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A touch of love, Rajmata Gayatri Devi

inde
Photo/Dans ma chambre au Samode Palace
Fille du Maharaja de Cooch-Behar, Gayatri Devi est née princesse Ayesha le 23 mai 1919. Plus tard, une passion commune pour l’équitation et le polo rapprochera Man Singh II, Maharaja de Jaipur (un Kachwaha), et la princesse Ayesha, marquant le début d’une longue et belle histoire d’amour. Leur romance puis leur mariage est un véritable conte de fée. Hostile à toute union avec ce prince déjà marié deux fois, et pour l’éloigner, la mère d’ Ayesha envoie la princesse poursuivre ses études en Angleterre, mais le maharaja la rejoint. Ils se cachent et se fréquentent 6 ans avant qu’Ayesha ne devienne, en 1940, la Maharani Gayatri Devi de Jaipur et la troisième épouse du Maharaja Sawai Man Singh II. Eduquée en Angleterre et en Suisse où elle a fréquenté les meilleures institutions et émancipée avant l’heure, elle adopte de suite des attitudes qui, à cette époque, étaient réservées aux hommes, comme jouer au badminton ou au tennis, se couper les cheveux, porter des pantalons et monter à cheval. Mais le monde est fasciné par sa beauté. Une grande partie de son charme tenait à cette grâce féminine, typique des femmes indiennes, et à sa beauté naturelle (elle utilisait peu de maquillage). Citée par le magazine Vogue comme l’une des plus belles femmes du monde, Gayatri Devi est encore très admirée dans l’Inde moderne. Devenue une icône pour les femmes, cette personnalité royale va jouer une succession de rôles publics avec une grâce et un charme qui a conquis le monde. Contrairement aux deux premières épouses de Man Singh II, qui, dans une société très traditionnelle, observent les règles strictes du « Purdha » (enfermement des femmes), la Maharani Gayatri Devi participe aux cérémonies religieuses, conduit librement ses voitures, nage dans la piscine, joue au tennis, y compris avec des partenaires masculins, porte des pantalons, monte à cheval et part à la chasse avec le prince. En réalité, elle est soutenue par son époux, lui aussi en avance sur son temps (Man Singh II pensait que les idées progressistes de Gayatri encourageraient les autres femmes). Sur ses conseils, elle entreprend d’émanciper les femmes de l’état de Jaipur et de faire sortir les femmes du Rajasthan de la claustration du « Purdah », mais, invités au palais, les hauts responsables laissent toujours leurs femmes à la maison. Gayatri Devi comprend alors très vite que l’éducation sera la clé de la modernisation de la société et de l’émancipation des femmes. Aussi, en 1943, elle ouvre une école de fille destinée aux femmes rajpoutes et, grâce à elle, des jeunes filles issues de familles conservatrices, non scolarisées, sachant à peine lire et écrire, deviendront docteurs, ingénieurs, scientifiques ou écrivains. Devenue institution nationale, la « Maharani Gayatri Devi Girls School » est aujourd’hui célèbre dans toute l’Asie. L’accession de l’Inde à l’indépendance en 1947 et l’intégration du Rajasthan dans l’Union en 1949 constituent des moments difficiles qui la conduiront en Espagne (aux cotés de son mari en tant qu’ambassadeur), et au parlement avec une écrasante majorité au sein d’un parti d’opposition. Après le décès brutal de son époux en Angleterre, en 1970, elle est réélue au parlement en 1971, en tant que Rajmata de Jaipur pour assister à la perte des statuts particuliers conférés jusqu’alors aux princes. Mais son courage politique lui vaudra un séjour de 5 mois de prison sur ordre d’Indira Gandhi. En 1975, probablement par vengeance politique, les autorités fiscales avaient fouillé en vain le fort de Jaigarh où était censé se trouver le trésor des Kachwahas et perquisitionné au palais de Gayatri Devi. Encore député (toujours contre Indira Gandhi), Gayatri Devi sera accusée de fraude fiscale, au titre de la loi sur les devises étrangères, pour être en possession de quelques livres sterling anglaises. Elle sera arrêtée et emprisonnée 5 mois à la prison de Delhi avec son beau-fils, Sawai Bhawani Sing, l’actuel maharaja de Jaipur qui avait pris sa défense. Dans cette épreuve, elle fera encore preuve de beaucoup de dignité. Elle est morte en juillet 2009. Elle reste encore très admirée dans l’Inde moderne, comme le symbole d’une époque et d’un mode de vie révolus, mais sa grâce et sa beauté restent immuables. Bien que traitée de « poupée de verre » par Indira Gandhi, en plus de la grâce, du charme et de l’élégance, elle avait l’esprit et le courage d’une authentique Maharani Rajput.
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