CORPS ET ÂME

Sylvie Guillem

Au théâtre des Champs-Elysées, hier soir, Sylvie Guillem, bras tendus en formation en V vers le bas, les mains relevées sur les côtés, la jambe d’appui ébauchant une génuflexion, le pied de derrière pointé et appuyé sur la cheville de terre, a exécuté l’ultime révérence de sa carrière de danseuse étoile. Je peux vous dire que l’émotion, au deuxième rang de l’orchestre, était partagée. A cinquante ans vous lancez votre dernier défi chorégraphique avec Akram Khan, Russel Maliphant, William Forsythe et Mats Ek. Votre corps s’est tendu avec une force étonnante, jusqu’à sublimer les meurtrissures de 39 ans d’une carrière rebelle qui a ébloui le monde de la danse contemporaine. 39 ans de travail, de souffrance, d’effort jusqu’à parvenir hier soir à la perfection d’un saut, d’une arabesque ou d’un jeté de bras. C’était la fête au théâtre des Champs-Elysées et j’ai eu une chance incroyable de pouvoir applaudir ce que vous nous avez donné : le meilleur de vous. « Life in Progress » madame.

Clichés/tendances

Corps et âme

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J-25 : VOIR ET ÊTRE VU

Photo Gilles Dallière, Brésil 2002

C’est indigne ! J’ai monté l’escalier au pas de course, me disant qu’il me faudrait trouver le temps de préparer ce fait sensationnel : une exposition, mais j’ai été dérangé… Toujours est-il qu’elle est là… L’exposition… Dans 25 jours exactement à La Galerie des Photographes. Je frôle donc la catastrophe, j’arrive tout juste à garder les pieds sur la corde raide. J’ai l’impression d’y faire passer tout ce que je veux y mettre. Je m’attaque au choix, 30 photos dont une que je fais demain. Mais il y en a trop. Je commence maintenant à vouloir choisir, écrire des notes, ouvrir des dossiers. Il y a là, comme un processus naturel, prolongé, plutôt palpitant, dont on désire inexplicablement voir la fin. Le soulagement de s’éveiller et de se dire : « C’est fait. » Et c’est le 8 octobre… J’aimerais vous y voir tous, mais avant le vernissage, il faut que je tire de ces marches, des sentiments, du subtil et du désinvolte (je ne suis pas si certain de celui là). « Voir et être vu », tel est l’enjeu de ces images. Un parcours dénivelé qui monte et qui descend dans mes souvenirs d’enfant.

https://www.facebook.com/lagaleriedesphotographes?ref=ts&fref=ts

Clichés/expositions

J – 25 : Voir et être vu

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SAINT-GERMAIN EN ART MAJEURE


Photos/Gilles Dallière

En même temps que Paris Design Week, entre « Iconic Design » chez Triode et l’école bleue qui présente « Mobilier du Quotidien », Parcours des mondes s’impose autour de Saint-Germain-des-Prés. Une vraie récréation qui à ouvert ses portes hier soir jusqu’au 13 septembre 2015. Le salon fédère les plus grands marchands internationaux d’arts d’Afrique, d’Océanie, d’Asie, et des Amériques, rendant à Paris sa place de capitale mondiale de cette spécialité. Une respiration culturelle, soignée autour des plus grands chefs-d’œuvre des arts premiers. Entre la peinture contemporaine et les arts anciens, il y a des correspondances étonnantes et c’est pour ça que ce marché est à la fois si vivant et si dynamique. 84 exposants, dont la moitié étrangers attirent des amateurs éclairés entre le jeu des ombres et les lumières d’une scénographie d’une force émotionnelle à couper le souffle. Une promenade « sensible », enfin baignée par un soleil réparateur.

http://www.parcours-des-mondes.com

Clichés/expositions

Saint-Germain en Art majeur

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À l’ombre du regard

Platia Ammos Cythère 2015
Photos/Gilles Dalliere/Grèce,2015

La vie a-t-elle été très solide ou très précaire pendant ce mois d’août ?
Elle a été transitoire, passagère, diaphane. Je suis passé comme un nuage sur les vagues. Cette île de lumière est entraînée par le vol fluide des papillons qui suivent irrésistiblement la même direction : celle des bains d’Aphrodite.

L’aube, la plage, le chant des coqs dans le maquis, c’est le commencement. Ensuite il y a l’atmosphère, il y sera question d’aventures, de plages, de cuisine, de contradictions, d’humeurs, de réalité et d’irréalité, une perception bizarre des choses où le monde irréel devrait envelopper tout ça.

Le papillon peut entrer dans la cour, il faut qu’à l’ombre des tonnelles il y ait une fleur. La lumière du petit matin et la lumière du soir font régner une grande liberté à ses projections volées. Mais est-il besoin de s’étendre longuement pour donner à ces clichés la forme qui convient.

L’ombre est bien là, essentielle à la nature indifférente. Elle a sa vie propre, car au lieu d’étouffer les choses, elle glisse simplement pour mieux les déformer droit devant elle. Le soleil vient de se lever, il ne me reste plus qu’à entrer dans ce paysage étrange et d’en capturer l’instant, celui qui efface tout quand le soupir de la marée montante et descendante s’agite au-delà de ce cercle de lumière vive.

Lemonas Cythère 2013

Clichés/photos

À l’ombre du regard

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Maison Néoclassique
Photos/Gilles Dallière/Grèce 2015

Nous sommes arrivés samedi dans une jolie maison. Je me suis écroulé sur mon lit après une heure de délibération sur le thème : quelle chambre choisir et je suis à peu près incapable de m’en arracher. Ici, tout est sans couleurs.

Yourgos

Après quelques jours de plage, j’ai eu un unique souhait : être seul au grand air. L’air est délicieux. Éviter de parler. J’ai pensé à ma faculté de faire des photos, avec vénération, comme à quelque chose d’incroyable, appartenant à quelqu’un d’autre, dont plus jamais je ne jouirai moi-même.

Tête complètement vide. Je suis parti, plus lucide, plus léger. Pensé que je pouvais faire autre chose que les autres et cela me ramène au sentiment de ma propre individualité. J’ai marché, sans but jusqu’a cette maison néoclassique abandonnée. Mes sens se réveillent, et il y a comme un processus naturel, prolongé, palpitant et dont on désire inexprimablement voir la fin. Je force cette maison et là j’ai besoin de cinquante paires d’yeux pour bien voir les couleurs. J’ai besoin d’un sens secret, fin comme l’air, qui permette de s’insinuer par les trous de serrure et investir l’espace où seul le silence recueille et conserve précieusement l’âme des gens qui y habitaient. L’été, par les fenêtres, est net et clair, il s’étend sur les champs l’oeil grand ouvert, attentif, et parfaitement indifférent à ce que pouvait faire ou penser qui le regardait. À l’intérieur, la lumière s’incline en adoration devant sa propre image.

Clichés/photos

Le temps passé

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Clichés/adresses

Acte II : la tête dans les étoiles

Photos/Francis Amiand

Situé à deux pas de la Madeleine, l’Hôtel du Ministère, dessiné par l’architecte d’intérieur et designer François Champsaur , s’agrandit aujourd’hui de 18 chambres supplémentaires. Elles sont spacieuses, très atypiques et presque toujours en duplex ou sous verrière. François Champsaur s’inspire des ateliers d’artistes et des fabriques du Faubourg Saint-Honoré du siècle dernier. La structure métallique des verrières, à la Gustave Eiffel, vous met la tête dans les étoiles. La géométrie des formes rythme un espace maîtrisé tout comme les touches de couleurs se jouent du graphique coup de pinceau de la moquette noir et blanc. Le tout est bien entendu adouci par le chêne de certaines cloisons et des têtes de lit. Le fauteuil « Gilda » de Carlo Molino,  le « Tre Pezzi » de Franco Albani, les luminaires de Serge Mouille accentuent la géométrie des lignes de ces espaces presque industriels. Comme ci quelque chose de net et de distinct nous rappelait le début du XXè siècle à cela près qu’il y a de l’égarement dans les rideaux conçus comme des tableaux, les plaids colorés tendus sur les lits et les coussins en wax totalement revisité. Quelques oeuvres d’art contemporaines viennent nous mettre des étoiles dans les yeux.

Chambre : de 165€ à 330€

http://www.ministerehotel.com

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POSE…LE TEMPS D’UN ALLER-RETOUR À ARLES 2015, LES RENCONTRES DE LA PHOTOGRAPHIE
EXPOSITIONS du 6 JUILLET au 20 SEPTEMBRE

Stephen Shore, Neuvième Avenue Ouest, Amarillo, Texas, 2 octobre 1974, série Uncommon Places. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la 303 Gallery à New York

Une ère inédite commence aux Rencontres d’Arles, soit trente-cinq expositions et surtout un nouveau directeur artistique : Sam Stourdzé. Il revisite l’histoire en portant un regard neuf sur les images de Stephen Shore, ses paysages urbains typiques des Etats-Unis, ses voitures seventies traversant des déserts et les scènes de stations services baignées d’une lumière crépusculaire.

Markus Brunetti, Reims

L’architecture est à l’honneur avec Markus Brunetti qui entame un long voyage à travers l’Europe qui aura duré dix ans. Son engouement pour les façades d’édifices sacrés n’a cessé de croître tout au long de ce périple. Au cours de son voyage, il développe sa propre méthode de prise de vue et de reproduction d’images, qui dépasse largement l’idée que nous nous faisons de la photographie.

Heikoh Hosoe

Il ouvre sur le monde, avec deux cents images de huit grands maîtres de la photographie japonaise. Cette exposition propose plus de 200 tirages photographiques pour la première fois visibles en Europe. Cette exposition donne à voir des oeuvres inédites de certains des praticiens les plus connus, comme Hosoe et Moriyama, ainsi que certaines des oeuvres-clés d’artistes qui sont tout aussi importants d’un point de vue historique, comme Fukase, Inose, Naito ou encore Suda.

Martin Parr 2008

Martin Parr, plus tendre que cruel, est aussi exposé dans l’église des frères prêcheurs. Qu’il s’agisse de photographier des touristes à la peau vanille-fraise ou des nouveaux riches grimaçants, cette série de photographies présente les différentes manières dont les gens affichent leur richesse. Traditionnellement, la représentation de la pauvreté est le domaine du « photographe engagé », mais Parr a employé le même esprit pour photographier la richesse. Selon lui, quand les classes moyennes nouvellement arrivées à maturité de la Chine ou de l’Inde se mettront à réclamer et recevoir les produits de luxe qui nous semblent banals en Occident, cela aura un effet considérable sur les ressources de la planète.

Et comme l’écrit si bien Roland Barthes dans « La chambre claire », « Ce qui fonde la nature de la photographie, c’est la pose. Peu importe la durée physique de cette pose ; même le temps d’un millionième de seconde, il y a toujours eu pose, car la pose n’est pas ici une attitude de la cible, mais le terme d’une intention de lecture : en regardant une photo, j’inclus fatalement dans mon regard la pensée de cet instant, si bref fût-il, où une chose réelle s’est trouvée immobile devant l’oeil. Je reverse l’immobilité de la photo présente sur la prise passée, et c’est cet arrêt qui constitue la pose. »

http://www.rencontres-arles.com

Clichés/expositions

POSE…LE TEMPS D’UN ALLER-RETOUR À ARLES.

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Clichés/voyage

La grâce du béton

Saint Joseph, le Havre
Photo/Gilles Dallière/le Havre/juillet 2015

« La colonne est le plus noble organe de l’architecture ».
Auguste Perret
De terre ou de mer son clocher domine, véritable symbole de vie. Amer, il guide le marin ; point de repère, il permet de se situer dans la ville, phare spirituel il se dresse, pointé vers le ciel comme pour mieux accompagner l’élévation de la prière.
Édifice emblématique de la reconstruction du centre-ville du Havre, chef-d’oeuvre d’Auguste Perret, l’église Saint-Joseph est le dernier monument que distingue le passage lorsqu’un peu nostalgique il s’éloigne de la côte et le premier, rassurant, qu’il perçoit à son retour. De l’intérieur, très attaché aux correspondances entre les arts et les matériaux, Perret fait appel au Maître-verrier Marguerite Huré. Elle va utiliser le verre antique soufflé à la bouche à Saint-Just-sur-Loire – j’y suis né – irrégulier d’épaisseur et très nuancé. Auguste Perret et Marguerite Huré jouent du mouvement du soleil. Les reflets, quand il fait beau habillent le béton, le font vivre et vibrer pour ne pas dire chanter. J’ai découvert l’audace de l’architecture de cette église, de la ville, le week-end dernier et je comprends qu’elle soit inscrite à l’inventaire des monuments historiques. C’est vraiment un des chefs-d’oeuvres du XXéme siècle.

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L’arpenteur du monde
Au Havre, le MuMa consacre une exposition exceptionnelle à Lyonel Feininger

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En direct du Havre, noyé dans la multitude de ses gris pour le 14 juillet, le MuMa accueille, du 18 avril  au 31 août 2015, une exposition exceptionnelle consacrée à l’artiste germano-américain Lyonel Feininger. Peu connu en France, Feininger a multiplié les techniques, laissant une œuvre picturale et graphique protéiforme. Le parcours démarre à Paris, alors qu’il séjourne en France. Il utilise différentes techniques : encre, crayon, eau-forte. L’artiste abandonne rapidement les scènes de vie pour se consacrer au dessin et aux paysages, dépeignant une Allemagne retrouvée. Le romantisme disparaît peu à peu. En 1912, Lyonel Feininger délaisse les figures et se focalise sur l’architecture. En 1918, l’artiste aborde un moment-clef de sa carrière : les bois gravés. Les œuvres présentées au MuMa permettent de découvrir les nombreux motifs (des bateaux aux villages, en passant par les édifices) que Feininger a gravés. Des petits formats aux traits acérés qui réinterprètent la vie. En 1919, à Weimar, il met également en lumière le Bauhaus, une foi nouvelle rassemblant des artistes qui, par le travail des formes, œuvrent à construire l’utopie d’un monde meilleur. Feininger en sera l’un des chantres avec Walter Gropius. Avant de se refermer sur une section consacrée à la période américaine de Feininger qui, en 1937, à la suite de l’arrivée d’Hitler au pouvoir, retourne à New-York, sa ville natale, on redécouvre la grandeur de Manhattan ou il s’éteindra en 1956.

MuMa 2, Boulevard Clémenceau
76600 LE HAVRE
Tél. 1 : 02 35 19 62 77
Fax : 02 35 19 93 01
E-mail : contact-muma@lehavre.fr
http://www.muma-lehavre.fr

Clichés/expositions

L’arpenteur du monde

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ARCHI POLYCHROMIE

Chandigarh
Photo/Bertrand Limbour

L’événement est incontournable et les fans du Corbusier ne savent plus où donner de la tête !
Pour célébrer les cinquante ans de la disparation de l’architecte, le Centre Pompidou y présente 300 œuvres. Une rétrospective inédite qui permet de relire le travail de l’architecte à travers sa vision du corps humain. Je me suis attardé sur les illustrations de Jean-Philippe Delhomme sur « Les Heures Claires de la Villa Savoye » et j’attends avec beaucoup d’impatience l’exposition dédiée à Chandigarh, présentée à la Cité de l’Architecture à partir du 11 novembre 2016.


Photo/Bertrand Limbour

C’est encore loin et en attendant je vous invite à venir découvrir une toute nouvelle petite galerie : celle de Bertrand Limbour qui relève le défi et pose son regard de photographe tout le mois de juillet, sur les polychromies du maître. Regard concentré sur l’usage de la couleur pure et intense qui redessine les volumes architecturés de ces espaces bétonnés. Un retour au modernisme qui invite à la découverte.

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Photo/Bertrand Limbour

La Galerie des Photographes
56, rue de la Rochefoucauld
75009 Paris
https://www.facebook.com/lagaleriedesphotographes

Clichés/expositions

Archi polychromie

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