L’art du feu
Photos/Richard Alcock/Gilles Dallière
Le matin est froid et le hangar est grand. Le bronze coule dans un bruit de volcan. Il réveille la forêt et les fenêtres deviennent blanches. À l’intérieur de la Fonderie d’Art Lambert, aucune parole n’est possible et à cet instant une émotion merveilleuse dilate tout mon être, et moi seul le sais. La magie du feu bienfaisant brûle chaque matin jusqu’à la dernière coulée de la mi-journée. Chauffée à 1200° elle ne peut se faire que dans des moules qui résistent à cette température. L’empreinte est prise alors dans un sable étuvé humide et bien tassé. Talqué, il se dessèche en montant en température. C’est alors qu’il devient dur et résiste parfaitement aux 1200° du bronze en fusion. Sous la voute de tôle, le feu est dense. Sa lumière efface celle du soleil et rayonne au-delà de tout. Ses couleurs sont si intenses qu’on ne peut le fixer. Il éclabousse le sol avant de se figer par le froid.
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