Les architectes de la Tate Modern de Londres et du stade olympique de Pékin, HERZOG & DE MEURON viennent d’achever la première boutique MIU MIU au coeur du quartier AOYAMA à TOKYO . Un bâtiment plus opaque que transparent, presque intime, qu’il faut vouloir découvrir. 720 m2 sur deux étages cachés sous un vaste auvent en bordure de rue. Sans logo ni repère la façade est lisse comme un miroir et c’est sous cette pente surdimensionnée que la boutique devient visible. Le vert des brocarts marque tout l’espace. Le cuivre extérieur et intérieur reflète cette couleur emblématique. Dans ce quartier où prolifère les marques de luxe, l’architecture est hétérogène. Jacques Herzog et Pierre de Meuron y ont posé une boîte dont la couverture s’ouvre légèrement pour y marquer l’entrée et permettre aux piétons de regarder à l’intérieur. C’est dans cette transparence que tout devient vivant.
http://www.miumiu.com
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Cette église est une véritable œuvre d’art qui se transforme en fonction de l’angle de vue de celui qui la regarde. « Reading Between the Lignes », est son nom, elle a été conçue par le groupe d’architectes « Gijs Van Vaerenbergh » dans la campagne de Looz en Belgique. Cette œuvre architecturale est composée de 100 couches d’acier empilées et décalées à égale distance. La structure devient tantôt pleine, parfois ajourée, voire transparente comme un mirage. Les curieux qui regarderont de l’intérieur de l’église vers l’extérieur seront les témoins d’un jeu de lignes jouant sur les abstractions et qui devraient modifier leur perception de l’environnement. L’église et le paysage font partie inhérente de l’œuvre. Entre le visible et l’invisible il ne reste plus qu’à la consacrer.
http://www.gijsvanvaerenbergh.com
Vu sous cet angle, Dieu existe

Photo/Gilles Dallière/Paris/2014
Après cinq ans de travaux et plusieurs mois de crise,le musée Picasso accueille ses premiers visiteurs le 25 octobre. Cette date n’a pas été choisie au hasard, pour Picasso, c’est essentiel puisque c’est sa naissance (25 octobre 1881), et coup de chance, la Monnaie de Paris et la Fondation Louis Vuitton ouvrent la même semaine.
Le musée possède 5.000 oeuvres de l’artiste dont 300 peintures et 300 sculptures. Il vient encore de s’enrichir du don de Maya Picasso : un dessin recto-verso, avec un portrait de Guillaume Apollinaire, et un carnet de croquis de nus. De l’hôtel Salé de Pierre Aubert de Fontenay (1656) à Pablo Picasso (2014), il reste le grand escalier qui vient d’être entièrement restauré. Il reprend le système de l’escalier de Michel-Ange à la Bibliothèque Laurentienne à Florence. Deux volées de marches, impériales, surplombées d’un balcon en saillie et d’une galerie multipliant les effets de perspective. Une vraie salle de spectacle pour le peintre espagnol.
États des lieux
La ville immaculée

Photo/Gilles Dallière, Alger 2002
La coexistence entre les écritures architecturales contradictoires a transformé depuis longtemps le paysage d’Alger en une séquence étonnante d’objets autonomes et cependant capables de dialogues. Je ne suis pas resté assez longtemps pour découvrir cette création urbaine unique, inscrite dans les relations entre l’Algérie et la France. La « ville blanche » déploie un paysage intense et harmonieux. Il me manque ce que je n’ai pas vu de la chronique urbaine d’Alger avec les édifices de Frédéric Chassériau, Benjamin Bucknall, Auguste Perret, Le Corbusier, Fernand Pouillon, Roland Simounet et le grand Oscar Niemeyer, entraînés tour à tour dans un tourbillon d’espoirs et de déceptions. À suivre un jour…
Un « Mirage » traversé par le paysage
Encastrée dans la falaise de l’île de Tinos en Grèce, cette maison d’architecte fait corps avec l’eau et la lumière du soleil. Stelios Kois et Nikos Patsiaouras (Kois Associated Architects) l’ont construite comme une lame de béton dont le toit terrasse et piscine devient le miroir d’eau de la mer Égée. Sous le toit, le salon fait corps avec le paysage. C’est la pente raide, plongeant dans le bleu marine, qui a dicté sa forme et sa dimension : un parallélépipède de 198 m2 qui s’encastre dans la montagne. Les deux architectes utilisent la force du terrain pour créer les niveaux de plain-pied avec la falaise. Camouflée par le toit et isolée des regards extérieurs l’habitation est baignée de lumière naturelle rythmée par la course du soleil. C’est cette transparence qui fait que dès l’entrée le regard plonge dans l’espace. Il glisse sur cet immense carré d’eau qui ressemble à un « Mirage ».
http://www.koisarchitecture.com
Le palais des marbres

Photo/Gilles Dallière Tunisie, Skanès, 2006
Le palais que réalisa Olivier Clément Caboub est sobre et moderne. Nous sommes au début des années 60, le président Bourguiba et sa femme se font construire cette résidence d’été entièrement recouverte de marbre veiné, dominant la mer au milieu d’un parc de 50 hectares planté de palmiers. La décoration intérieure est confiée à trois décorateurs : le grand salon et les halls d’attente à Maxime Old, la salle à manger et la suite d’un membre de la famille du président à André Leleu et l’aile du président à Raphaël. Max Ingrand dessine les luminaires et les fontaines. Le lieu est exceptionnel, mais ce qui m’a le plus touché c’est ce moucharabieh de marbre extérieur dont le maillage accélère le passage du vent qui diffuse la fraîcheur à l’intérieur du palais des marbres. Un très beau souvenir.
L’architecture de l’urbanisme

Photo/Gilles Dallière, Firminy
Le site Le Corbusier de Firminy, dans la Loire a été construit par Édouard Charles Jeanneret ( mais il a fait quoi Le Corbusier). C’est en 2003 que les travaux de l’église reprirent après 30 ans d’arrêt. L’ouvrage fut inauguré en 2006 pour la première biennale du design à Saint Étienne. Quelle souvenir, devant l’extase des journalistes face aux HLM de mon enfance, crées pour les mineurs et les ouvriers des usines de métallurgie, tout comme le stade municipal. Aujourd’hui, l’église Saint Pierre est classée monument historique. Le béton sert surtout à témoigner de l’oeuvre architecturale de « Le Corbusier ». C’est la lumière qui pénètre dans l’église par ces orifices géométriques rouges, jaunes, verts, bleus qui dessinent la constellation d’Orion qui me fascine toujours. Cette architecture est puissante et Jeanneret, l’éternel maître d’oeuvre de ce mouvement moderne, il faut lui rendre hommage.
L’expression

Photo/Gilles Dallière, Milan
De tous les mouvements artistiques, l’expressionnisme apparaît comme celui qui marque de sa puissante empreinte la plus large diversité de disciplines.
Un escalier vernaculaire

Photo/Gilles Dallière, le Ksour de Médénine, Tunisie, 2011
Un très beau souvenir ce voyage entre Noël et le jour de l’an. Nous avons pris le temps de vivre, de marcher, de visiter et ces escaliers en terre sont étonnants. Ils sont bâtis soit en creusant le mur, soit en fixant les marches sur ce dernier en les laissant découvertes. Ils peuvent être simple, incorporés dans l’épaisseur même du torchis, comme les escaliers des jardins en terrasses. L’envolée est audacieuse et dans ce cas le délicat problème du départ est ici résolu : si les marches sont épaisses et creusées dans le mur, elles n’ont pas de sottoscala ; si elles sont indépendantes et fixées au mur, elles n’en ont pas plus.
« Work in progress »

Photo/Gilles Dallière, Bègles, 2009
Il est très tôt , la terre est gelée, la tête aussi et nous allons faire un catalogue de luminaire. L’escalier de l’hôtel est suspendu dans le vide. Il monte au ciel à volée droite infinie. Pour s’approcher de ce rêve, les architectes et les ingénieurs ont essayé de défier les lois de la gravité en utilisant des matériaux qui permettent des sections de plus en plus subtiles. Le béton armé, l’acier et le verre permettent au dessinateur contemporain de transformer en réalité les rêves des siècles passés. En même temps il est au bord de l’autoroute.


