Que de la beauté…

Les colonnes du Palais Galliera, Paris, gildalliere, 2021

C’est comme un travelling de cinéma, on voit venir sur la droite et sur la gauche deux galeries ouvertes suivant les courbes de la cour, scandées par des colonnes à bossage et des chapiteaux d’ordre corinthien. Sur le toit, une balustrade traditionnelle laisse la vue se perdre face à l’étendue vaste et fuyante du palais de Chaillot. Alors, puisqu’on ne sait pas où passe le passé et que le temps ne revient pas, que fait-on quand on restaure ?
Avant l’exposition Gabrielle Chanel, on vise à mettre dans la vie de tous les jours, un peu de beauté, de liberté, et l’élégance de la duchesse Maria de Ferrari de Galliera, qui brilla un temps ici à l’abri des regards.

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Que de la beauté…

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L’esprit d’escalier…

Musée du Louvre,Escalier Lefuel, Aile Richelieu, Paris, gildalliere, 2021

Je suis au pied du grand escalier monumental Lefuel. Je monte quelques marches dans la poussière du temps. C’est une des réalisations les plus emblématiques de l’architecture du XIXe siècle. Il fut édifié entre 1852 et 1858 dans l’aile nord des bâtiments du Nouveau Louvre, appelée désormais aile Richelieu. Par les oculus du haut, tombe un jour pâle dont le faisceau oblique désigne la double volée de pierre blanche richement décorée de multiples sculptures. Il est bon qu’avant de monter cette suite de marches, je puisse donner un peu plus d’élégance à ma démarche.

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L’esprit d’escalier…

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Féérique…

Le lustre surdimensionné, Les Franciscaines, Deauville, gildalliere, mon été 2021

En architecture, j’aime la lumière, la pénombre et l’obscurité. Ce sont des choses en rapport, complémentaires. L’agence Moatti-Rivière a utilisé la lumière comme matière. Dans l’ancienne cour du cloître des Franciscaines, un lustre monumental capte la clarté du jour et la conduit à travers 14 285 tubes de polycarbonate translucides qui distribuent des rayons lumineux de manière à créer une bonne répartition sur une surface de 400m2. Malgré sa forte présence et sa visibilité, il offre au passant la fluidité d’une matière mouvante jusqu’à l’indétermination formelle.

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féérique…

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Le rêve prémédité…

Les géométries de l’escalier des Franciscaines, Deauville, gildalliere, mon été 2021

À Deauville le rêve est prémédité. Loin du grouillement bruyant et coloré des planches, j’observe les géométries d’un escalier à contre-jour immergé dans la lumière qui entre par la baie vitrée du bel été des Franciscaines. Je cherche à capturer l’énigme architecturale en la réduisant à un noir et blanc cadré qui restitue l’atmosphère innovante du projet de l’agence Moatti-Rivière. Dans l’atmosphère onirique des chemins du paradis, les lignes se croisent et servent de rideau de scène à des perspectives où la clarté s’invite pour modeler et dévoiler une culture muséale recherchée et poétique à l’image de la station balnéaire.

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la tactilité des toiles et du sable…

Rayure soleil, parasol de Trouville-sur-mer, plage de Trouville, gildalliere, mon été 2021

Dans un ciel d’azur, assez rare à Deauville, une mer de couleurs ouvre la marche en file indienne. Le photographe John Batho a dit : « photographier ces parasols, leurs formes et leurs couleurs, c’est construire des rythmes et les partager sur un mode joyeux, en retrouvant la même spontanéité que susciterait une boîte de peinture renversée sur la plage ». Je ne connais aucun autre endroit où l’ordre de la couleur éprouve à ce point le regard et attire autant l’horizon.

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Le sens du vide…

« Cornice d’Orsay », Gae Aulenti, 1986, Bottega Ghianda, Richard Alcock, Gilles Dallière

Ici, le sens du vide est salutaire. La suppression de presque tout dévoile la vérité du silence. Un jeu de lignes, un clair-obscur, la transparence du laque du Steinway. Tout ça pour mettre en valeur ce bronze en quête d’absolu et le cadre en poirier crée par Gae Aulenti pour le musée d’Orsay. Sa surface en verre est parfaitement alignée au bois permettant une visibilité totale de l’image à l’intérieur : la montée des marches d’un immeuble milanais.

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L’étagère et le design…

L’étagère, Mario Bellini, 1989, Bottega Ghianda. Richard Alcock, Gilles Dallière

Pour le designer italien, la forme même a sa fonction : apporter la beauté. Dans un univers digne de Luchino Visconti, elle trône au milieu des livres disparates pour mettre en évidence l’ambiguïté de sa fragilité. Dans une cage de hêtre massif, elle enferme quelques titres précis. D’autres fragments de livres sont oubliés. Certains, imaginaires, me font appréhender le monde et le design.

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Dédié au bois précieux …

Leggio d’Orsay, Gae Aulenti, 1986, Bottega Ghianda, PhotographieRichard Alcock, Mise en scène Gilles Dallière

« Leggio d’Orsay » Gae Aulenti, 1986, Bottega Ghianda.
Dans la bibliothèque, derrière les lourdes portes tendues de velours de soie, le lutrin déplie ses cadres en poirier massif pour restituer la part de rêve qu’un livre porte en lui. Alors tout devient légitime, et le livre ouvert à une réelle valeur visuelle. Exposé, il porte en lui un potentiel émotionnel formidable et devient une extraordinaire machine à rêve.

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Dédié au bois précieux …

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Dialogue avec la grâce…

« Tu t’es lovée
Comme une perle entrouverte
Pudique et résignée 
Comme la nacre de tes ailes 
L’éther n’avait plus besoin de belles cantilènes
Le musc s’évadait de la seule bouche de l’air qui t’aime 
Mais ce visage reflétant ensemble l’amour et la détresse 
Révélait-il un paysage d’ombre surgi du fond de la tristesse ? »


Poème de Philippe Siméon, photo Gilles Dallière, LE LIVRE DES INVOCATIONS, chapitre IV ; DIALOGUE AVEC LA GRÂCE, aux éditions St.Honoré. Parution fin juillet.

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Sur les traces d’un passé glorieux…

Détail des portes des salons d’honneur de l’Hôtel de la Marine, Paris, gildalliere, 2021

Le blanc et l’or dominent sur les lambris des salons de réception de l’Hôtel de la Marine. Le vert émeraude des damas s’impose contre les tons pastels et les motifs fleuris dans l’ameublement des appartements du XVIIIe siècle. La redécouverte des formes antiques encourage la multiplication des pilastres cannelés, des chambranles surchargés, des trépieds, des cassolettes, vases à la grecque ou amours pompéiens. Tout ici donne à voir le cadre d’une société brillante. Les glands réalisés par les ateliers de passementerie Declercq sont ici tissés d’or et encadrés de lumière. 

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Sur les traces d’un passé glorieux…

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