture linéaire, précise, minimale, fluide, radicale, aérienne, montre la nostalgie d’un futur qui appartient au passé, comme un temple moderniste fossilisé dans un avenir utopique qui n’a pas eu lieu. Un décor à échelle réelle, où la fiction se mélange à la réalité. La beauté brutaliste de ce ruban de béton, atterri au milieu de nulle part, est aujourd’hui gelé par la pandémie. Pour combien de temps encore ?

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Ablutions…

Le ghat du maharaja de Varanasi, Inde, gildalliere, 2008

Loin des infobésités de notre monde, je regarde le fleuve sacré charrier ses flots sous un ciel lointain. Son courant indifférent file en bordure des pensées foisonnantes de mes jours et de mes nuits. Au pied des marches, l’eau s’éclaircit. Le sable se voit au fond, et la pâleur des fastes épuisés des ghâts du palais du maharaja ne la trouble guère. Le matin est arrêté, interdit, et le ciel blafard semble fermer les yeux sur les ablutions silencieuses des indiens.

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Ablutions…

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Le marbre attendri de Flore…

Flore, Antoine André, 1676, jardin des Tuileries, Paris, 2020

Que cette femme est jeune et belle ! Comme elle est grande dame en même temps que déesse. Le vent est tombé, les feuilles ne se balancent plus et restent en équilibre sur les branches chargées de soleil couchant, taillées en marquise. La copie de Flore, de la collection Farnèse, sculptée par Antoine André en 1676 s’est avancée jusqu’à l’extrême bord de l’image. Jamais sculpteurs grecs ou romains ne possèdent à ce degré l’art de tailler et d’attendrir le marbre. Dans la lumière ocre de la façade de l’Orangerie, sur fond d’automne confiné, elle nous toise depuis 1798 au jardin des Tuileries. Sa toge ouverte sur la chair blanche de ses cuisses devient noire à l’endroit d’une fente cachée.

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Le marbre attendri de Flore…

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