Sans ambition particulière, j’ai toujours aimé photographier les portes, les seuils, les passages étroits, ceux qui sont obscurs, mais à travers lesquels on rejoint la lumière. j’ai simplement cherché à réussir ma vie avec une inflexible énergie.
Ce qui me frappe chez les femmes et les hommes de mon entourage, c’est cette passion à vouloir détruire au-delà de toute espérance dans cette quête du futur. Le contraste entre l’échec et un prodigieux succès.
La vie doit être vive, colorée, pleine d’intérêt et d’émotions. Je trouve le monde froid, cruel, méchant, où plus rien n’est respecté, comme si passer d’un lieu à l’autre était un événement insensé, fortuit, presque une perte de temps, un morceau de vie sans saveur. Aujourd’hui, je sais ce que signifie franchir une porte, la porte du couloir de la clinique, je sais que cette porte, que l’on doit passer et dont on ne voit pas grand-chose en général est une porte qui dessine le destin. Quand cette porte se referme tout est blanc. Aujourd’hui d’autres portes vont s’ouvrir. Si je rentre ici, je serais massacré. Si je rentre là je saurais tout, si je passe celle-ci, je me sentirais seul. Si j’entre doucement, j’oublierais tout. Pour comprendre comment on peut photographier une porte, et pour comprendre aussi comment on peut comprendre une porte, il faut photographier des portes : pas toutes, bien sûr, seulement celles par où j’aimerais bien passer. j’ai refoulé aussi beaucoup de portes comme si elles n’existaient pas, comme si je pensais ne jamais avoir à les franchir. Maintenant il va falloir en ouvrir beaucoup d’autres.

Clichés/tendances

Une rentrée sanglante

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