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la culpabilité

à travers le Taj
Photo/Gilles Dallière, Agra Le Taj Mahal, Inde.

La culpabilité nous évite donc la douloureuse prise de conscience de nos limites et de notre impuissance face à certains événements de la vie. Ainsi, ce n’est pas en luttant contre notre culpabilité que nous réussirons à l’éradiquer, puisqu’elle nous sert de protection. Au contraire, celle-ci disparaît d’elle-même au moment où nous acceptons notre angoissante absence de pouvoir sur autrui. Grâce à ce lâcher prise, nous devenons alors capables de délimiter exactement notre responsabilité de celle des autres dans nos relations. Et nous découvrons que nous ne sommes pas responsables de leur bien-être. C’est justement parce que nous pensions l’être que nous nous sentions coupables quand les choses tournaient mal. Quelle liberté lorsque nous déposons enfin les fardeaux qui ne nous appartiennent pas !

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Clichés/citations

Le passage

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Photo/Gilles Dalliere, cimetière russe de Menton

La mort n’est rien.
Je suis seulement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi, tu es toi.
Ce que nous étions l’un pour l’autre,
Nous le sommes toujours.
Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné.
Parle-moi comme tu l’as toujours fait.
N’emploie pas un ton différent.
Ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Pris, souris, pense à moi, prie pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison
Comme il l’a toujours été,
Sans emphase d’aucune sorte,
Sans trace d’ombre.
La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié.
Elle est ce qu’elle a toujours été.
Le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée
Parce que je suis hors de ta vue ?
Je t’attends, je ne suis pas loin.
Juste de l’autre côté du chemin.
Tu vois, tout est bien.

HENRY SCOTT HOLLAND (d’après une prière de Saint Augustin)

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Clichés/tendances

Suivre les lignes

Graphique, dynamique, coloré, noir et blanc, ce motif d’inspiration artistique et sportif met de la bonne humeur dans la mode et la décoration de la saison. À condition de calibrer les illusions optiques.
Au Moyen-Âge elle était utilisée pour désigner, en peinture, des personnages maléfiques. De nos jour une certaine rayure négative persiste dans l’imaginaire collectif (prisonniers, déportés). C’est en 1917 qu’une rayure positive s’impose avec Coco Chanel (toujours elle), qui apprécie les loisirs de bord de mer et incorpore des rayures dans ses collections. Aujourd’hui elle est reprise par plusieurs couturiers et dans toutes les collections de tissu et de papier-peint. En décoration elle crée des atmosphères en cassant le rythme d’une pièce. Pour ne pas se lasser trop vite, il faut concentrer le motif sur un seul pan de mur où par touche. L’association de différentes rayures est délicate. Il faut qu’elle vienne casser des rythme, la rayure verticale donne de la hauteur à la pièce, l’horizontale reste un must pour casser une perspective. Je les péfère larges.

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Clichés/voyage

Bon vent

Bon vent
Tuiga
La voile au vent se gonfle
Dans deux jours c’est le départ aux amarres
La voile se dégonfle
Vous vous dégonflez n’est-ce pas !
La voile prend des plis étranges
Des plis étranges et cavaliers
Des aventures en mer.
Les voiles sont frappées si fort
Par les bourrasques
Que vous en prenez plein la face
La face du navire prend de l’allure.
Fier comme Artaban
Oui, vous avez le droit d’être
Fiers comme Artaban
Vous, les cœurs pleins d’émotions,
De sensations, de perceptions nouvelles,
Les voiliers font pacte avec vos rêves
D’enfant
Et nous aussi avec nos mots
Parfois maladroits
Le vaisseau fantôme dit sa ballade,
Les ouragans hurlent,
Vous … face à l’envers du décor
Mais le ciel s’embrase du soleil d’août
Vous pouvez avoir un peu de trêve.
Les embruns vous fouettent le visage
Vous respirez d’un souffle plus ample.
La magie de la mer vous envoûte.
Vous allez de l’avant, légers
Comme des anges de la mer.
Et demain vous échangerez vos alliances.

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Clichés/design

33 tours minute

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Il y a deux jours lors d’une soirée, je me suis retrouvé comme hypnotisé devant un disque microsillon tournant sur platine. Le son était incroyable, ça m’a subjugué.
Paradoxe. Alors que le CD déserte les bacs des grandes enseignes (Fnac, Virgin, etc.) au profit de la vente numérique, les mêmes offrent à nouveau de la place au vinyle, un « produit de consommation culturel » devenu désormais indispensable de tout établissement qui se respecte. Lassé de la dématérialisation, les amateurs de musique se rabattent sur l’objet culte de la diffusion musicale. Le vinyle tout le monde le sait, c’est avant tout un objet, une pochette, des livrets riches et détaillés, de grandes photos. C’est aussi un rituel, celui qui oblige à se lever, et à s’accroupir (religieusement ?) devant sa platine toutes les 15, 25 ou 35 minutes, pour retourner son disque, face A, face B. C’est bien sûr un son, plus détaillé, plus chaud, plus authentique. Désormais offert en tirage limité – avec parfois comme objectif d’en édité plus « si cela se vend », le vinyle est devenu l’objet fétiche des vrais amoureux de musique. Et une platine est un véritable objet de décoration.

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Totalement cintré

Je hais les cintres.
Le cintre agresse l’homme. Par pure cruauté.
Le cintre est le seul objet qui agresse l’homme par pure cruauté.
Le cintre est un loup pour l’homme.
Il y a des objets qui agressent l’homme parce que c’est leur raison d’être.
Prenez la porte. (Non. Ne partez pas. C’est une façon de parler.)
Prenez la porte. Une porte. Il arrive que l’homme prenne la porte dans la gueule. Bon.
Mais il n’y a pas là la moindre manifestation de haine de la part de la porte à l’encontre de l’homme.
L’homme prend la porte dans la gueule parce qu’il faut qu’une porte soit ouverte, ou bleue.
Le cintre, lui, est foncièrement méchant.
Personnellement, l’idée d’avoir à l’affronter m’est odieuse.
Il arrive cependant que la confrontation homme-cintre soit inévitable.
Quelquefois, plus particulièrement aux temps froids, l’envie de porter un pantalon se fait irrésistible.
L’homme prend alors son courage et la double porte du placard à deux mains.
Il est seul. Il est nu. Il est grand.
Son maintien est digne, face au combat qu’il sait maintenant inéluctable.
Son buste est droit. Ses jambes, légèrement arquées. Ses pieds nus arc-boutés au sol.
Comme un pompier face au feu, il est beau dans sa peur.
Les portes du placard s’écartent dans un souffle.
Les cintres sont là, accrochés à leur tringle dans la pénombre hostile.
On dirait un rang de vampires agrippés à la branche morte d’un chêne noir dans l’attente silencieuse du poulain égaré au tendre flanc duquel ils ventouseront leur groin immonde pour aboucher son sang clair en lentes succions gargouillées et glaireuses, jusqu’à ce que mort s’ensuive.
Cependant, l’attitude de l’homme n’est pas menaçante.
Simplement, il veut son pantalon. Le gris, avec des pinces devant et le petit revers.
L’oeil averti de l’homme a repéré le pantalon gris.
Il est prisonnier du troisième cintre en partant de la gauche.
C’est un cintre particulièrement dangereux. Sournois.
Oh. Il ne paie pas de mine.
En bois rose, les épaules tombantes, il ferait plutôt pitié.
Mais regardez bien son crochet. C’est une poigne de fer. Elle ne lâchera pas sa proie.
L’homme bande. Surtout ses muscles.
Il avance d’un demi-pas feutré, pour ne pas éveiller l’attention de l’ennemi.
C’est le moment décisif.
De la réussite de l’assaut qui va suivre dépendra l’issue du combat.
Avec une agilité surprenante pour un homme de sa corpulence, l’homme bondit en avant.
Sa main gauche, vive comme l’éclair, repousse le cintre pendu à gauche du cintre rose, tandis que sa main droite se referme impitoyablement sur ce dernier.
La riposte du cintre est foudroyante.
Au lieu d’accentuer sa pression sur la tringle, il s’en échappe brutalement, entraînant dans sa chute le pantalon, le gris, avec les pinces devant et le petit revers, celui-là même que l’homme veut ce matin parce que, non, parce que bon.
A terre, le cintre rose est blessé.
Rien n’est plus dangereux qu’un cintre blessé.
Dans son inoubliable « J’irai cracher sur vos cintres », Ernest Hemingway n’évite-t-il pas d’aborder le sujet ?
Un silence qui en dit long, non ?
L’homme, à présent, est à genoux dans le placard.
De sa gorge puissante monte le long cri de guerre de l’homme des penderies.
« Putain de bordel de merde de cintre à la con, chié. »
Le cintre rose a senti le désarroi de l’homme. Il va l’achever.
Il s’accroche dans le bois d’un autre cintre tombé qui s’accroche à son tour dans la poignée d’une valise.
Il fait noir. La nuit, tous les pantalons sont gris.
L’homme, vaincu, n’oppose plus la moindre résistance.
Le nez dans les pantoufles, il sanglote, dans la position du prieur d’Allah, la moitié antérieure de son corps nu prisonnière du placard, l’autre offerte au regard de la femme de ménage espagnole.
Il souffre. Quelques gouttes de sueur perlent à sa paupière.
Il n’est qu’humilité, désespoir et dégoût.
Quelques couilles de plomb pendent à son derrière.
Il a soif, il a froid, il n’a plus de courroux.
« Donne-lui tout de même un slip », dit mon père.

Pierre Desproges

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Photo/Gilles Dallière, Grèce

On a juste l’impression d’être aux caraïbes.
Magique

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Elafonisos

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Clichés/photos

Objets trouvés


Photo/ Barry Rosenthal, NY.

Barry Rosenthal est un collectionneur. La plage est son marché et les objets trouvés son inspiration.
Écrasées par les intempéries, sculptées par les vents et le sable, il récupère ces formes familières pour leurs donner une nouvelle vie. Dans son studio, il trie les objets par thème, par couleur, par forme ou par fonction. Barry compose ses natures mortes avec beaucoup de créativité. Comme les pièces d’un immense puzzle disposé sur un fond noir, il utilise une structure et un appareil spécial pour que la composition nous apparaisse en trois dimensions. Que ce soit des bouteilles de verre, des cuillères en plastique où des contenants d’essence, la photo de ces objets de récupération devient la représentation culturelle d’une société pas si respectueuse de la nature.

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Clichés/tendances

Gazon maudit


Laurent et Loli forment un couple heureux qui vit bourgeoisement dans une petite ville du Sud. Mais un jour Marie-Jo tombe en panne avec son camping-car, juste devant leur maison. Laurent et Marie-Jo n’ont qu’un point en commun : ils aiment tous les deux les femmes. C’est lors d’une soirée au restaurant que Laurent s’en rend compte lorsqu’en ramassant son paquet de cigarettes, il voit Marie-Jo caresser la jambe de Loli ce qui va le rendre fou de jalousie et le conduire à couper court à la soirée au restaurant et à vouloir en découdre avec Marie-Jo. Encore sous le choc d’avoir appris que Loli aimait Marie-Jo, Laurent refuse que Loli le rejoigne dans le lit conjugal et elle n’aura pas d’autres choix que de chercher du réconfort auprès de Marie-Jo. Le lendemain, Laurent tente de se réconcilier avec Loli mais cette dernière ne lui pardonne pas sa réaction de la veille au restaurant et à la maison.
Lors d’une balade à vélo avec son collègue et ami Antoine, Laurent lui apprend la cause de son chagrin, à savoir que sa femme aime Marie-Jo et il tente de noyer son chagrin dans l’alcool, ce qui va le conduire a faire de nombreuses bêtises en se rendant chez les sœurs Crumble avec Antoine. Ce dernier voulant arranger les choses, il va voir Loli pour lui parler et la convaincre que Laurent est désolé de la situation, mais il fait involontairement l’erreur de dire à Loli que Laurent la trompe avec d’autres femmes, ce qui va rendre Loli folle de rage et de chagrin, et en représailles elle demande à Marie-Jo de s’installer dans la maison. La cohabitation va s’avérer difficile entre Marie-Jo et Laurent; l’ambiance est électrique malgré le fait que Laurent et Marie-Jo ont un point commun, leur amour pour Loli…

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Clichés/livres

« L’Art de l’effacement »

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Photo/gilles Dallière, Samode, Inde

La romancière indienne, d’expression anglaise, Anita Desay, publie « L’Art de l’effacement »‘ trois nouvelles sur le thème de la disparition. Trois nouvelles où tout s’organise autour d’une cassure primordiale entre ce que l’on a été et ce que l’on rêvait d’être. La première histoire raconte la vie d’un homme qui vit en reclus, proche de la nature, sa seule et unique source de contentement. Il a pourtant connu une jeunesse facile auprès de parents adoptifs suffisamment riches pour passer leurs étés à Nice. Mais tout bascule par petites touches et glissements successifs. Il décide de se fondre dans le décor, de disparaître tout en restant vivant. Il en fait un art de vivre jusqu’à ce que l’irruption intempestive de la civilisation à Mussoorie en Inde, vienne perturber ses plans.

« L’Art de l’effacement », d’Anita Desay
Mercure de France

http://www.mercuredefrance.fr

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