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La ville immaculée

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Photo/Gilles Dallière, Alger 2002
La coexistence entre les écritures architecturales contradictoires a transformé depuis longtemps le paysage d’Alger en une séquence étonnante d’objets autonomes et cependant capables de dialogues. Je ne suis pas resté assez longtemps pour découvrir cette création urbaine unique, inscrite dans les relations entre l’Algérie et la France. La « ville blanche » déploie un paysage intense et harmonieux. Il me manque ce que je n’ai pas vu de la chronique urbaine d’Alger avec les édifices de Frédéric Chassériau, Benjamin Bucknall, Auguste Perret, Le Corbusier, Fernand Pouillon, Roland Simounet et le grand Oscar Niemeyer, entraînés tour à tour dans un tourbillon d’espoirs et de déceptions. À suivre un jour…

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Théatre São Luis photo Gilles Dallière
Photo/Gilles Dallière Brésil 2002
La ville s’était mise à sentir le moisi, tout exprès pour nous. Nous avions changé de monde, à São Luis do Maranhão tout est couleur. Même la saleté, la poussière, le dérisoire ont changé de registre. Ici tout est devenu si dense, si plein, et si lent, si incompréhensiblement lent. Et comme il est violent pour nous d’accéder à cette lenteur-là, et d’y survivre plus de deux jours. Le soir la ville moite, vibre de gens qui traversent en tous sens, de lumières, de couleurs, et enfin de musique. Entre ces murs gras, il y a des traces et parfois il en naît quelque chose de beau et de porteur d’un autre sens que le sens premier. Peut-être enfin est-il temps d’accrocher à cette relique, ces vieux murs du quartier historique de São Luis, l’énorme faix que ce climat tropical nous a laissé sur le cœur, et qu’il soit possible que cette ville passe à autre chose, classée au programme du patrimoine mondial par l’Unesco ?
Peut-être…

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L’usure du monde

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Photo/Gilles Dallière Florence 1998
Après la clôture de l’exposition sur les dessins de Polidoro de Caravaggio, s’ouvre une nouvelle présentation dédiée à un maître italien de la Renaissance tout aussi « fascinant mais difficile », selon la très juste expression trouvée par Carel van Tuyl dans son remarquable essai d’introduction au catalogue. Le Louvre a en effet décidé de mettre à l’honneur Baccio Bandinelli (1493-1560), souvent relégué à l’arrière-plan d’une scène florentine qu’on estime dominée par Pontormo ou Cellini. Et malgré les louanges de Vasari, passé par son atelier, l’historiographie a construit son jugement à partir d’un quiproquo. Définissant avant tout Bandinelli par rapport à Michel-Ange, la critique a durablement fait de notre artiste un malheureux rival, un épigone maladroit, un pâle reflet du « divin » génie. On s’en doute, le parti pris de l’exposition va à l’encontre de ce postulat1, en montrant l’importance et l’originalité d’un maître du disegno, sculpteur et peintre, favorisé par les Médicis durant toute sa carrière. Et franchement la plastique est magnifique.

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La décrépitude d’une ville

Salvador de Bahia
Photo/Gilles Dallière, Salvador de Bahia, 2013
La police est en grève à Salvador de Bahia. Le taux d’homicides dans la ville a grimpé de 400 % de 2010 à 2014, d’après les statistiques de l’Institut de recherches économiques appliquées. Salvador va accueillir six matchs de la Coupe du monde. Dans la première phase elle recevra les équipes et les touristes d’Espagne, d’Allemagne et de Suisse comme têtes de série, outre la Hollande, la France, le Portugal, l’Iran et la Bosnie. La justice de Bahia a décrété mercredi la grève de la police comme étant « illégale » et infligé une amende de 50 000 reais par jour (16 000 euros) au syndicat des grévistes s’ils ne reprennent pas le travail. En principe, la police n’est pas autorisée à faire grève au Brésil et le tribunal de Bahia a souligné que le mouvement de grève « bafoue le droit assuré constitutionnellement à la sécurité publique ». C’est pas gagné à Salvador de Bahia.

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Le palais des marbres

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Photo/Gilles Dallière Tunisie, Skanès, 2006
Le palais que réalisa Olivier Clément Caboub est sobre et moderne. Nous sommes au début des années 60, le président Bourguiba et sa femme se font construire cette résidence d’été entièrement recouverte de marbre veiné, dominant la mer au milieu d’un parc de 50 hectares planté de palmiers. La décoration intérieure est confiée à trois décorateurs : le grand salon et les halls d’attente à Maxime Old, la salle à manger et la suite d’un membre de la famille du président à André Leleu et l’aile du président à Raphaël. Max Ingrand dessine les luminaires et les fontaines. Le lieu est exceptionnel, mais ce qui m’a le plus touché c’est ce moucharabieh de marbre extérieur dont le maillage accélère le passage du vent qui diffuse la fraîcheur à l’intérieur du palais des marbres. Un très beau souvenir.

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Les bleus d’Asilah

art de rue Asilah Maroc, Gilles Dallière
Photo/Gilles Dallière, Asilah, Maroc
Asilah fut romaine, espagnole et portugaise, elle me fait penser à la cité maritime d’Essaouira en plus petit. Ses maisons blanches sont agrémentées d’un bleu et d’un vert lumineux qui la distinguent des autres villes. Le street-art, les fresques ornent les murs de la ville ancienne, oasis de culture. Quand on rentre par la porte de la mer dans la médina, elle nous invite à flâner au hasard de ses ruelles colorées. Qu’importe que le vent s’amuse des oeuvres accrochées dans le ciel, la cité est magique.

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Une classique envolée

Milan 2005 Gilles Dallière
Photo/Gilles Dallière, Milan 2005
Il règne dans cet escalier un solennel silence, impressionnant. Ce palazzo est mystérieusement oppressant, comme s’il renfermait des secrets. Le décor est splendide, le silence me trouble, c’est le silence de toutes les solitudes. Cette harmonie secrète qui mène à l’indolence, vous donne l’envie de laisser le temps couler et d’observer ces marches dont la hauteur est diminuée afin de rendre plus solennelle l’ascension depuis l’entrée du palais jusqu’au galeries ouvertes sur la cour. Une visite que je fais chaque année, symbole de l’ascension vers la connaissance.

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Hors culture de notre monde


Photo/Gilles Dallière, San Pietro
Nous avons passez nos vacances sur l’île de San Pietro au large de la Sardaigne au « Poecylia Resort ». Une île Qu’il faut parcourir en voiture, une exaltante aventure pour les yeux et pour le coeur. La beauté réapparaît dans la zone la plus sauvage. Poecylia est Un refuge, un ermitage où la nature semble avoir gagnée sur l’homme. La maison est plantée sur des terrains paludéens, enserrés, contenus, presque vierges. Tout est imprégné d’un calme immobile : les distances démesurées des champs, les bosquets entaillés, les longues files d’eucalyptus : tout est lié, compact, fondu. Une philosophie à partager, sous le signe d’une hospitalité attentive hors de l’espace et du temps. Une maison sans histoire, empreinte pure d’une pure beauté, un immense rêve géographique de champs et de mer. Là on peut s’évader, oublier ses devoirs, s’autoriser parmi des gens heureux de vraies vacances.
http://www.poecyliaresort.com

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Alger la blanche

ruine Algérie Gilles Dalliere
Photo/Gilles Dallière, Alger
Zahia est partie en Algérie, retrouver sa famille, je pense à elle, ce voyage doit être très émouvant. Je suis allé une seule fois à Alger, pour le reportage de la maison « des oliviers », où Charles de Gaulle s’installe pendant la deuxième guerre mondiale. J’ai vraiment aimé cette ville, la basse Casbah, le quartier de la Marine, la place des Martyrs. Son front de mer est tout blanc comme le boulevard Khémisti qui donne sur le jardin de l’horloge et tous ces bâtiments construits par de très grands architectes. c’est un pays magnifique, qui s’ouvre, encore sauvage et qui m’a emmené jusqu’a Tipaza sur les traces d’Albert Camus. inoubliable.

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