L’embarquement pour Cythère …

A l’ombre du parc Monceau, Paris, gildalliere, été 2022

Il est 18h, il fait 40 degrés à l’ombre du parc Monceau où j’ai trouvé un bel arbre pour me poser. Les parisiens sont sur les dents, ils pestent, ils suent, ils gesticulent. Je dois fuir,aller n’importe où, trou de mer, ombre de forêts, bosquets minuscules, me cacher dans le tableau du peintre Jean-Antoine Watteau « L’Embarquement pour Cythère ».

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L’embarquement pour Cythère…

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Canicule…

Rue Durantin, Paris, gildalliere, été 2022

Pour mettre un peu de piquant à mon retour à Paris, j’explique mon idée anti canicule : je n’ai pas le droit de quitter l’ombre. Si je suis touché par un rayon de soleil, je suis mort. Il est 12h30. Il fait 37 degrés. Le soleil est très haut. Rue Caulaincourt, c’est assez facile avec les acacias qui cachent le ciel. Je n’ai pas eu de problème jusqu’à la rue Durantin. Arrivé sur le trottoir, il faut que je traverse pour atteindre l’ombre en face, et la chaussée est inondée de lumière.

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Canicule…

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Clair-obscur…

Le plafond Art déco des salons de la Villa Igiea, Palerme, Sicile, gildalliere, été 2008

Je vis dans le clair-obscur de la conscience, sans jamais me trouver en accord avec ce que je suis. Les meilleurs d’entre nous abritent la vanité de quelque chose, et il y a une erreur d’angle dont j’ignore la valeur. Il m’arrive parfois, par certaines portes, d’apercevoir ce qui n’est peut-être que décor, mais là je suis subjugué par le style Art-déco, et je lève les yeux au ciel. Autour de moi le monde entier est confus, comme des voix perdues dans le labyrinthe des salons de la Villa Igiea.

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Clair-obscur…

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Est-ce bien réel…

Plafond de la Villa Igiea, Palerme, Sicile, gildalliere, été 2008

À la Villa Igiea, la lumière a pris une teinte jaune d’une lenteur excessive. Les intervalles entre les choses se sont élargis. La chaleur, qui semble avoir augmenté paraît toute froide. Les volets intérieurs de la fenêtre, juste entrouverts, laissent entrevoir par cette fente étroite le jardin luxuriant. Il est d’un vert différent, tout imbibé de silence. Dans cette atmosphère mystérieuse, je me suis amusé à examiner, du dedans de l’âme, les lignes et les détails minutieux de ce plafond merveilleux, et en contemplant tout cela, je me suis demandé si c’était bien réel.

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Est-ce bien réel…

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Luxury life style…

Grand hôtel Villa Igiea, Palerme, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008

Prestige, luxe, lieu de vie idéal, de recherche de calme et de sérénité, le Grand Hôtel Villa Igiea à Palerme, affiche une solitude hiératique sur fond Acquasanta, protégé par le mont Pellegrino qui le surplombe. Un univers silencieux s’étend devant moi, d’un calme surprenant après tout le tumulte du voyage. La villa semble oubliée telle une belle endormie, noyée dans une végétation protectrice. J’entre enfin dans ce lieu où le temps semble suspendu et le silence règne en maître.

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Le silence du ciel…

Le port d’Alicudi, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008

C’est la fête du village, et pour la première fois les nuages me préoccupent comme si le ciel se voilant était en danger. Les nuages, ils viennent du large vers Palerme, de l’Occident vers l’Orient, dans un désordre tumultueux, teinté de blanc, de gris et de noir. Ils sont encore loin du bruit de la terre, mais sans le silence du ciel.

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Soudain l’été dernier…

La fête au village, Alicudi, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008

Tout le monde est là, Martine et Christophe conversent avec Mikaela, plus loin Louise s’est installée pour vendre des histoires de vacances, Sylvie et Gilles ont disparu dans l’immense série de personnes et de choses qui constitue le petit monde d’Alicudi en été. Une galerie de tableaux sans fin. J’ai pris du recul pour aimer du regard cette image de fête. Une brise d’attention parcourt le port. Elle vient du jour passé, doux, tendre et nuageux, de la teinte anonyme du ciel couvert de nuages qui annoncent la tempête.

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Soudain l’été dernier…

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Le monde s’ouvre…

La fête de l’île d’Alicudi, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008

Le jour s’abandonne, et s’achève au milieu des villageois et des touristes réunis sur le port d’Alicudi pour boire le verre de l’amitié. Je suis descendu du volcan ignoré vers le village que j’ignorerais toujours, et mes pas n’ont été, dans la lente chute du jour, que des traces laissées sur les sentiers de l’île. Il faut ouvrir les yeux sur le monde.

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La déshérence…

L’église d’Alicudi, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008

La présence de l’église d’Alicudi est mise en relief par son austère nudité. Presque aucune vie animale ou humaine ne venant troubler la léthargie de ce territoire sacré. Point d’oiseaux, point de mouvements champêtres, point de hennissement de chevaux, point de villages. Au plan sonore, comme au plan visuel, les indices de vie sont rares, tel un petit nombre de masures qui annonce quelque activité. Encore ces bâtisses ont-elles l’air abandonné : les fenêtres et les portes en sont fermées ; il n’en sort ni fumée, ni bruit, ni habitants.

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La déshérence…

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Plein soleil…

Les îles éoliennes, Sicile, Italie, Alicudi, gildalliere, été 2008

Le soleil levé, ne reposant plus sur l’île d’Alicudi, découvre son visage et regarde tout droit au-dessus des vagues les îles éoliennes. Stromboli, Filicudi, Salina, Lipari, Panarea, Basiluzzo, Vulcano, deviennent grises comme si elles avaient été rasées et roussies par une explosion volcanique. Le soleil frappe de plein fouet. Les vagues se brisent et répandent leurs flots sur le rivage. L’une après l’autre, elles sont baignées d’un bleu profond.

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Plein soleil…

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