Réinventer le bois pour l’art

bibliotheque-2-7-nb-copie
Photo/Richard Alcock/Gilles Dalliere

La table basse « KYOTO » de Gianfranco Frattini, la boite à secret de Carl Magnusson et Emanuela Frattini Magnusson, les cadres « CORNICE D’ORSAY », le lutrin « LEGGIO D’ORSAY », les coupes, le marque page de Gae Aulenti, la bibliothèque tournante de Cini Boeri, l’étagère de Mario Bellini, c’est Romeo Sozzi et son directeur artistique  Michele de Luchi qui en parlent le mieux.

À Brera, au cœur de Milan, ce carambolage de bois précieux renaît entre ombre et lumière dans le nouveau showroom « BOTTEGA GHIANDA ». Ode au noir qui marque l’espace pour mieux mettre en valeur les courbes des bois précieux, ultra sensibles, de l’ébéniste Pier Luigi Ghianda sur des consoles ovales tapissées de cachemire. Une mise en scène radicale dans un décor sur mesure où chaque objet tient le premier rôle. Sublime…

Bottega Ghianda
Via Formentini, 9
20121 Milano

http://www.bottegaghianda.com

Clichés/adresses

Réinventer le bois pour l’art

Image

Pierre Paulin, le pouvoir du design.

empillage de chaises %22Tongue%22 1967 Artifort

Le fauteuil qui tire la langue, le canapé en forme de serpent, le tapis volant c’est lui.

Les fauteuils qui ont perdu leurs pieds, le tapis qui grimpe au mur, l’araignée qui éclaire le plafond, c’est encore lui.

Jusqu’au 22 août, Le centre Pompidou consacre une exposition monographique sur l’œuvre de Pierre Paulin à travers une centaine de meubles, maquettes et 35 dessins virtuoses qui, à l’ère du numérique, prennent un sens tout particulier. Il nous regarde dès l’entrée, vif et heureux de la place qui lui est enfin attribuée. 50 ans de création qui commencent en 1950, diplôme de Camondo en poche. Comme dessinateur de formes sous le conseil de Maxime Old, il entre dans l’agence de Marcel Gascoin. Il dessine des formes simples, épurées et sensuelles, adaptées au symbole d’un modernisme social et à un mode de vie résolument décontracté. En 1951, il découvre le design scandinave à la suite d’un voyage. Il multiplie plus de 200 assises pour le fabriquant néerlandais Artifort. Entre 1954 et 1959 Pierre Paulin créé pour Thonet France un mobilier à destination des collectivités. C’est à ce moment là qu’il met au point le brevet d’un jersey extensible qui lui permet d’inventer un nouveau langage. Il gomme les structures pour en faire des taches chromatiques à fleur de sol. En 1971, Il est l’auteur de la transformation des appartements privés de Georges Pompidou à l’Élysée. En 1983 François Mitterrand lui confie le célèbre « Salon Doré ». C’est en 1975 qu’il fonde avec sa femme Maïa Wodzislawska et Marc Lebailly, ADSA (Architectural Design SA). Rejoint par Michel Schreiber et Roger Tallon, ils participent au déploiement d’une nouvelle approche du geste autour des notions du design industriel et du design global. Ils révolutionnent une manière de penser le mobilier, ils inventent un nouvel art de vivre, une nouvelle mobilité de l’habitat. Ils sculptent les lignes d’un monde qui fait qu’aujourd’hui Pierre Paulin marque indéniablement l’histoire de la création française. Un homme hors du commun.

http://www.centrepompidou.fr

Clichés/expositions

Pierre Paulin, le pouvoir du design.

Image

Promemoria : une édition haute couture.


Photos/Daniele Cortese

Ce 16 juillet 2016, l’air est chaud à Milan presque étouffant. En sortant du Palais Borromée d’Adda, je déjeune au frais dans les jardins de la Trattoria Bagutta, un décor incroyable chargé de l’histoire des peintres qui firent la gloire de ce quartier. En sortant je glisse sur les larges pavés de cette petite voie dont la seule particularité est qu’elle débute à l’entrée de la fameuse Piazza San Babila, plaque tournante de la couture internationale, jusqu’à rejoindre la fameuse via Sant ‘Andrea. Chez Promemoria, j’entre dans un rêve. Une dimension différente m’offre le sentiment d’une secrète intimité. D’étages en étages, je laisse le temps couler devant la présentation de cette collection « Night Tales » qui m’entraine « au bout de la nuit ». Je m’installe à ce bureau dont la résonnance du cuir mat et lisse scellé dans le bronze, encadré par la richesse des caissons en Mahogany me fascine. Il y a dans la veine de ce bois exotique une subtilité qui plus que la lumière directe semble favoriser les formes sobres de la structure du mobilier. Devant le canapé, la force et la vigueur de la marqueterie d’ébène de la table basse, « Plenilune » est magistralement mise en scène. Passé l’escalier, le buffet « La Belle Aurore », abrite ses secrets, replié dans le reflet d’un orgueilleux miroir « Ey-De-Net » encadré de cuir vert. Je prends la pose devant la beauté intrinsèque de la mise en scène orchestrée par la bibliothèque « Nightwood » et l’envie me gagne de me laisser convaincre par l’assise en cuir d’un rouge prononcé du fauteuil « Rachelle ». Mon regard croise l’insolente dynamique des chaises « Vespertine ». Le minimalisme maîtrisé du canapé « Nocturne » se détache de ce silence feutré m’invitant à m’asseoir, un verre de Dry Martini à la main. Oui le calme existe et c’est le vent d’été qui m’a déposé à Milan, 13 via Bagutta. L’illusion est renforcée par l’emplacement remarquable du lit « Kalì Nikta » dessiné par Davide Sozzi. Il offre une palette de couleurs sourdes dont le bois de hêtre se fait l’écho. Il y a des gens comme ça, qui passent leur vie à repousser les limites d’un luxe intemporel. Romeo Sozzi est un as de ce genre singulier.
http://www.promemoria.com

Clichés/design

Promemoria : une édition haute couture.

Image

Mise en scène autour d’une chaise : inspiration.

J’aime l’Afrique et ce qui est inspiré de la culture Africaine. Les trois designers espagnols, Laura Blasco, Juanmi Juárez et Alex Estévez (Mermeladaestudio) ont été fascinés par une petite chaise à palabres africaine sculptée dans le bois. La forme, basse et étroite, l’angle de l’assise confortable, la structure robuste les entrainent à faire cette expertise : créer une assise, faire ressurgir cette mémoire du beau et de l’utile. « Jambo-Africa » éditée par Moroso est une chaise robuste et élégante qui m’a inspirée toute une série d’images autour de sa ligne. Des images de matières, de couleurs, ethniques mais pas trop, qui m’offrent un sentiment d’intimité dans un autre monde. Je l’ai associé à une table basse : la « Pylon Gradient Wood » créée pour Diesel Living Moroso dont la texture du plateau de chêne est très particulière.
http://www.moroso.it
http://www.mermeladaestudio.es

Clichés/design

Mise en scène autour d’une chaise : inspiration.

Image

D’DAYS 2016 : PALME D’OR

Emiliano Salci et Britt Moran, exposent pour la première fois aux D’Days la collection  Palmador.
Une correspondance intime au cœur de Saint Germain-des-Prés que le très milanais tandem de Dimorestudio met en scène avec « maestri ».
Palmador  : c’est une collection de meuble, un jeu de surfaces géométriques et polychromées accompagnées d’une série de tapis qui accentuent le graphisme du mobilier. La table « Big One » et le paravent « Totem » s’accaparent le lieu avec virtuosité. Dans l’atelier, les transparences de « Esa » et « Penta » composent une véritable partition contemporaine. Elles s’immergent dans une explosion de lignes géométriques sans issue de secours. L’installation n’est pas si facile dans le cadre historique du musée Eugène Delacroix . Un lieu intime et magique où ces impressionnantes pièces d’ameublement contaminent l’espace de façon radicale. Les œuvres de Delacroix se reflètent à souhait dans les notes dissonantes d’un laque qui explose de couleurs. La géométrie des lignes y prend ses quartiers pour mettre tous nos sens en alerte. Un choc de générations divinement orchestré par ce duo de décorateurs.
http://www.dimorestudio.eu
http://www.musee-delacroix.fr
http://www.ddays.net

Clichés/design

D’DAYS 2016 : PALME D’OR

Image

D’DAYS : UN ANGE PASSE.

ORIENTED Fukumoto ceramics DSC03304.jpg

Hier, sous une pluie battante, au musée des Arts Décoratifs, René-Jacques Mayer lançait le Festival du Design Grand Paris sous le thème « r/evolution ».
70 lieux, 7 musées, 4 zones à parcourir, s’exposent du 30 mai au 5 juin 2016 autour du design dans toute sa diversité.
Au centre du salon 1900, au cœur de l’invasion contemporaine des Arts Décoratifs j’ai découvert la plateforme du design et des savoir-faire du Japon. Dans une scénographie orchestrée par François Azambourg et Jean Desproges, Sylvie Chevallier, (ORIENTED), nous invite à expérimenter la passion qu’elle met à orienter le fruit d’un travail entre de jeunes designers japonais et un savoir-faire ancestral. Mis à part les recherches de François Azambourg à la villa Kujoyama autour du copeau de bois et sorti du design architectural des fondateurs d’Architect Taitan, je me suis retrouvé en état de grâce devant l’œuvre de Fuku Fukumoto. Un jeu constant entre le charnel et le spirituel, la brillance et la dureté, la technique et l’improvisation qui préside la naissance des formes échafaudées de ses porcelaines. Une transparence insolente et envoûtante.
Design is yours.

http://www.orient-ed.com
http://www.gallery-sokyo.jp
http://www.ddays.net

Céramique

D’DAYS : UN ANGE PASSE.

Image

MILAN 2016 , EN ÉTAT DE SIÈGE

Milan : c’est avant tout un monde fou où le design est le héros. On y partage, matériaux, talents, mode de vie, tendances, toujours en quête de sensations fortes. Voici en quelques images un Salon 2016, en état de siège.

Canapé « Adaptation » de Fabio Novembre
http://www.cappellini.it

Tabourets « Chubby » de Alain Gilles
http://www.verreum.com

Canapé « Sellier » de Noé Duchaufour Lawrance
http://www.hermès.com

Pouf « Tabour » de Doshi Levien
http://www.bebitalia.com

Canapé « Max » de Charles Kalpakian
http://www.haymanneditions.fr

Chaise « Ming » Neri & Hu
http://www.stellarworks.com

Chaise « Phoenix » de Luca Nichelo
http://www.offecct.se

Fauteuil « Can » de Ronan & Erwan Bouroullec
http://www.hay.dk

Canapé modulable « Lotofen » de luca-nichetto
http://www.casamania.it

Chaise « Voyage » de Gam Fratesi
http://www.porro.com

Fauteuil « Rumi » de Sadi Ozis
http://www.walterknoll.de

Canapé modulable « Sistema » de Lievore Altherr Molina
http://www.viccarbe.com

Fauteuil « Algon » de Luca Nichelo
http://www.arflex.it

Fauteuil « 570 Gender » de Patricia Urquiola
http://www.cassina.com

Fauteuil « B-Bats » de  William Sawaya
http://www.sawayamoroni.com

Clichés/design

Milan 2016, en état de siège

Image
Clichés/design

Du bronze à l’âge de pierre

small table_MEDITERRANEE_05

C’est presque une exclusivité puisque cette série « Méditerranée » sera exposée au salon du meuble à Milan du 14 au 19 avril prochain. La base en bronze de ce petit guéridon supporte tout le poids d’un marbre dont les veines s’enroulent autour de son piètement, version épurée. Tout en discrétion, le travail d’Olivier Gagnère associé au savoir faire de Promemoria ne joue pas les coups d’éclat. Il n’y a plus d’effets de style, fini les anneaux, ici le vrai luxe est une affaire de composition. Le minutieux dosage d’effets du noir Marquinia, du vert Guatemala, du brun Medicea ou du blanc de Carrare en font ressortir toute la modernité. Le marbre a bien sûre cette qualité fictionnelle, ni souple, ni chaud, mais plus riche de possibilités sensibles.
http://www.promemoria.com

Par défaut
Clichés/adresses

Et de deux !

Après avoir ouvert son magasin rue des Vinaigriers dans le 10e arrondissement à Paris, l’éditeur indépendant et designer Houssam Kannan s’installe aux Batignolles. Une boutique très lumineuse met en valeur ses productions très inspirées des années 50. Fabriqués dans les ateliers familiaux à Beit Chabab au Liban, les enfilades en bois recyclé, les canapés et les fauteuils recouverts de laines sourdes, les tables gigognes pop-art, les bibliothèques modulables, s’inscrivent dans le courant novateur de l’ameublement artisanal. De quoi se meubler entièrement à des prix très abordables avec une garantie de qualité irréprochable.

1-kann_drp_boutique_batignolles_bd

Kann Design, 8, rue des Moines, 75017, Paris.
http://www.kanndesign.com.

Par défaut
Clichés/interiors

L’essence du luxe


Photos/Bernard Maltaverne/Scénographie/Gilles Dallière

Depuis 2009, Valérie Maltaverne alias Ymer&Malta affirme son engagement avec « Fait Feu de Tout Bois ». Elle présente 5 meubles en marqueterie, un savoir faire traditionnel confronté à une vision totalement contemporaine, signée Benjamin Graindorge, Normal Studio, Sylvain Rieu-Piquet et Sebastian Bergne. Il faut rendre hommage aux artisans pour leur travail d’exception, il faut dire que « la dame de fer », porte le projet à bout de bois. La table basse « Serpent » de Sylvain Rieu-Piquet s’orne d’un motif en ébène blanc noyé sur un fond de poirier noir. « InMySkin », la table de Benjamin Graindorge dévoile sa puissance grâce à un dégradé de onze essences différentes, de l’alisier à l’ébène de macassar en passant par le chêne et le wengé. Le bahut « CloudinChest » du même designer est à l’image d’un ciel pixellisé. Dans la cuisine, la table basse « Illusion » de Sebastian Bergne est plaquée d’inclusion de métal et d’ébène. Le banc, « Platane » de Normal Studio camoufle des tiroirs cachés. Une mise en scène qui demande autant de respect que celui que j’ai pour ces différents acteurs.
http://www.ymeretmalta.com

Par défaut