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Images
Révolution de palais…
Les escaliers du musée Carnavalet, 2ème étage, Paris, gildalliere, 2021
Au nouveau musée Carnavalet, modernité oblige. En partenariat avec le cabinet norvégien Snøhetta, chargé des rapports contemporains, d’impressionnants escaliers en acier en forme de toboggans font effet d’un seul et unique faisceau reliant les différents espaces d’expositions entre eux. C’est un musée conçu comme un décor, c’est le théâtre de l’histoire de Paris.
Quel rapport entretenons nous avec la nudité et l’intimité ? Conditionné par des enjeux religieux et culturels, la superbe grecque laisse place à une morale judéo-chrétienne plus ambiguë sur le sujet. La représentation d’Hercule relève d’une tradition ancienne, un genre artistique à part entière, alors que la représentation naturaliste le dispute à une vision sensuelle, érotique, fantasmée du corps nu.
L’escalier d’honneur du musée Carnavalet, musée de l’histoire de Paris, gildalliere, 2021
Le nouveau musée Carnavalet relève le défi de raconter l’histoire de Paris sur 3900 m2. Pensé comme un voyage authentique dans le passé et le présent de la capitale, le nouveau parcours construit pour la première fois selon un fil chronologique continu, dévoile sur quatre niveaux ses plus grands trésors historiques, de la préhistoire à nos jours.
Les escaliers de la Bourse de Commerce, réflection, Paris, gildalliere, 2021
Dans l’obscurité de la cage d’escalier, à travers les murs de verre, la réflexion des lignes de lumières des frères Bouroullec dessine des horizons de cristal. Elles reflètent le garde-corps de l’escalier comme des chaînes. Elles grimpent sur une vingtaine de mètres comme une colonne vertébrale et brillent comme des éclairs nocturnes. Elles se croisent en laissant derrière elles le passé, en laissant derrière elles le présent ; elles continuent, et se pressent vers le futur.
Dans cette mise en scène de Urs Fischer, une réplique de chaise de bureau, un homme debout et une copie grandeur nature de l’Enlèvement des Sabines de Jean de Bologne (XVIe s), l’art se décompose. La lente déliquescence de la cire exprime avec force la condition putrescible du biologique et dit ici quelque chose de la finitude même des civilisations. Doucement, graduellement, l’homme s’affaisse et s’effondre. Il ne restera à la fin de l’exposition qu’une traînée de cire. Le regard se perd dans la projection des ombres de la coupole, et les œuvres sombrent.
Galerie avec vue, Bourse de Commerce, collection Pinault, Paris, gildalliere, 2021
J’aime les fenêtres, les portes, les seuils, les passages étroits, ceux qui sont obscurs, mais à travers lesquels on rejoint la lumière du soleil, l’architecture, la coupole de la bourse de Commerce, collection Pinault ; l’extase certainement.
Sculpture en cire pigmentaire de Urs Fischer, la rotonde, Bourse de Commerce, collection Pinault, Paris, gildalliere, 2021
Difficile de trouver un angle juste pour ne pas faire comme les autres. Difficile d’occulter l’extraordinaire rénovation de la coupole. Et pourtant j’aime être au plus près de l’œuvre de Urs Fischer . C’est une sensation vraiment étrange, face à cette cire pigmentaire au rendu réaliste qui se consume lentement. L’Enlèvement des Sabines se liquéfie, dégouline, se métamorphose dans un saisissant processus de destruction créatrice, noyée dans le flou du béton de Tadao Ando.
Les drapeaux-miroirs des frères Bourouroullec, Bourse de Commerce, collection Pinault, Paris, gildalliere, 2021
Par la fenêtre, à travers les stores de la nouvelle Bourse de Commerce, trois grands drapeaux iridescents, conçus par Ronan et Erwan Bouroullec, reflètent en brulant l’infini les nuances du ciel de Paris. Entre celui qui claque et celui qui s’affole, je m’éternise comme celui qui rêve, et mes yeux se remplissent de froissements argentés. Heureux, j’emporte seul ce que je laisse.
Réflexion,ouverture, Bourse de Commerce Pinault collection, Paris, gildalliere, 2021
L’architecte Tadao Ando, accompagné de l’agence NeM, Lucie Niney et Thibault Marca, et de Pierre -Antoine Gatier, ont transformé cet édifice historique en musée d’art contemporain. Bien-sûr il y a la rotonde avec sa feuille de béton enroulée au cœur de l’histoire qui tourne et tourne encore pour mettre en lumière la liberté, la diversité, l’équilibre, la vanité, l’humour, la passion, la revendication, la radicalité de la collection Pinault. Par ce geste minimaliste d’une élégance extrême, j’ai choisi de photographier la lumière de l’ombre, les perspectives, évité le travail extraordinaire de l’artiste Urs Fischer sous la coupole . Je me suis posé sur les réflexions, les transparences et l’opacité de la nouvelle Bourse de Commerce Pinault collection.
Les branches du platane d’Orient du parc Monceau, Paris, gildalliere, 2021
Le platane d’Orient, parc Monceau, Paris, gildalliere, 2021
« Les arbres que j’ai vu jaillir le plus droit ne sont pas ceux qui poussent libres. Car ceux-là ne se pressent pas de grandir, flânent dans leur ascension et montent tout tordus. Tandis que celui-là de la forêt vierge, pressé d’ennemis qui lui volent sa part de soleil, escalade le ciel d’un jet vertical, avec l’urgence d’un appel. » Antoine de Saint Exupéry, Citadelle.